DISPERSION
2 S. Paul, chap. i.
son culte qu'il put se rendre en pelerinage a 1'unique autel agree du Seigneur.
La majeste du nom remain palissait a 1'ombre d'un pareil sanctuaire ; afin d'en maintenir 1' eclat, les procurateurs se retirerent a Cesaree, estimant que, de cette ville, mi-grecque, mi-juive, ils commanderaient avec plus d'autorite ; cette mesure, politique a certains egards, eut pour effet de soustraire Jerusalem a 1'influence exterieure, et de la laisser telle que 1'avaient faite de longs siecles d'isolement et 1'horreur du monde pa'ien. Le fond de la population, gens d'affaires, de negoce et de petits metiers formaient un parti honnete, paisible, tres attache a sa foi, par suite redoutant toute revolte qui mettait en peril le temple et la cite. Get instinct de tranquillite rendait la Judee docile, mais sans lui inspirer d'estime pour ceux qui la gouvernaient : car chez tous, princes du sacerdoce, anciens officiers et courtisans d'Herode, c'etait mdme absence defoi et de moeurs. Hai's pour leur impiete, leur faste, leur morgue insultante, ils n'en demeuraient pas moins maitres du Sanhedrin, se partageant les hautes places du pontificat et du gouvernement : sous de tels chefs, uniquement soucieux de leur fortune, il etait evident qu'on garderait a tout prix la paix avec Rome.
Cependant cette servilite me~me devint pour Jerusalem une source constante de troubles. Au-dessous de la classe.moyenne, qui fermait les yeux par calcul, le has peuple se remuait. N'ayant d'autre bien que
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la noblesse de sa race, ilouvrait 1'oreille aquiconque parl^ait de larestaurer et d'y joindre pour lui quelque part aux biens et aux honneurs. Dans cette foule qu'irritaient d'une part son denuement, del'autreles violences de Faristoeratie, les prcheurs de revolution pullulaient. Les uns, fanatiques de bonne foi, estimaient par la revoltefaire 1'oeuvre deDieu, hater Tavenement de sonregne ; d'autres, moins desinteresses, epiaient tout desordre pour en tirer profit : tourbe d'aventuriers et de brigands, que la misere de la region ne .cessait d'accroitre, Us couraient en bandes le pays, si redoutables que les magistrats remains durent parfois composer avec eux. A visage ouvert, ils n'eussent pris d'autre empire que la terreur ; meles aux Zelotes sinceres, converts de leur piete, ils poussaient Jerusalem a la revolte. La liberte est le premier des biens, proclamaient-ils : il faut 1'imposer, meme deforce, a ceux qui preferentservir *. Desattentats secrets, parfois m^me publics, appuyaient ces theories, en faisaient a tout le moins une continuelle epouvante 2 .
D'autres craintes se joignaient a celles-la pour affoler les esprits ; on ne parlait que de signes apparaissant dans le ciel : signes de liberte :prochaine 3 disaient les Zelotes. Telfut Peclat de ces
1 Josephe, Bell.jud., II, xm, 6.
* Id., II, xm, 3, 4.
3 Id.
prodiges que le bruit en passa jusqu'a Rome. Tacite les raconte comme Josephe l , Durant un an entier, une comete a forme d'epee demeura suspendue sur la ville, mais ce fut en 1'an 65 que les phenomenes se multiplierent. Aux fetes de Paques, vers trois heures apres minuit, une lueur soudaine parut sur le mont Moriah, si eclatante que le peuple, assemble, pour la f&te des azymes, vit pendant une demi-heure le temple etl'autel eclaires comme en plein jour. Un autre prodige troubla ces monies solennites. Les portes d'airain du temple, si pesantes qu'il fallait vingt hommes pour les mouvoir, s'ouvrirent d'ellesm^mes; on eut grand'peine a les refermer. Quelques jours plus tard, le ciel s'emplit avant 1'aube de visions et de bruits de guerre : on vit rouler des chars, des armees se choquer, des villes ceintes de tranchees. Plus sinistres encore furent les presages au jourdela Pentec&te; les prfrtres, entrant de nuit dans le temple pour leur ministere, entendirent un grand tumulte, des bruits de pas, toute une multitude qui s'enfuyait, criant : Sortons d'ici, sortons d'ici .
