‹ Saint Paul [microform] (volume 2)Chapitre 85 sur 110 · Omettre èv · texte numérisé non relu

Omettre èv

Paul ferait allusion à des rameaux déjà coupés depuis longtemps et dont on se servirait pour la greffe. Mais il ne pouvait ignorer que cela est impossible, ni se servir de cette impossibilité pour prouver que cette sorte de greffe est moins extraordinaire qu'une autre! Au v. 23, Paul ne pensait qu'aux Juifs, et le terme de greffer était purement métaphorique. Il veut expliquer maintenant comment leur conversion aurait quelque chose de moins extraordinaire que celle des gentils, et il revient à sa comparaison. La greffe, pour réussir, suppose une affinité de nature entre le sujet et le bourgeon; on ne peut greffer que les variétés d'une même espèce ou tout au plus les variétés d'un même genre. La greffe de l'olivier frugifère sur l'olivier frugifère qui est connaturelle est donc plus indiquée que la greffé du sauvageon sur le bon olivier. — r) y.xxa. ^ua:v àfpdXxioi; ne peut signifier « l'olivier sauvage par nature », car les oliviers sauvages ne peuvent l'être que par nature, mais, en opposition avec oi xaxà çûatv, xatà (fûaiv marque ici que toi, gentil, ayant été coupé d'un olivier sauvage, tu en avais la nature, et que si tu as été greffé sur un bon olivier, c'était une sorte de violence à la nature, tandis qu'il est beaucoup plus naturel de greffer sur un bon olivier ceux qui sont de la même nature. On ne saurait donc prétendre qu'en écrivant jtapà cptjoiv Paul ait confessé que la greffe du sauvag'eon sur le bon olivier était anormale (contre Corn.). Il a seulement dit que la greffe homogène était plus indiquée que la greffe hétérogène. De la même façon, Dieu ayant promis le salut aux Juifs, ayant fait naître chez eux le Messie, il était tout indiqué qu'ils jouiraient de ses bienfaits. L'appel des gentils était une faveur extraordinaire qui leur était faite, une admission à l'héritage d'Israël. N'était-il pas plus conforme à l'ordre des desseins de Dieu d'y ramener les Israélites eux-mêmes? C'est à cette pensée que Paul s'attache; c'est elle qui importe. La comparaison la met clairement en lumière; et, puisqu'elle n'est pas une base d'argumentation, il faut lui faire un peu de crédit quant aux usages de l'arboriculture. D'ailleurs, il ne résulte pas de ce dessein de Dieu qu'il soit plus aisé de convertir un Juif qu'un païen; le Juif est plus près de la vérité, mais il appuie sa résistance sur la lumière que Dieu lui a donnée.

WW. suppriment qui (avant secundum naturam), qui paraît cependant rendre mieux le grec.

25-29. La conversion des getstils sera suivie de celle des Juifs.

25) Un lecteur attentif aurait déjà pu comprendre que Paul espérait la conversion du peuple juif. Gela paraissait la suite normale des desseins de Dieu, le couronnement aussi de l'œuvre du Christ (xi, 12. 15). Maintenant il l'annonce ouvertement, de peur que les gentils convertis ne voient que ce qui les flattait. L'expression où yècp OéXw u(i.aç àyvosïv a quelque chose de confidentiel qui entraîne l'expression affectueuse àSîXçot (i, 13; I Cor. x, 1; xii, 1; II Cor.

des gentils soit entrée, ^^ et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : « Le libérateur viendra de Sion, et il écartera les im-

