Saint Paul [microform]
Des obligations professionnelles m'ont obligé trois fois, depuis une quinzaine d'années, à prendre pour sujet de cours l'Epitre aux Romains. Si j'avais conçu d'avance le projet d'en écrire le Commentaire, j'aurais été détourné par les difficultés du sujet. Le premier contact fut écrasant. Ce n'est pa« qpie malgré tout, et dès l'abord, ces pages fermes et ardentes ne dégagent une admirable lumière. Mais plusieurs questions m'ont paru et me paraissent encore malaisées à résoudre. L'église à laquelle Paul s'adresfce était-elle composée en majorité de gentils ou de Juifs convertis? A-t-il voulu lutter contre des influences judéo-chrétiennes existant à Rome? La justification est-elle seulement une déclaration de justice ou une infusion de justice, ou comment peut-elle être les deux? Le don de la justice résultant clairement de la pensée de Paul, comment expliquer le chapitre iv où la justice paraît imputée? Les raisons opposées à la Loi mosaïque ne tendent-elles pas à exclure toute loi positive de la vie chrétienne ? Puisque l'Apôtre ne traite directement, à propos des gentils et des Juifs, que de l'appel à la grâce, qu'en conclure pour la doctrine de la prédestination ? Et ces points embarrassants ne touchent qu'à la façon dont Paul argumente; il faudrait y ajouter les difficultés traditionnelles de la doctrine.
Il faudrait y ajouter aussi celles que soulèvent les auteurs récents, sur les rapports de saint Paul avec l'hellénisme, quant à sa langue, à son style, même quant à sa mystique. Pourtant ce dernier ordre de recherches avait quelque chose de provocant. Si l'on pouvait trouver dans un bon commentaire catholique, celui de Cor-