,Qu'etait Florus pour contenir et calmer une province si violemment agitee ? Le pire gouverneur dont Rome eut encore fait choix. Eleve a ce poste par 1'influence de sa femme, amie de Poppee, il parait n'y avoir porte d'autre souci que de faire, a 1'exemple
i Tacite, Histories, v, 13. Josephe, Bell. jud.,Vl, v. 3'
de tout magistrat d' Orient, prompte et large fortune *. Son credit a la cour imperiale lui assurait 1'impunite ; il en usa, au point de faire regretter Albinus. Celui-ci avait montre quelque retenue dans ses exactions. Florus n'y mit ni frein, nipudeur. II pilla detoute main cites et citoyens, et avec une telle aprete, qu'il fit le vide dans la region ; des villages, des villes mdme devinrent desertes. Cestius Gallus administrait alors la Syrie, province d'ou la Judee et ses procurateurs dependaient. II vint a Jerusalem an temps de la Paque, et trouva les Juifs assembles pour cette solennite, aunombre detrois millions, dit Josephe 2 . Cefut autour de lui un tumulte centre Florus, accuse d'etre la peste du pays. Mais celui-ci, deboutaux cotes du legat imperial, souriaitde ces coleres qu'il savait impuissantes. Cestius s'en tint aux promesses; lui parti, le sort de la malheureuse Judee n'en devint que plus lamentable 3 .
Par vengeance ou par cupidite, Florus passa bient6tlesbornes. II ordonna deprelever dix-sept talents (102,000 fr.) sur le tresor inviole du temple, ou s'accumulait le tribut paye par les Juifs du monde entier 4 . Jerusalem s'emut de ce sacrilege, que mille clameurs denoncerent : les plus furieux parcouraient
1 Josephe, Antig. jud., XX, xi, 1; Bell, jud., II, xrv, 2.
2 Id., Bell, jud., II, xiv, 3.
s Id., II, xiv, 3.
-< Id., II, xiVj 6.
la ville, une corbeille a la main, quetant pour le representant 'de Cesar. Florus aux ecoutes guettait Foccasiou; il penetra en force dans Jerusalem, et somma 1'autorite de lui livrer ses insulteurs. Le Sanhedrin s'efforca d'obtenir indulgence pour des propos, des actes inconsideres, alleguant d'ailleurs la difficulte de decouvrir les coupables. Florus, pour toutereponse, jetases soldats sur lepeuple,avec ordre de piller et de tuer tout sur leur passage. Hommes, femmes, enfants, au nombre de 3,600, perirent sous les coups ou ecrases par les fuyards. Quelques Juifs, se prevalantdu titre decitoyen remain, furent amenes au pretoire; Florus les fitfouetter et mettre en croix l . Vainement 1'epouse d'Agrippa, Berenice, envoya message sur message auprocurateur, leconjurant d'arre~ter le massacre; elle-m^me vint en suppliante, pieds nus a son tribunal ; ce ne fut que pour voir ses malheureux compatriotes battus de verges et egorges sous sesyeux; elle-m^me menacee n'eut plus qu'a se derober en hate aux fureurs de la soldatesque 2 .
Le iendemain, Jerusalem, contre toute attente, demeuracalme et silencieuse. Le peuple se contenait, cedant aux prieres de ses chefs ; mais cette morne resignation n'allait point aux desseins de Florus, car, au dire de Josephe, il voulait une revolte. Son
