‹ Saint PaulChapitre 228 sur 417 · Gai., II, 7 et suiv · texte numérisé non relu

Gai., II, 7 et suiv

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âgé * ; quelques mouvements d'orgueil, beaucoup d préjugés, un esprit opiniâtre étaient la conséquence d'une telle position. Tous les défauts qui devaient plus tard faire de la cour de Rome le fléau de l'Église et le principal agent de sa corruption se trouvaient déjà en germe dans cette primitive communauté de Jérusalem.

Jacques était un homme respectable à beaucoup d'égards, mais un esprit étroit, que siirement Jésus eijt percé de ses plus fines railleries, s'il l'eût connu, ou du moins s'il l'eiit connu tel qu'on nous le représente. Était -il bien le frère ou même seulement le cousin germain de Jésus ^ ? Tous les témoignages à cet égard sont si concordants qu'on est forcé de le croire. Mais alors ce fut là un des jeux les plus bizarres de la nature. Peut-être ce frère, ne s'étant converti qu'après la mort de Jésus, possédait-il moins bien la vraie tradition du maître que ceux qui, sans être ses -parents, l'avaient fréquenté de son vivant. Il reste au moins bien surprenant que deux enfants

i. Selon Épiphane (hser. lxxviii, 14), Jacques aurait eu quatrevingt-seize ans à sa mort; cette mort arriva l'an 62. Jacques serait donc né l'an 34 avant J.-C, ou trente ans environ avant Jésus, ce qui est bien difficile, si Jésus et lui étaient de la même mère.

2. Voir Vie de Jésus, p. 24-25, 153-154. J'incline maintenant à croire que les « frères du Seigneur » provenaient d'un premier mariage de Joseph.

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sortis du même sein ou de la même famille aient été d'abord ennemis, puis se soient réconciliés, pour rester si profondément divers que le seul frère bien connu de Jésus aurait été une sorte de pharisien, un ascète extérieur, un dévot entaché de tous les ridicules que Jésus poursuivit sans relâche. Ce qu'il y a de sur, c'est que le personnage qu'on nommait à cette époque « Jacques, frère du Seigneur » , ou « Jacques le Juste » , ou « Rempart du peuple ^ » , était, dans l'Église de Jérusalem , le représentant du parti juif le plus intolérant. Pendant que les apôtres actifs couraient le monde pour le conquérir à Jésus, le frère de Jésus, à Jérusalem, faisait tout ce qu"il fallait pour détruire leur ouvrage et contredire Jésus après sa mort d'une façon plus profonde peut-être qu'il ne l'avait fait de son vivant.

- Cette société de pharisiens mal convertis, ce monde en réalité plus juif que chrétien, vivant autour du temple, conservant les vieilles pratiques de la piété

1. Nous laissons en suspens la qn^slion de savoir si ce Jacques est identique à Jacques, fils d'AIphée , ou le Mineur, l'un des Douze. La question n'est pas de première importance pour notre sujet afluel, puisque, dans l'hypothèse de la distinction des deux personnages, Jacques, Ois d'AIphée, l'apôtre, reste un personnage tout à fait obscur. Quant à Jacques, fils de Zébédée, ou Jacques le Majeur, sa personne se détache de ses homonymes avec une parfaite clarté.

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juive, comme si Jésus ne les eut pas dcck.rées vaines, formait une compagnie insupportable pour Paul. Ce qui devait particulièrement l'irriter, c'était l'opposition de tout ce monde à la propagande. Comme les juifs de la stricte observance *, les partisans de Jacques ne voulaient pas qu'on fît de prosélytes. Les anciens partis religieux arrivent souvent à de telles contradictions. D'un côté , ils se proclament seuls en possession de la vérité ; de l'autre , ils ne veulent pas élargir leur horizon; ils prétendent garder la vérité pour eux. Le protestantisme français présente de nos jours un phénomène semblable. Deux partis opposés, l'un voulant avant tout la conservation des vieux symboles, l'autre capable de gagner au protestantisme un monde d'adhérents nouveaux , s'étant produits dans le sein de l'Église réformée, le parti conservateur a fait au second une guerre acharnée. Il a repoussé avec scandale tout ce qui eut ressemblé à un abandon des traditions de famille, et il a préféré aux brillantes destinées qu'on lui offrait le plaisir de rester un petit cénacle, sans importance, fermé, composé de gens bien pensants, c'est-à-dire de gens partageant les mêmes préjugés, envisageant les mêmes choses comme aristocratiques. Le senti-

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