‹ Saint Paul [microform]Chapitre 71 sur 100 · CH. XIII · texte numérisé non relu

CH. XIII

Lntrod. — Cette fin de lettre est tout à fait rassérénée. Ce sont d'abord des souhaits, parfaitement adaptés à l'état des Corinthiens tel que l'Épître nous l'a fait voir (H-IQ), et des salutations. Enfin une bcnédiclion {13), dont la portée doctrinale est considérable, car l'Écriture ne contient rien de plus net concernant l'enseignement de la Sainte Trinité.

Ch. XIII, 11. Acitcôv, à§£}v<poi, *)jatp£i£, *y,aTapTiÇeaOe, ^TuapaxaXeîaôè, to aÙTO *çpov£i;T£, £lpr,V£Û£T£, v.al à G£bç Tvjç àyaTïYjç Y-oà etp-^VYjç saxai [Jt.£0' 6(ji,o)V.

12. 'Aa7:ac7aa0£ àXXvjXouç £v à-^kô (fCk-fi\JMxi. 'AaxaÇovtai û[;.aç oî ayioi xàvreç.

13. 'H x<xpiq Tou xuptou 'l'^aou XpiaToU Y.ot.1 '/) «YaxYj toO Oôou xal if) xoivwv(a xoÏÏ

A, Ch. XIII, 11, Xoi7:6v = « pour le reste », « pour en finir », cfr I Cor. i, 16, IV, 2; I T/iess. iv, 1; II Tim, iv, 8; ailleurs to Xoittov, généralement équivalent à un adverbe de conclusion. — Le vocatif àSeXçot ici seulement dans la lettre, et i, 8. — -/^aîpeiTE, le mot de bienvenue ordinaire dans les rencontres (« bonjour ») et au commencement des lettres, mais qui peut aussi être employé à la fin ; chez Paul il garde toujours, en de pareils souhaits, sa plénitude de sens, cfr P/nl. m, 1, iv, 4,

I Thess. V, 16. — Les impératifs passifs (plutôt que moyens) xa-cap-ci'ÇeGOs, Tïapaxa- XeicOe, sont, comme l'a bien vu Chrysostome, une invitation à prendre en bonne part toutes les choses, rudes parfois, qui ont été dites. — çpovsïv exprime le sentiment non moins que la pensée, cfr Rom. xu, 13, Col. in, 2, al.; d'où notre traduction un jpeu périphrastique ; même conseil Phil. w, 2, al. — « Dieu de paix » est une expression familière à Paul, Rom. xv, 33, xvi, 20; Phil, iv, 9; I Cor. xiv, 33, cfr

II Thess. m, 16, al.; mais « Dieu d'amour », qui a une saveur johannique, ne se rencontre qu'ici.

B. Ch. XIII, 11. Les derniers accents do gravité sévère ont cédé à l'affectueuse expansion. Paul appelle tous ses lecteurs ses « frères », conime au début de l'épître, et il leur recommande, ce qui n'est pas chez lui vaine formule, de « se réjouir ». Gomment! dit s. Chrysostome de la façon la plus savoureuse, comment Paul, « tu les as troublés, effrayés, jetés dans l'angoisse ; et ils iraient à présent se réjouir? Mais c'est justement pour cela qu'ils doivent se réjouir. Car (leur dis-tu), si vous faites ce qui est en vous, comme j'ai fait ce qui était en moi, alors il n'y aura plus rien à mettre obstacle à la joie ». Puissent-ils donc accepter comme il faut des réprimandes que dictait le 'seul souci de leurs âmes! (cfr Ileb. xiii, 22) (1). Qu'ils travaillent surtout à écarter les causes de division (xo aùxô op.), s'efforçant de vivre en paix. Alors Dieu, qui est essentiellement un Dieu d'amour et de paix, habitera parmi eux. — C'est-à-dire qu'il fera davantage sentir les bienfaits de Sa présence, qui est là déjà pour inspirer et soutenir le moindre de leurs bons efforts; cette assurance, — car c'est plus qu'un souhait, — n'est pas « pélagicnne », quoi qu'en dise WindiscJi, mais nous pouvons lui concéder qu'elle n'est pas très « protestante »,

— — B. 12. Que leur amour mutuel, rétabli, s'exprime par le touchant « baiser de paix », d'origine juive, qui était entré dans l'usage liturgique, au moment de la

(1) On pourrait d'ailleurs traduire aussi TcapaxaXeîo-Oe par « soyez réconfortés », cfr le ch. i.