1 Josephe, Sell, jud,, II, xiv, 8, 9.
2 Id., II, xv, 3.
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objet principal etait toujours le tresor. Afin d'en eloigner le peuple, il lui ordonna de se rendre audevant de deux cohortes qui devaient entrer en ville, et de saluer leur venue. Lafoule, qui percait sa ruse, redevint menacante. II fallut pour 1'apaiser que prdtres et levites se jetassent au milieu, les cendres sur la tte, les v6tements en lambeaux, portant les vases sacres; ilslesmontraient, en peril de sacrilege si Ton resistait. Cette fois encore les Juifs se resignerent, et allerent recevoir avec les acclamations habituelles la garde syrienne et idolatre qu'on leur imposait 1 . Celle-ci ne repondit que par le plus outrageant mepris. C'en etait trop pour une multitude a bout de patience et de contrainte ; elle eclata en murmures, en imprecations centre Florus. Les cohortes semblaient n'attendre que ce pretextej elles se jeterent sur les Juifs, frappant de leurs batons, ecrasant ce qui tombait aux pieds de leurs chevaux, et tous,-en sanglant tumulte, franchirent les portes. Les nouvelles troupes, a travers le faubourg de Bezetha, poussaient vers 1' Antonia et le temple ; Florus de son cote, ramassant ce qu'il avait de legionnaires, se portait au mSme point. Nul doute a ce concert de mouvements que le tresor ne fut vise : les Juifs se precipiterent pour le defendre; montes sur les toits desmaisons, ilscriblaientde pierreslessoldats; d'autres jeterent a bas la galerie par oules Romains,
i Josephe, Bell, jud., II, xv. 1.
maitres del'Antonia, pouvaient-s'introduire dans le sanctuaire. Floras sentit que 1'occasion lui echappait; ils'arr&ta, et, bientot apres, ne laissant dans la ville qu'une cohorte, il regagna Cesaree.
II quittait Jerusalem sanglante, ulceree, livree plus que jamais aux suggestions des Zelotes, car 1'autorite de 1'aristocratie baissait avec celle de Rome. Quelle sagesseinspirer a une foule qui venait de mesurer sa force centre la tyrannie ? Le depart de Florus si impolitique, si propre a encourager la revolte, ne prouve-t-il pas que le procurateur, craignant d'etre denonce, cherchait vraiment a la faire naitre ? Rien ne devait lui paraitre plus efficace que le tumulte d'une repression pour etouffer des plaintes justifiees par ses rapines 1 .
Un dernier espoir restait aux moderes, Agrippa, qui, de concert avec eux, avait tout fait jusque-la pour empe"cher la rupture avec Rome. Ce prince, revenant d'Egypte avec son epouse Berenice, se trouvait alors dans la viile sainte. Tous deux se devouerent pour y eteindre 1'incendie. Agrippa reunit le peuple dans lagrande^l'ace de Jerusalem (le Xyste) ; il lui representa la folie d'entrer en lutte avec une puissance qui tenait le monde sous ses pieds. Les chefs du sacerdoce, egalement amis de la paix, le secondaient de ce qui leur restait de credit. Berenice
Jos&phe, Sell, jud., II, XY, 2, ti.
enfin j joignit sa grace et ses prieres. Apparaissant a Tune des terrasses du palais qui dominait sur le Xyste, elle suppliait par ses larmes, plus que tous persuasive, car le peuple aimait cette princesse en qui revivaittout ce quil'avait charme dans Mariamne TAsmoneenne. L' accord se fit au debut, en vue de la paix ayec Rome, mais Agrippa eut Timprudence d'outrer ce premier succes, en demandant que, jusqu'a 1'arrivee du nouveau procurateur, on se soumit a Florus. C'en etait trop : a cenom abhorre, reproches, insultes, grMes de pierres assaillirent le prince. Becourage, il abandonna la ville et se retira enBatanee 1 .
