INTRODUCTION. LUI
parmi celles de Paul. Les manuscrits gréco - latins , au contraire, montrent toutes les hésitations qui restaient encore en Occident , dans la première moitié du moyen âge, sur la canonicité de l'épître aux Hébreux et par conséquent sur son attribution à Paul. Le Codex Bœrnerianus l'omet; le Codex Augiensis la donne seulement en latin, à la suite des épîtres de Paul. Le Codex Claromontanus met l'épître en question hors rang . comme une sorte d'appendice, après la stichométrie générale de l'Ecriture *, preuve que l'épître ne se trouvait pas dans le manuscrit d'où le Claromontanus fut copié. Dans la stichométrie susdite (morceau très-ancien), l'épître aux Hébreux ne figure pas, ou, si elle figure, c'est sous le nom de Barnabe*. Enfin, les fautes dont fourmille le texie
1. Sur la stichométrie dans les manuscrits anciens, voir Fr. Ritschl , Opuscula philologica, I, p. 74 et suiv., 173 et suiv., 190 et suiv.
2. Cette stichométrie (fol. 468 v.) place dans la liste des écrits sacrés une Epistula Barnabœ, qui peut être l'épître ordinairement attribuée à Barnabe. Cependant la stichométrie du Codex Claromontanus donne à son Epistula Barnabœ un nombre de cirtxci qui est à peu près le chiffre qui convient à l'épître aux Hébreux, et non le chiffre qui convient à l'épître ordinairement attribuée à Barnabe (voir Credner, Gesch. des neutest. Kanon, p. 175 et suiv., 242 et suiv.). On en a conclu que V Epistula Barnabœ mentionnée dans la stichométrie du Codex Clarotnantanus éta.t l'épître aux Hébreux, queTertuUiea attribue en effet à Barnabe. Ce
uv SAINT PAUL.
latin de l'épîtrc dans le Claromontaims suffiraient pour éveiller le soupçon du critique et prouver que cette épître n'entra dans le canon de l'Eglise latine que tardivement et comme par surprise K
Même incertitude dans la tradition. Marcion n'avait pas l'épître aux Hébreux dans son recueil des épîtres de Paul"; l'auteur du canon dit de Muratori l'omet dans sa liste. Irénée connaissait l'écrit en question, mais il ne le considérait pas comme de PauP. Clément d'Alexandrie * le croit de Paul ; mais il sent la difficulté de cette attribution, et il a recours, pour sortir d'embarras , à une hypothèse peu acceptable : il suppose que Paul écrivit l'épître en hébreu et que Luc la traduisit en grec. Origène admet aussi en un sens l'épître aux Hébreux comme de Paul , mais
qui infirme ce raisonnement, c'est: l^que la slichométrie ilu Claromontanus offre beaucoup de fautes et de particularités; 2° que l'épître ordinairement attribuée à Barnabe s'est trouvée dans le Codex Sinailicus avec le Pasteur, d'une façon qui paraît répondre à la slichométrie du Claromonlanus (voir cependant Terlullien, De piidic, 20).