1, 8; I Thess. iv, 13). Quand Panl s'exprime ainsi, ce n'est pas toujours pour révéler quelque chose de tout à fait inconnu. Zahn a donc pu soutenir qu'il voulait seulement inculquer une doctrine déjà familière aux chrétiens qui la tenaient de Jésus (de même que I Thess. iv, 13 s.). Jésus en effet avait annoncé l'endurcissement des Juifs (Mt. xii, 38-48; xiii, 11-16; xxiii, 29-36), la conversion des gentils au défaut des Juifs (Mt. xxn, 7 ss. ; xxiv, 14) et la conversion finale des .Inifs (Mt. xxiii, 39; Le. xin, 35). Les chrétiens étaient donc prévenus. Si Paul nomme ce fait un mystère, c'est qu'il ne pouvait être connu sans être révélé par Dieu, mais il ne dit pas qu'il lui ait été révélé à lui seul. D'autre part, ce n'est point une raison pour nier qu'il ait reçu personnellement révélation de ce mystère. Il lui avait été révélé comme Apôtre des g-entils (Eph. Il, 11 ss.; m, 1 ss.), et il est tout à fait arbitraire de dire aA^ec Zahn que Paul ne s'attribuait pas l'esprit de prophétie. Ce qu'il sait du christianisme est le fruit d'une révélation (Gai. i, 12. 16), et c'est dans ce trésor qu'il puise ])oar- instruire les ûdëles. D'ailleurs il était de !a nature des mystères qu'on ne les enseignât pas au premier venu. Sans en faire le privilège d'une classe spéciale, tenue au secret, on n'en dispensait la connaissance qu'à propos (î Cor. n, 13; m, 1).

Paul a exposé fortement les droits des gentils. L'église de Rome étant surtout composée de gentils, il veut aussi la prémunir contre le danger d'être Tïap' iauToïç OU h Éa'Jtoîç ou iauTot; «ppdvtp.ot. Les aulorilés diplomatiques s'équilibrent [Soclen T.c/.^'' âauTotç) et les deux premières écritures ont à peu près le même sens d' « être prudent à ses propres yeux, se croire assez sage peur choisir sa voie » (cf. Prov. m, 7 : [j.yi l'afit çpovtjj.o; rapà aeauTÇ)), ce qui est moins en situation ici que Piom. xii, 16. lauTotç est vraiseml;.lablement la leçon primitive, complétée de deux manières dilîérentes, parce qu'on n'a pas compris le sens difficile d' « être sensé pour son compte » : les gentils seraient tentés ëe ne comprendre les desseins de Dieu que lorsqu'il s'agit d'eux, trouvant naturel que sa miséricorde ne s'étende pas aux Juifs. On ne peut dire que cet avis ait été superllu aux chrétiens ! d'auLant que certains commentateurs ont lutté de leur jnioux contre l'évidence du texte (cf. dans Corn.). Paul ne prétend pas donner comme une révélation l'endurcissement partiel d'Israël (ànô [j.Épouç, comme xîvsc au v. 17 pour signifier en réalité le gros du peuple [xi, 7]|; c'est un fait qu'il élait aisé de constater; la révélation lui a appris que cet endurcissement durerait jusqu'à ce que la plénitude des nations soit entrée, cl qu'il se convertirait ensuite. Cette plénitude s'entend des nations, non des personnes : ce sont donc toutes les nations qui se convertiront au Christ, non tous les individus de la gentilité (avec Thoin., Corn., Zahn etc., contre Jâl., Kll/in). Les nations entreni, métaphore qui rappelle celle de la grefl'e. En latin lii'e obiusio plutôt que caecitas; cf. sur xi, 7.

26) y.o.\ ouTojç n'est pas synonyme de xai tôte, « et alors » ; la conversion des gentils n'est pas seulement le signal que l'heure est venue; elle aura aussi sans doute sa part de causalité sur celle des Juifs. D'autre part la Vg. avec

iîpïthe aux romains, xi, 27. 285

piétés de Jacob; ^'^ et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j'enlèverai leurs péchés. »

fîeret, au lieu de fiel qui (avec salvus) traduirait aoj67fa£iat, accentue trop la dépendance du dei'nicr membre de phrase par rapport au précédent; le salut d'Israël est le point principal annoncé pour lui-même. — tmc, 'laparj^ ne désigne ni les prédestinés seulement [Aug.), ni tous les Israélites individuellement {T/iom., JuL, Kûhl), mais la masse du peuple, par opposition à tel ou tel qui pourrait déjà se convertir (xi, 14),- cela résulte de toute l'argumentation. Cf. pour ce sens de tout Israël I Sam. vu, 5; xxv, l; I Reg. xn, 1; II Chron. xii, 1; Dan, ix, 11. Quoique des particuliers se convertissent, la plus grande partie de la nation est endurcie; cet endurcissement prendra fin quand toutes les nations seront elles-mêmes converties.

