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290 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 5i]

A Antioche, Paul respira librement. Il y rencontra son ancien compagnon Barnabe % et sans doute ilc éprouvèrent une grande joie à se revoir; car le motif qui les avait un moment séparés n'était pas une c|uestion de principe. Peut-être aussi Paul retrouvat-il à Antioche son disciple Titus, cjui n'avait pas fait partie du second voyage , et qui désormais devait s'attacher à lui ^ Le récit des miracles de conversion opérés par Paul émerveilla cette Église jeune et active. Paul, de son côté, éprouvait un vif sentiment de joie à revoir la ville qui avait été le berceau de son apostolat , les lieux ou il avait conçu , dix ans auparavant, en compagnie de Barnabe, ses immenses projets , l'Église qui lui avait conféré le titre de missionnaire des gentils. Un incident de la plus haute gravité vint bientôt interrompre ces douces effusions et faire revivre avec un degré de gravité qu'elles n'avaient pas eu jusque-là les divisions un moment assoupies.

Pendant que Paul était à Antioche, Pierre y

^. Gai., II, 13, dans l'Iiypotlièse où la rencontre de Pierre et do Paul à Ahtioche eut lieu en ce voyage.

2. Titus disparaît après le retour de Paul à Antioche qui suivit le concile de Jérusalem. Il reparaît dans la troisième mission. Il est donc probable que Paul le reprit à Antioche en partant pour la troisième mission.

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arrivai Ce ne fut d'abord qu'un redoublement de joie et de cordialité. L'apôtre des juifs et l'apôtre des gentils s'aimaient, comme s'aiment toujours les natures très-bonnes et les natures très-fortes, quand elles se trouvent en rapport les unes avec les autres. Pierre communia sans réserve avec les païens convertis : violant même ouvertement les prescriptions juives, il ne fit pas difficulté de manger avec eux; mais bientôt cette bonne entente fut troublée. Jacques avait exécuté son fatal projet. Des frères munis de lettres de recommandation signées de lui*, comme

4. Gai., II, 11 et suiv. Cf. Homélies pseudo-clém., xvn, 19, et la lettre prétendue de Pierre à Jacques, en tête de ces homélies, 2. Il est plus naturel de placer l'incident en question à la présente date qu'au passage précédent de Paul à Antioche. L'arrangement de Jérusalem était alors trop récent. En outre, ce qui est dit au verset 13 semble supposer que Barnabe n'était plus sous l'influence de Paul , quand l'incident arriva. Des trois partis que l'on peut prendre pour accorder ici les Actes et l'ÉpUre aux Galates : l» transporter l'incident Gai., ii, 11 et suiv., dans l'intervalle de la première à la deuxième mission ; 2° nier le voyage de Jérusalem après la deuxième mission, malgré Actes, xviii, 18, 21, 22; 3° insérer ce voyage après Gai., ii, 10, quoique Paul n'en parle pas, ce dernier parti est encore le moins embarrassant. Quant aux différents moyens que les Pères, depuis Clément d'Alexandrie, ont imaginés pour excuser ou atténuer l'épisode d'Antioche, ils sont tous absolument gratuits, ne se fondant ni sur les textes ni sur aucune tradition particulière.

2. Gai., II, 12; I Cor., ix, 2; II Cor., m, 1 et suiv.; v, 12; x,

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du chef des Douze et du seul qui eût le droit d'authentiquer une mission, partirent de Jérusalem. Leur prétention était qu'on ne pouvait se donner pour docteur du Christ, si on n'avait été à Jérusalem conférer sa doctrine avec celle de Jacques, frère du Seigneur *, et si l'on n'apportait une attestation de ce dernier. Jérusalem était , selon eux , la source de toute foi , de tout mandat apostolique : les vrais apôtres résidaient là*. Quiconque prêchait sans lettre de créance du chef de l'Eglise mère, et sans lui avoir juré obédience, devait être repoussé comme un faux prophète et un faux apôtre, comme un envoyé du démon ^ Paul, qui n'avait pas de pareilles lettres, était un intrus, se targuant de révélations personnelles sans réalité et d'une mission dont il ne pouvait produire les titres*. Il alléguait ses visions, soutenant même

42, i8; XII, 41. Rapprochez ziùç àith îa/cûocu;.,. x,pYi![op.ev w; nvet

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i. Comp. Gai., ii, 2.

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