‹ Saint Paul [microform] (volume 2)Chapitre 100 sur 110 · Recommandation de Phoebé · texte numérisé non relu

Recommandation de Phoebé

1) (Juvio-c7][j.[, « mettre en relations, recommander », d'où les aucrrarwai kmatoXaf (II Cor. m, 1), « lettres de recommandation ». Dans le cas présent il semble que Phoebé portait l'épître elle-même; sans quoi Paul eût vraisemblablement parlé de son arrivée future, comme dans Col. iv, 10; I Cor. xvi, 10. Dans sa lettre aux Philippiens (xiv) Polycarpe recommande Grescens au présent, parce qu'il porte la lettre, et ensuite sa sœur « quand elle viendra » {Za/m).

(I»ol6yi est un nom divin, féminin de $oï6oç, qui désigne plus d'une personne de la mythologie, et dont le caractère païen est trop évident pour que des Juifs l'aient donné à une des leurs. Elle était chi'étienne (àJeXçY)v r|[j.fov). xat devant ouaav est plus probablement authentique [Sod. entre crochets), d'autant que la suppression (surtout dans les versions) était beaucoup plus naturelle que l'addition, xaf indique donc que non seulement Phoebé est chrétienne; elle a même spécialement la charge de diaconesse. Il est vrai que c'est le seul cas où le N. T. parle d'une femme comme excerçant cet office, car I Tira, m, 11 ne peut être allégué (contre Zahn), mais ministra figure dans Pline le Jeune comme un nom d'office : quo magis necessariam credàli ex duabus ancillis,

ÉPITRE AUX ROxMAINS, XVI, 2-3. 363

nesse de l'église de Genchrées, 2 pour que vous la receviez dans le Seigneur d'une manière digne des saints, et que vous l'assistiez en toute chose où elle pourrait avoir besoin de vous ; et en effet ellemême a rendu de bons offices à plusieurs et à moi-môme. 3 Saluez Prisca et Aquila, mes coopérateurs dans le Christ Jésus,

quae ministrae dicebantur, quid esset veri [Epist. X, 96). II faut simplement reconnaître que le christianisme a dû se pourvoir très vite des fonctions dont il avait besoin. Les diaconesses avaient comme rôle tout indiqué d'assister les femmes dans le baptême, les visiter dans leurs maladies etc. Phoebé était demeurée le type de ces saintes personnes. Une inscription trouvée à Jérusalem au Mont des Oliviers, datant du vi" siècle, nomme une certaine Sophie diaconesse yj Seurépa ^oi6t\ {RB. 1904, p. 2i0 es.). Kcv/^pEat" (Act. xvin, 18), à une dizaine de kilomètres de Corinthe, lui servait de port sur le golfe d'Égine comme Lechaion sur le golfe de Corinthe.

Dans la Vg. quae est in ministerio donne satisfaction à ceux qui entendent 8i(itxbvov dans un sens large; mieux vaudrait ministra [Ambrst.]. WW. effacent in devant Cenchris.

2) h xup(to, comme il convient à ceux qui ont. le même Seigneur et qui vivent dans l'unité de l'Esprit-Saint (àÇfwç twv àytcov). — npoaTaxtç, fém. de ^rpoiiar^ç. Paul ne dit pas que Phoebé occupât la dignité de patronne, mais qu'elle fut la patronne de plusieurs et de lui-même. Le mot n'est donc pas pris dans un sens officiel, d'autant que les divers offices exprimés par TtpoaTarïiç s'entendent d'hommes et non de femmes. De même donc qu'un îrpoaraT»]? était le représentant légal des étrangers et leur protecteur dans les difficultés qu'on ne manquait pas de leur faire, Phoebé occupait une situation qui lui permettait d'intervenir en faveur des chrétiens, surtout des étrangers. Patronne aux yeux de ceux du dehors, elle se faisait servante dans l'intérieur de la communauté. N'était-il pas juste que les Romains lui rendissent les bons offices dont elle pourrait avoir besoin ?

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