Tout cela est suffisamment clair, et saint Augustin l'a compris comme tout le monde {Serm. GXXII, 5 ; De civ. Dei XX, 29 ; Quaesi. ev. II, 33). On s'étonne que dans un passage il ait entendu « tout Israël » des prédestinés : et sic omnis Israël salvus flet, quia et ex Jiidaeis et ex gentibus, qui secundum propositum vocati sunt, ipsi verus sunt Israël [Ep. GXLIX, P. L. XXXIII, 638). Dans son commentaire de 1515/1516, Luther a bien expliqué le texte dans les scholies mais seulement, dit-il, parce qu'il suit l'autorité des Pères; le texte lui paraissait si obscur que l'explication de sa glose est différente et qu'il en vint à nier péremptoirement la conversion des Juifs. Ce fut l'opinion des chefs du protestantisme. Les exégètes protestants actuels sont revenus à l'exégèse normale. D'ailleurs, si la pi'ophétie est claire, elle n'explique pas tout. Cornely se souvenant des tristes prévisions énoncées par N.-S. (Le. xvni, 8) et par Paul lui-même (II Thess. n, 3), suppose que peut-être, quand viendra la fin du monde, les nations auront cessé d'être unies dans la foi catholique. Pourtant on ne répondrait pas à l'idée de la plénitude des nations, si l'on plaçait la conversion des Juifs après que les nations se seraient converties l'une après l'autre, sauf à défaillir ensuite dans la foi. La pensée de Paul, très consolante, est donc qu'un jour toutes les nations en même temps seront soumises à l'évangile, et qu'alors les Juifs aussi l'accepteront. Nous n'avons aucun signe que la conversion générale soit prochaine, mais, d'une pari, l'Église catholique n'a jamais cessé de grandir parmi les peuples, et, d'autre part, les Juifs existent toujours comme race distincte.

Dans la Vg. lire (iet au lieu de fieret.

26'^ et 2/ ) Il faut voir d'abord le sens du texte dans l'épître, ensuite sa relation avec les auteurs anciens, et la relation du grec avec l'hébreu. Paul a donné comme la révélation d'un mystère le fait de la conversion des Juifs; mais un mystère est plus ou moins clairement révélé; l'Apôtre ajoute à ce. que savaient les chrétiens, ceux-ci en savaient plus que les Juifs. Néanmoins le fondement était déjà posé dans l'Ancien Testament, xaOcb; yÉvpxTZTac. C'était l'annonce d'un Sauveur dont le rôle serait d'écarter les impiétés de Jacob. Et cela était d'autant plus assuré que ce devait être, do la part de Dieu, l'accomplissement de son rôle dans l'alliance, qui consistait précisément à enlever les péchés. La conversion aurait donc lieu sans aucun doute, et devait être

~s Par rapport à l'évangile, ils sont ennemis, dans votre intérêt; en vertu du choix divin, ils sont aimés, à cause de leurs pères;

une conséquence de l'œuvre de Jésus-Christ, Tel est le sens du texte ; mais il faut le prendre dans ces termes généraux, car si l'on fait allusion spécialement au premier avènement du Sauveur, il est bien sorti de Sion, mais il n'a pas alors converti les Juifs; quanta son second avènement, il suivra leur conversion et viendra du ciel (I Thess. i, 10), — Zahn a nié fort gratuitement que aÛTT) puisse se rapporter à ce qui suit; Corn, avait déjà cité I lo. v, 2; Jo. XVII, 3 etc.

