III. Autres {versions
Au sujet des anciennes traductions syriaques, égyptiennes, etc., on peut se reporter à notre commentaire de I 6*0/-., p. xciii-suiv.
Syriaques. — La Peschitto [pes.] offre une bonne cinquantaine de manuscrits des lettres de Paul. — La philoxénienne des Epîtres pauliniennes (pour autant qu'on pourra la distinguer de riiarldéenne), serait perdue; des quelques manuscrits harkléens, 1" de Cambridge (« Univ. Add. » 1700) serait le meilleur.
Égyptiennes. — Il existe de notre épître de nombreux fragments sahidiques [sah.); la bohaïrique [boh.] nous a transmis une trentaine de manuscrits de l'Apôtre (voir le vol. III de Hornerj texte établi d'après le manuscrit 424, « British Muséum, Oriental »).
Gothique. — Dans les Cod. Ambrosiani notamment, il en reste des fragments palimpsestes parmi cinq manuscrits du vi° siècle.
Quant aux autres versions anciennes, 1' Arménienne, à base antiochienne, présente pour les épîtres des leçons qui rappellent parfois les corrections de s* «t de H, c'est-à-dire Euthalius et le type grec de Césarée; il existe (ou existait) surtout beaucoup de manuscrits en Russie, et il ne se trouverait pas moins de trente-deux bibles complètes à Eschmiadzin. Sur la Géorgienne, faite, d'après Kenyon, sur un texte syriaque du même type que celui de s. Ephrem, •sur I'Ethiopienne, 1' Arabe, il y aurait peu de chose à dire. Et d'ailleurs, pour l'étude de notre épître, les cinq ou six dernières versions nommées ne sont <jue d'une importance mineure.
Pour le classement de tous ces témoins, et leur valeur relative, voir notre Int. à I Cor., p. xcii.
Notre texte a été établi d'après les mêmes principes que celui de l'épître précédente (v. comm. de I Cor.^ pp. xcv-s.j. Les passages qui peuvent le plus faire hésiter, et ont été sujets à discussion sont : i, 10; 15-16; ii, 1, 5, 14; m, 13-14, 17, 18; v, 3, 4, 9, 13, 16; viii, 6, 11, 17; ix, 2; x, 8-11, 12-13; xi, 1, 4, 5, 9, 12, 21; xii, 6-7, 14, 15; xiii, 7. On voit qu'ils sont assez nombreux; ils touchent parfois à l'intelligence d'une histoire compliquée, ou aux nuances de la pensée de l'Apôtre, pourtant jamais ou presque à la doctrine ni à l'allure générale ou à l'esprit de la lettre.
Notre traduction a visé à l'exactitude des nuances à rendre et du mouvement à suivre ; je l'aurais faite toujours coulante et limpide, qu'il faudrait m'en faire un grief plutôt que des compliments, car, sur plus d'un point, elle ne ressemblerait plus guère alors à l'original. Si elle avait pu du moins — mais au meilleur même des traducteurs en n'importe quelle langue je pense que ce serait impossible! — rendre dans les mots toute la vigueur, l'élévation mystique et la splendide humanité d'un Paul défendant sa cause pour gagner celle du Christ dans les cœurs « rétrécis » !