‹ Saint PaulChapitre 26 sur 417 · INTRODUCTION. LV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LV

îl reconnaît que beaucoup de personnes nient qu'elle ait été écrite par ce dernier; il n'y trouve nullement le style de Paul , et suppose , à peu près comnme Clément d'Alexandrie, que le fond des idées seul appartient à l'apôtre. « Le caractère du style de l'épître qui a pour titre Aux Hébreux, dit-il, n'a pas la rusticité de celui de l'apôtre...; cette lettre est, sous le rapport de l'arrangement des mots, bien plus hellénique, comme l'avouera quiconque est capable déjuger de la différence des styles... Pour moi, si j'avais à exprimer un avis, je dirais que les pensées sont de l'apôtre, mais que le style et l'arrangement des mots sont de quelqu'un qui aurait rapporté de mémoire les paroles de l'apôtre et qui aurait rédigé les discours de son maître. Si donc quelque Église tient cette épîti'e comme de Paul, il n'y a qu'à l'approuver; car ce ne peut être sans raison que les anciens l'ont transmise comme de Paul. Quant à la question de savoir qui a écrit cette épître. Dieu sait la vérité. Parmi les opinions que l'histoire nous a transmises, l'une veut qu'elle ait été écrite par Clément, qui fut évoque des Romains, l'autre par Luc, qui écrivit les Evangiles et les Actes *. » Tertullien n'observe pas tant de

^. Homil. in Hebr., citées par Eusèbe, //. E.^ VI, 25; Epist. ad Africanum, c. 9; In Matth. comment, séries, 28; Deprincip., prœf., 1; III, i, 10; IV, 22.

LVi SAINT PAUL.

ménagements : il présente nettement l'épître aux Hébreux comme l'ouvrage de Barnabe *. Gaïus, prêtre de Rome * , saint Hippolyte ', saint Cyprien *, ne la plaçaient pas parmi les épîtres de Paul. Dans la querelle du novatianisme, où cette épître avait plusieurs raisons d'être employée, il n'en est pas fait mention. C'est à Alexandrie qu'était le centre de l'opinion qui voulait intercaler l'épître aux Hébreux dans la série des lettres de Paul. Vers le milieu du iii^ siècle, Denys d'Alexandrie ^ ne paraît pas douter que Paul n'en soit l'auteur. A partir de cette époque, c'est là l'opinion la plus générale en Orient ® ; cependant des protestations ne cessent de se faire entendre '. Elles

1. De pudicilia, 20. Tertullien, d'ailleurs, n'en fait pas lemême usage que des autres épîtres de Paul; il ne reproche pas à Marcion de la supprimer.

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