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288 OniGINES DU CHRISTIANISME. [An 5'.]

ment de défiance qu'éprouvaient les membres du vieux parti de Jérusalem devant le hardi missionnaire qui leur amenait des nuées de confrères nouveaux, sans titres de noblesse juive, devait être quelque chose d'analogue. Ils se voyaient débordés, et, au lieu de tomber aux pieds de Paul et de le remercier, ils voyaient en lui un perturbateur, un intrus qui forçait les portes avec des gens recrutés de tous les bords. Plus d'une parole dure fut, ce semble, échangée '. Il est vraisemblable que c'est à ce moment même que Jacques, frère du Seigneur, conçut le projet qui faillit perdre l'œuvre de Jésus, je veux dire le projet d'une contre -mission chargée de suivre l'apôtre des gentils, de contredire ses principes, de persuader à ses convertis qu'ils étaient obligés à se faire circoncire et à pratiquer toute la Loi''. Les mouvements sectaires ne se produisent jamais sans des schismes de ce genre; qu'on se rappelle les chefs du saint - simonisme se reniant les uns les autres et néanmoins restant unis en Saint-Simon, puis récon-

i . Épître de Jude, 8 et suiv.

2. Gai., I, 7; ii, 12, etc. Comp. Act., xv, 1, 24. On montrera plus tard la suite de cette contre-mission dans les deux épttres auxCoj-'nthiens, et dans le rôle que l'auteur des Homélies pseudoclémentines fait jouer à Pierre, rôle qui consiste à courir le monde sur les traces de Simon le Magicien pour contrecarrer sa prédication et réparer le mal qu'il fait. Voir surtout hom. ii, 47.

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ciliés d'office par les survivants après leur mort*. Paul évita les éclats en partant le plus tôt qu'il put pour Antioclie. Ce fut probablement alors que Silas le quitta. Ce dernier était originaire de l'Église de Jérusalem. Il y resta, et désormais s'attacha à Pierre*. Silas, comme le rédacteur des Actes, paraît avoir été un homme de conciliation ' , flottant entre les deux partis et attaché tour à tour aux deux chefs , vrai chrétien au fond , et de l'opinion qui, en triomphant, sauva l'Eglise. Jamais, en effet, l'Église chrétienne ne porta dans son sein une cause de schisme aussi profonde que celle qui l'agitait en ce moment. Luther et le scolastique le plus routinier différaient moins que Paul et Jacques. Grâce à quelques doux et bons esprits, Silas, Luc, Timothée , tous les chocs furent amortis , toutes les aigreurs dissimulées. Une belle narration, calme et digne*, ne laissa voir qu'entente fraternelle en ces années qui furent travaillées de si terribles déchirements.

1. Voir, par exemple, Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin, VII, p. 178 etsuiv.

2. C'est ce qu'on peut inférer de I Pétri, v, 12. Mais l'identité du Silvain nommé à cet endroit et du compagnon de saint Pau est douteuse.

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