‹ Saint Paul [microform] (volume 2)Chapitre 69 sur 110 · La vie spirituelle · texte numérisé non relu

La vie spirituelle

Il n'y a sans doute pas dans saint Paul deux pages placées dans une opposition plus complète que vu, 13-25 et viii, 1-13. Dans la première apparaît le péché, qui s'est servi même de la Loi pour dominer plus entièrement. La Loi est en elle-même impuissante. La raison lui donne un suffrage sans valeur. Le péché domine donc la chair et l'entraîne vers la mort, car la l©i de Dieu est violée, et la condamnation est inévitable pour l'homme charnel. Un cri vers la grâce, et la lumière inonde ce gouffre intérieur.

L'homme est en Jésus, sous l'action de l'Esprit de vie, si bien qu'il vit désormais non plus en suivant l'instinct de la chair, mais selon les goûts de l'Esprit qui est en lui un guide plus sûr que la raison et plus ferme. Désormais il peut accomplir toute la loi de Dieu, il ne saurait être condamné, il est assuré de la vie. S'il est encore question de la chair, c'est pour mieux marquer le contraste, et l'obligation où est le chrétien de la mortifier par l'esprit. Tout cela est dû à l'initiative de Dieu, qui a fait, par l'Incarnation de son propre Fils, ce que la Loi ne pouvait faire. Maintenant nous savons par une triste expérience ce que c'est que d'être sous la Loi, et nous savons aussi ce que c'est que d'être sous la grâce. D'un côté la mort, de l'autre la vie, môme pour ce corps qui était naguère sous la domination du péché et son instrument. Il faudra encore le tenir en respect, mais enfin il sera associé lui aussi à la résurrection de Jésus. Il y a dans cette péricope comme trois subdivisions. La loi de l'esprit dirige efficacement notre conduite au lieu de la Loi (1-4) ; la vie selon l'esprit est seule agréable à Dieu (5-8) ; l'Esprit qui vit en nous est un gage de résurrection (9-11). On expliquera au v. 2 que Paul parle d'abord de l'esprit communiqué, que nous nommons la grâce, avant de parler de l'Esprit de Dieu (au v. 9).

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