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aussi que Paul , à l'exemple d'un grand nombre de juifs, eût deux noms% l'un hébreu, l'autre obtenu par grécisation ou latinisation grossière du premier (de même que les Joseph se faisaient appeler Ilégésippe^ etc.), et que ce soit seulement à partir du moment où il entra dans des rapports plus suivis et plus directs avec le monde païen, qu'il ait commencé à porter uniquement celui de Paul ^.
Nous ignorons combien de temps dura la mission de Chypre. Getle mission n'eut pas, évidemment, beaucoup d'importance, puisque Paul n'en parle pas dans ses épîtres et qu'il ne songea jamais à revoir les Églises qu'il avait fondées dans l'île. Peut-être les envisageait-il comme appartenant à Barnabe plus qu'à lui. Ce premier essai de voyage apostolique, en tout cas , fut décisif dans la carrière de Paul. Depuis ce temps, il prend un ton de maître ^ Jusque-là, il avait été comme subordonné à Barnabe. Celui-ci était plus ancien dans l'Église ; il y avait été son introducteur et son garant ; on était plus sûr de lui. Dans le
h, Inscr. dans Garrucci, Dissert, arch., II, p. 460 [Cocotio qui et Juda). Cf. Orelli, hiscr. lat., n° 2522.
2. Le nom de Paul est porté par un grand nombre de Ciliciens. V. Pape, Wœrl. der griech. Eigennamen, %" édit., p. Il 50.
3. Celte transition est indiquée avec beaucoup de tact, Act., xiii, 4-13. Gai., H, 1, 9, prouve que Paul même le prenait ainsi.
20 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 45]
cours de la mission, les rôles changèrent. Le talent de Paul pour la prédication fit que l'office de la parole lui lut presque tout entier dévolue Désormais, Barnabe ne sera plus qu'un compagnon de Paul , quelqu'un de sa suite ^. Avec une abnégation admirable, cet homme vraiment saint se prêtait à tout , laissant tout faire à son audacieux ami , dont il reconnaissait la supériorité. 11 n'en était pas de même de Jean- Marc. Des dissentiments, qui bientôt devaient aboutir à une rupture, éclatèrent entre lui et PauP. On en ignore la cause. Peut-être les principes de Paul sur les rapports des juifs et des gentils choquaient-ils les préjugés hiérosolymitains de Marc et lui paraissaientils en contradiction avec les idées de Pierre, son maître. Peut-être aussi cette personnalité sans cesse grandissante de Paul était- elle insupportable à ceux qui la voyaient chaque jour devenir plus envahissante et plus altière.
Il n'est pas probable, cependant, que dès lors Paul prît ou se laissât donner le titre d'apôtre*. Ce