Les fanatiques avaient desormais libre champ ; ils en profiterent pour faire acte de revolte. A deux journees de marche de Jerusalem, sur les bords de la Mer Morte, se trouvait la forteresse inexpugnable de Masada ; les plus fougueux Zelotes y coururent, s'en emparerent par surprise, egorgerent la garnison romaine et y mirent un poste des leurs 2 . Ce ne fut la toutefois qu'un coup de main, qui n'engageait point la nation, car Jerusalem restait aux mains des moderes. Appuyee sur la cohorte romaine qui gardait 1'Antonia, raristocratie sacerdotale en imposait
i Josephe, Bell, jud., Hj xvi et xvn, 1,
8 Id., II, xvn, 2. Masada (aujoiird'hui Sebbeh) estsituee sur la rire occidentale de la Mer Morte, au-dessous d'Engaddi. Des le temps des Macchabees, une forteresse fut eleyee sur ce rocher par le grand
toujours an peuple ; son clief surtout, 1'ancien grand pre"tre.Ananie 1 etait capable, sinon de mater la sedition, an. moinsdelatenif en bride. Malheureusement ceux-la monies qui semblaient places pour seconder sa force d'ame I'enerverent, et entre tous, son fils Eleazar, capitaine du temple. Cette haute situation lui donnait empire sur le commun des levites ; or, 1'on sait a quel point ces ministres inferieurs souffraient des exactions de leurs chefs et de leur morgue insultante. Tout novateur, qui promettait de relever leur honneuret leurs droits, etait surd' en Streecoute. Le premier point habilement vise dans cette restauration fut le sacrifice que Ton offrait journellement pour Tempereur. Depuis longtemps, la coutume s'etait etablie de recevoir les dons que les princes etrangersfaisaientau temple et d'y agreer leurs victimes 2 . Eleazar persuada aux levites de proscrire
pr&re Jonathan. Herode le Grand en accrut 1'importance. (Josephe, Sell, jud.i VII, vin, 3). Les traces des travaux du siege, entrepris par les Remains en 73 pour reduire les zelotes, j sont encore visibles. Robinson, Biblical Researches, III, p. 241 et suiv. De Saulcy, Voyage autour de la, Mer Morte, 1853, t. I, p. 199 et suiv.; Atlas, pi. xi-xni. The Survey of Western Palestine, Memoirs by Conder and Kitchener, III, p. 418-421. Tuch, Masada, die Herodianische Felsenfeste, nach Fl. Josephus und neueren Beobachtungen, Leipzig, 1863.
1 Le grand pretre alors en charge etait Matthias, fils de Theophile. Tout ce que nous savons de lui, c'est que, selon toute apparence, il fut le dernier pontife regulierement nomme.
2 Jer., xxix, 7. Baruch, i, 10, 11. I Esdr., vi, 10. u Mace., in, 2; v, 16. Josephe, Sell, jud., II, x, 4 ; IV, in, 10 ; V, xm, 6.
cet usage et de decreter qu'a 1'avenir aucune offrande ne serait faite sur 1'autel de Jehovah que par les Juifs et pour les Juifs. Get acte d'intolerance etait une sanglante injure a Rome, d'autant plus sensible que partout cette maitresse du monde attachait grande importance a participer au culte des nations soumises. Pontifes, Sanhedrites, Pharisiens, tout ce qui restait de sense a Jerusalem comprit ou menait une pareille folie et s'y opposa. A diverses reprises, les chefs du sacerdoce haranguerent le peuple, lui representant que rejeter les pffrandes de I'empereur etait le declarer, lui et tout le monde romain, indigne de s'unir a la priere d'Israel, et par la m^me courir le risque de terribles represailles. Les plus fameux docteurs s'employerent deleur cote a etablir, textes en main, que, de temps immemorial, on avait recu dansle temple les sacrifices des etrangers, et que cette pratique, loin d'etre sacrilege, constituait le plus eclatant hommage au seul yraiDieu. Rien n'eut prise sur les levites, que fascinait Eleazar, et ils s'obstinerent a refuser le sacrifice pour I'empe-
reur l .