Quant à l'origine du texte, il suffît d'indiquer Is. lix, 20 et Is. xxvii, 9 qui ont probablement été groupés de mémoire. Is. lix, d'après B : '" y.cd ijÇst ^vsxev Ssiwv ô pu6tj.svo; xal àr.oG-pé'hii dtaEÔsfaç ài^o 'laxwê. ^i xal auTT] aiToîç t] jtop' Ijxou BtaÔTixYi... Paul a donc supprimé 7.<xl, pour lier davantage, dans le même esprit qu'au V. 27. De plus il a âx. Sttiv au lieu de Evs-ziev Sitiv « pour Sion », qui est aussi la leçon de l'hébreu. Duhm préfère la leçon de Paul, plus en harmonie avec le verset suivant d'Isaïe et Is. lxvi, 6. Ou bien Paul a pu mettre èx Sttiv pour suggérer le rôle historique de Jésus ; c'était dans l'esprit du passage isaïen qui était certainement messianique, et que la tradition tenait pour tel [Sanh. 98"). Dans Isaïe l'alliance annoncée consistait à maintenir la bonne situation religieuse d'Israël. Paul ne cite pas cette suite du passage; elle ne fournissait rien de précis sur son thème, mais il garde la formule d'introduction, à la place d'une autre destinée à introduire la conversion : Is. xxvn, 9 : zaï TouTO ECTTiv T) eùXo^fa aijTou] S-rav àcpÉXwjxKi aùioîS Trjv à[j.apT(av. Le résultat est le même : Dieu enlève « son péché », dans Paul « leurs péchés », mais au lieu de dire « et cela est sa bénédiction », l'efTacement des péchés est présenté, ])ar la soudure avec le texte précédent, comme le résultat de l'alliance, ce qui lui donne la garantie de l'engagement divin. En somme, deux textes d'Isaïe sur le pardon des péchés ont été groupés en un seul. On croira difficilement que la combinaison se soit faite les textes à la main; elle s'est faite plutôt dans la mémoire de l'Apôtre ; non seulement les éléments en sont isaïens, leur groupement ne crée aucune pensée nouvelle qui soit étrangère au prophète. En eflét, si l'idée d'enlever le péché qui fait de l'Israël des derniers temps un vase de miséricorde est vraiment paulinienne, elle est dans le texte grec d'Isaïe (lix, 20) qui paraît préférable au texte massorétique. Celui-ci est traduit par le P.Condamin : « Mais pour Sion il vient en rédempteur, pour ceux de Jacob convertis du péché », en hébreu 3.p!;''2 yî^S 1211?'")*!, expression étrange et unique; aussi Duhm a-t-il préféré supposer le texte î/UTB II'i'lIJSi SbylD) conformément au grec. Le second passage (Is. xxvii, 9) est très dillicile à interpréter; mais dans ce cas aussi c'est Dieu qui enlève le péché, comme a compris le grec.

Conformément au grec, WW. lisent averiei au lieu de avcriai et impieUites au lieu de impietatem. On pourrait encore supprimer et avant uvericL.

28) La phrase se compose de deux membres opposés parai lui ement : v.a.xh. (jiv -rô EÙaYYiXtov, « à cause de la disposition convenable, à la diffusion de l'Évan-

29 car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance.

30 En effet, de même que vous avez autrefois désobéi à Dieu, et

que maintenant vous avez obtenu miséricorde à l'occasion de leur

gile », est opposé àxaTà 81 t^v IxXoyvîv, « selon le choix ». L'élection du peuple juif comme peuple de Dieu était en elle-même irrévocable; si elle est primée par la nécessité d'assurer le succès de l'Evangile, cette dispensation n'est que temporaire. ■— 8i' &(jta? est opposé à Stà xoùç Tzxxépaç, mais le parallélisme n'est pas strict; dans le premier cas : » dans votre intérêt » (but), dans le second cas : « à cause des Pères qui ont été les amis de Dieu » (cause). — îx^pof et àyaTirjTof sont dans une opposition encore plus claire, « ennemis », ou « aimés » ; mais on se demande si le parallélisme est tellement rigoureux que les deux adjectifs soient à prendre dans le sens passif : haïs (de Dieu) et aimés (de Dieu) [Corn., Lips., SH.,Jûl., Lietz.), ou si è/0po( ne peut avoir son sens normal qui est toujours actif dans le N. T. [Tliom., Zahn, Kûlil)'i

Le sens normal doit être accepté s'il est possible. Or il n'est pas exclu par le parallélisme d'opposition qui ne doit pas nécessairement s'étendre à toutes les modalités, et il donne une bonne signification générale. Les Juifs se sont rendus ennemis de Dieu qui a permis leur attitude dans l'intérêt des gentils; ils demeurent aimés comme peuple choisi. L'argument suppose, comme plus haut (xi, 11), que l'endurcissement des Juifs a facilité la conversion des gentils. Quant au mérite des patriarches, il ne saurait suppléer à celui de leurs descendants : Sed per quaindam abundantiain divinae gratiae et misericordiae hoc dicit, quae in tantuin patribus est exliibita ut propter promissiones eis factas etiam filii salvarentur [Thom.). Au surplus il s'agit ici directement de l'appel efficace à prendre place parmi les véri Labiés enfants de Dieu, dans le peuple de Dieu.