SECONDE ÉPITRE AUX COniNTIIIENS, XIII, 11-13. 343

communion eucharistique {Chrys.), les sexes étant d'ailleurs séparés dans la salle. « Tous les saints » les saluent, c'est-à-dire tous les fidèles de Macédoine, et des autres égalises dans la personne de leurs représentants qui pouvaient se trouver près de Paul. Salutation vraiment « catholique ».

• A. 13. àyiou manque Pap. 46 — Nous conservons, entre crochets, à[j.rîv de

D, K, K, P, al., vulg., que les critiques rejettent en général, mais qui n'est pas contesté en quelques-unes des autres formules finales de Paul, par exemple Rom. XVI, 27, et que l'Apôtre employait du reste très souvent comme dernier mot de ses bénédictions. — B omet Xpiarou.

Ch. xiii, 11. Pour finir, frères, soyez en joie. Acceptez correction et exhortation, ayez le sens de l'unanimité, vivez en paix; et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.

12. Saluez-vous les uns les autres en un saint baiser. Tous les saints vous saluent.

13. Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, et l'amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit [soient] avec vous tqus. [Amen].

B. 13. Verset d'une importance capitale.

Nous avons déjà trouvé une mention de la Trinité au ch. i, 21-22 (v. ad loc), et il y on avait plusieurs dans la Première Épître. Celle-ci est la plus pleine de toutes. On pourrait supposer, pense Lieizmann, que la salutation trinitaire était déjà d'usage liturgique dans les églises pauliniennes. Les génitifs doivent être subjectifs. « Dieu » est le Père, principe et source commune, et il se révèle par l'amour, qui a causé l'Incarnation et la rédemption du Flls^ Jésus-Christ, dont la grâce nous sauve en nous communiquant le Saint-Esprit. La personnalité de la Troisième Personne, malgré Windisch ou //. D. Wendland, n'est pas ici plus vaguement indiquée que celle des autres (1). Jésus- Christ est nommé le premier, à\i Belser, parce que c'est par lui seul que nous vient toute grâce, contre les agitateurs judaïsants. Et c'est par la connaissance de l'Incarnation que nous possédons celle de la Trinité des personnes, qui est comme une extension, une explication du dogine chi'istologique {Sanday-HeadLam, Lemonnyer).

L'Ambrosiaster, entre autres, explique très bien l'économie des idées en ce verset. L'Bpître ne pouvait plus dignement finir que par de telles paroles où tout est ramené au Christ; elle est bien du môme esprit que la Pi*emière aux Corinthiens, dont l'idée maîtresse, et pour ainsi dire unique, était l'union des croyants à Dieu et entre eux par Jésus-Christ. Saint Thomas commente ainsi ces ultimes paroles de l'Apôtre des nations :

« Ainsi l'Apôtre, en sa salutation, souhaite toutes les choses nécessaires : la gi"ùce du Christ, par laquelle nous sommes justifiés et sauvés, la charité de Dieu le Père, par laquelle nous sommes unis à Lui, et la communication du Saint-Esprit qui nous distribue les dons divins ».

Tout le « drame de Corinlhe » a donc abouti, pour l'instruction de l'Église future, fi cette affirmation des vérités chrétiennes toutes résumées dans le premier des dogmes, le Mystère de la Sainte Trinité.

(i) Windisch rejette ù bon droit l'influence sur l'ethnico-christianisme — sinon sur les guostiques — de la triade « Père-Mère-Fils »; mais il pense, je ne sais pourquoi, à « Ea- Mardouk-Gibil », — si (a-t-il la prudence d'ajouter) cette triade était encore vivante à l'<ipoque.

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