Le parti modere sentit que Jerusalem lui echappait; impuissant a coiitenir le flot de revolte qui allait tout emporter, il appela au secours Florus et de nouveau Agrippa. Le procurateur ne songeait
Antiq. jud.^lll, m, 4. Gontr. Apion., n, 5, 6. Philon, Legat. ad Caium, sec., xxm, xxxvn, XL, XLV. Aboth, in, 2. 1 Josephe, Sell, jud., II, xvn, 3, 4. ,
qu'a attiser le feu ; heureux de ce message, assure Josephe, il ferma 1'oreille l . Agrippa, au contraire, s'empressa d'envoyer trois mille de ses cavaliers, a 1'aide desquels les bons citoyens purent faire te~te et tenir dans la partie superieure de Jerusalem 2 , mais en laissant la ville basse et le temple au pouvoir des revoltes. Apres quelques jours de tatonnements et d' escarmoucb.es, une vraie bataille s'engagea. Le 14 aout, les insurges, assaillant la ville haute, i'emporterent, incendierent la demeure d'Ananie, le bas du palais d'Agrippa, et, ce qui leur importait davantage, les archives renfermant les titres d'hypotbeques et de creances. C'etait en effet affranchir d'un seul coup la masse des debiteurs si nombreux dans Jerusalem et les ranger a leur cause. La deroute fut complete j cavaliers du prince, soldats romains, pontifes, notables n'eurent que le temps de se jeter dans la partie haute du palais d'Agrippa. Les vainqueurs assaillirent le lendemain la tour Antonia; ils la prirent en deux jours, Tincendierent et egorgerent la garnison. Ils r'evinrent de la a ce qui restait du palais des Asmoneens, mais pour y trouver cette fois une resistance acharnee, et ils se voyaient reduits 4 faire le blocus, quand un renfort imprevu hata leur triomphe 3 .
1 Josephe, Bell, jud., II, xvii, 4.
2 Les quartiers occupes de nos jours par les Armenians et les Juifs.
3 Josephe, Sell, jud., II,.xvn, 5, 7.
Manahem, fils de ce Judas le Galileen qui le premier avait tente, soixanteans auparavant, desoulever la Judee centre Rome l , Manahem avait herite du fanatisme dont etaient morts victimes son pere et ses freres aines. A la vue de Jerusalem soulevee, ii tint lui aussi son heure venue et apparut soudain dans la forteresse de Masada, tombee au pouvoir des Zelotes. Les entrainant sur ses pas, il entra en roi dans Jerusalem, prit le commandement des troupes et poussa si vivement Fassaut du haut palais que les assieges capitulerent. Les cavaliers d' Agrippa eurent conge desortir; quant aux Romains, trop reduits pour s'ouvrir passage, les uns furent massacres sur place, les autres se refugierent dans les trois tours d'Hippicus, de Phasae'l et de Mariamne, et s'en firentun dernier rempart. Au matin suivant, Ananie, decouvert dans un aqueduc voisin du palais, fut egorge 2 . L'arrogant pontife, qui avait si longtemps pressure d'un bras implacable prStres et levites, n'avait ni pitie, ni defense a esperer. Paul, soufflete par son ordre, lelui avait predit : a son tour la main de Dieu le frappait 3 .
Si juste que fut cette fin d'une vie odieuse, elle ne laissa pas d'emouvoir, et Eleazar sut profiter de
1 Act., v, 37. Josephe, Antiq. jud., XVIII, i, 1. Voir notre Vie de N. S. J^sus-Christ,\m& II, chap, i, etS. Pierre, chap II.
2 Josephs, Sell, jud., II, xvn, 8, 9.
3 Act., xxin, 3.
cette impression pour venger son pere. La populace, ameutee par lui, se jeta sur Manahem, le tua cruellement et contraignit ses Zelotes a reprendre le chemin deMasada. Restait la petite troupe cle Remains, enfermee dans les tours du palais : de guerre lasse, ils finirent par se rendre, sous promesse de vie sauve, mais a peine eurent-ils livre leurs armes que le parjure Eleazar les fit massacrer. Metilius, le chef de la cohorte, fut seul epargne au prix d'une bassesse : lacirconcision 1 .
Jerusalem etait perdue pour les Remains, et, avec elle, la Judee presque entiere, car toutes les garnisons d'alentour, de Jericho, de la Mer Morte, s'empresserent de capituler 2 . L'insurrection restait maitresse du pays, a m^me d'y organiser la plus formidable resistance, celle d'un peuple ivre de fanatisme, sans guide, sans conseil, pr^t a s'ensevelir sous des ruines-