‹ Saint Paul [microform] (volume 2)Chapitre 86 sur 110 · IT SAGE · texte numérisé non relu

IT SAGE

Cette sorte d'hymne, moins ardent que le chant de triomphe qui termine le chap. viii, a quelque chose de plus profond et de plus définitif. C'est le sceau de toute la partie doctrinale de l'épître, s'appliquant cependant plus spécialement aux chapitres ix à xi, bien faits pour laisser l'âme dans une sorte de stupeur à la pensée des conseils de Dieu sur le monde, comprenant la réprobation temporell* pour se terminer en miséricorde.

33) On doit lire nXoitou xa^ aoçifaç. Tandis que le latin divitiarum sapientiae et scientiae ne mentionne que la richesse de deux attributs divins, d'après le texte authentique, le Pdî9oç, « profondeur ou élévation » pour dire « immensité », s'applique à la richesse, à la sagesse et à la science. Il y a quelque manque de tact à définir trop strictement ce que Paul déclare insondable; cependant il a parlé pour être compris. La richesse, d'après x, 12, paraît signifier ici les trésors de sa bonté; c'est auaei ce qui se lie le plus aisément à l'idée de miséricorde (v. 32); mais on ne peut exclure les ressources infinies dont Dieu dispose pour réaliser ses vues.

La science indique plus purement la connaissance, tandis que la sagesse évoque la disposition et l'heureux emploi de ce que la science a pénétré. — Les jugements de Dieu ne sont pas seulement ses jugements de bonté, mais tous ses jugements, et les jugements de réprobation ne sont pas moins insondables quoiqu'ils doivent être ramenés à la manifestation de la miséricorde. La mention, des voies prouve bien que l'énigme n'est pas seulement dans les attributs infinis de Dieu. Nous savons qu'ils nous dépassent, mais nous voudrions retrouver les chemins qu'il a suivis dans ses manifestations, savoir où il a passé, avoir le secret de son intervention et du but qu'il poursuit : vaines tentatives! Soden lit àvefepeivrjxa, la forme àveÇepaiivïiTa est alexandrins.

Dans la Vg. ajouter et avant sapientiae (avec Tert. Âdv. Marc. V, 14).

34) Gomme pour mesurer à notre impuissance la profondeur de la richesse de la sagesse et de la science de Dieu, Paul demande, en suivant l'ordre

3^ « Ou qui lui a donné le premier, pour qu'il ait à recevoir en retour? »

36 Parce que c'est de lui, et par lui, et pour lui que sont toutes choses ! A lui la gloire dans [tous] les siècles. Amen.

inverse, qui a pénétré son esprit, qui l'a assisté dans ses desseins, qui lui a avancé quelque chose?

Les deux premières questions sont empruntées à Is. xl, 13, d'après le texte grec, en les coupant davantage, c'est-à-dire en remplaçant xaf par •/]'. Dans l'hébreu il y a beaucoup plus de ressemblance entre les deux questions qui n'en font presque qu'une : « qui a déterminé l'esprit de lahvé, et quel conseiller l'a instruit? » (Trad. Condamin). Il est étrange que le P. Gornely nous oblige à préférer le texte grec sous prétexte que Paul l'a « adopté et approuvé ». On peut dire seulement qu'il en a employé les termes, sans môme indiquer qu'il s'agissait d'un texte sacré. Et l'on a vu souvent que même quand il cite il ne craint pas de changer les termes, ce qui ne peut équivaloir à rejeter le texte courant comme non authentique.

35) Le texte cité ne se trouve pas dans la Bible grecque, mais répond bien aux paroles de Dieu dans le texte hébreu de Job xli, 3 : « Qui m'a prévenu, de façon que j'aie à lui rendre? » Paul a changé la personne du verbe comme il le fallait. Dieu, infiniment riche, ne peut recevoir de personne; infiniment bon, il donne toujours le premier.

36) Nous ne pouvons ni pénétrer la science de Dieu, ni l'aider de nos conseils, ni l'assister de nos ressources : que nous reste-t-il à faire, que de reconnaître que tout dépend de Dieu, non de nous? C'est ce que constate ici l'Apôtre. Tout vient de Dieu comme créateur, tout subsiste par lui, tout tend vers lui comme à sa fin dernière [Corn., Zahn). Les termes sont très généraux, et l'on ne saurait sans arbitraire les restreindre aux faits de l'histoire (contre Kûhl). Donc gloire à Dieu. Cornely explique comment plusieurs grandes autorités latines ont été induites à des explications erronées par le latin in ipso qu'il faut entendre comme équivalent de elç au-uo'v ou plutôt remplacer par in ipsum. Le même montre que les allusions à la Trinité imaginées par de nombreux Pères sont sans fondement. Il semble pourtant qu'il y a dans le rythme comme un dessin trinitaire : trois attributs, trois questions, trois relations des choses à Dieu.

On a cherché dans la littérature hellénistique des formules analogues à celle du v. 36. Assurément les analogies ne manquent pas. Mais après les investigations de Lietzmann et de Norden ("AyvwgToç Osd;) on peut estimer qu'on ne trouvera rien de tout à fait semblable. Marc-Aurèle [Pensées, IV, 23) donne le texte le plus rapproché, ix aoU nav-c«, Iv adl rr^vra, et'c oï ndvvx, mais en parlant de la nature 1

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