CHAPITRE II
* Aussi tu es inexcusable, ô toi, qui que tu sois, qui juges; car en jugeant l'autre, tu te condamnes toi-même, car tu fais les
Les Juifs non plus ne sont pas dans la voie du salut, en dépit
DE leurs prétentions A UNE SITUATION PRIVILEGIEE, II, l-III, 8. — NoUS
pensons que Paul commence ici la seconde partie de sa proposition : l'humanité n'est pas dans la voie du salut. Il l'a constaté pour les gentils; il l'affirme des Juifs et les poursuit d'échappatoire en échappatoire, c'est-à-dire en leur prouvant que leurs privilèges ne les dispensent pas de la pratique de la loi morale, qui est seule décisive au jugement de Dieu. D'excellents commentateurs, Cornely, Zahn, Kûhl, comprennent les choses autrement. D'après eux Paul s'adresse toujours aux hommes en général, parmi lesquels, on ne sait comment, les Juifs sont introduits mêlés aux autres à partir de ii, 1. Ils n'entrent en scène seuls qu'au V. 17, lorsqu'il est question de leur privilège. Avec saint Thomas, Lipsius, Lietzmann, Jûlicher, nous pensons que l'homme du v. 2 est déjà un Juif. Et en effet il est question des Juifs aux w. 9 et 10 sans aucune modification du thème ni avant ni après. Si le juif est nommé au V. 17, il était déjà question de lui depuis le v. 9. [1 est certain que le début du chap. ii est fort abrupt. Mais le hiatus entre i, 32 et ii, 1 s'explique précisément parce que Paul passe d'un sujet à un autre. Pourquoi interpeller si vivement un homme quelconque qui jugerait les autres et ferait ce qu'il condamne? C'est un cas assez odieux de culpabilité, mais un cas particulier que rien ne mettait en avant. Or tout le monde concède que Paul a en vue les gentils, puis les Juifs; toute la question est de savoir quand les derniers entrent en scène. Le seul point d'entrée est précisément ii, 1. Pendant que l'Apôtre met le doigt sur les plaies des gentils, il se sent approuvé par le Juif; pour un peu celui-ci le pousserait à prononcer une condamnation plus sévère. C'est alors que se retournant vers lui Paul l'apostrophe à son tour. Dans un discours, l'attitude des auditeurs aurait amené cette péripétie; or Paul parle comme s'il avait sous les yeux ceux dont il parle. C'est de la diatribe écrite.
mêmes choses, toi qui juges. ^Or nous savons que le jugement de Dieu, conforme à la vérité, atteint ceux qui commettent ces sortes
S'adressant donc à un Juif, représentant la nation qui censure si facilement les gentils sans se censurer elle-même, Paul établit d'abord qu'ils ne sont pas dans une situation meilleure que les gentils, puisqu'on définitive le jugement sera prononcé d'après les œuvres (1-11). Puis il suppose que les Juifs allèguent leurs privilèges, la Loi, la circoncision, les Écritures, et il montre que ces institutions divines ne sauraient les exempter du jugement qui attend les gentils. Car les gentils eux aussi ont une loi, et c'est d'après la loi qui s'impose à lui que chacun est jugé (12-16). Le Juif qui a la Loi par excellence n'est que plus coupable s'il la viole (17-24). En vain alléguerait-il la circoncision; la vraie circoncision est celle du cœur (25-29). Quant aux Écritures, elles renferment des promesses que Dieu saura tenir sans manquer pour cela à son attribut de juste juge (m, 1-8).
1-11. Celui qui se donne comme censeur des autres, ne sera pas ÉPARGNié, car