Dilecli [Ambrsl., Jér., Aug.) serait plus littéral pour àya7nr)T:oi que carissimi

29) On lisait dans I Sam. xv, 11 que Dieu s'était repenti davoir choisi Saûl. Mais la réprobation de ce roi n'était qu'un épisode, comparable à l'endurcissement temporaire des Juifs. S'il s'agit des grands desseins de Dieu, ils sonl stables (cf. II Cor. vu, 10), rien n'est capable d'amener Dieu à les changer ; tels sont les dons dont il a comblé Israël (ix, 4) et qui se résument dans l'appel de Dieu (ix, 11).

;>0-32. La MisiîuicoKDE terme de tout.

;!0 et 31) Deux'explications. D'après les modernes [Corn., Lips., SH., Jïd., Lietz. [avec hésitation], Za/in), on rattache xco u;j.s-£pco sXéei à ce qui suiî, comme s'il était sous la mouvance de t'va, construction bizarre qu'on essaie de justifier par II Cor. xii, 7 et Gai. ii, 10; le sens est très clair, avec un |)arallélisme très bien balancé : « vous gentils, autrefois rebelles aux appels de Dieu, êtes devenus uu objet de miséricorde, gi-àce à la résistance des Juifs quia facilité votre salut (cf. xi, 11. 15); de même, ou plutôt par une voie opposée, les Juifs aujourd'hui endurcis deviendront obéissants gi-àco à la miséilcordo ([ue vous aurez éprouvée ». 11 resterait d'ailleurs quelque ditli-

désobéissance, ^i de même maintenant ils ont refusé l'obéissance à l'occasion du pardon qui vous était accordé, afin que désormais ils obtiennent aussi miséricorde. 3? Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous.

culte sur le rôle de la miséricorde reçue par les gentils par rapport à la miséricorde reçue parles Juifs. Si c'est seulement de provoquer leur jalousie, Paul n'ajoute ici rien qu'il n'ait suffisamment indiqué auparavant. De plus il préparerait mal le v, 32 qui est la clef de tout.

Je préfère donc (avec Kil/il) l'opinion anciennement très soutenue qui rattache -cÇ) u[A£Tépa) èXIei à ^7tE(G-/iffav comme il est naturel {Vg.). Il est vrai qu'on a expliqué ce datif de plusieurs manières. Euthym. : TouiioTiv &[j.wv êX£ou(j.évwv, Thom. : id est in graiiam Chrisd, Lietz. : « ils ne se sont pas laissé gagner par la manifestation de la bonté divine à votre endroit », mais le parallélisme avec T?) TouTwv àneiOetoc suggère, aussi bien que le datif, une véritable causalité. L'incrédulité des Juifs a été utile aux gentils, la grâce reçue par les gentils n'a fait qu'exaspérer la résistance des Juifs. Au lieu donc de revenir sur les modalités du salut des gentils et des Juifs pour elles-mêmes, Paul s'en sert pour dégager une idée générale. Celte idée, qui sera exprimée au v. 32, c'est que tous ont dû passer par la désobéissance pour laisser du jeu à la miséricorde de Dieu. Elle est préparée aux versets 30 et 31. Pour les gentils, la désobéissance était leur état ancien, trop connu pour qu'il y ait lieu d'insister, et non seulement celte désobéissance a été suivie de miséricorde, mais la désobéissance des autres, c'est-à-dire des Juifs, a contribué aussi à cette miséricorde. Quant aux Juifs, la miséricorde exercée sur d'autres leur a été une cause occasionnelle de désobéissance, mais c'était pour céder enfin à la miséricorde. Il ne reste plus qu'à conclure. — H y a une difficulté pour les vuv. Au V, 30, ■Ko-xi et vuv sont opposés d'une façon très satisfaisante. On s'attendait à les retrouver au v. 31 dans l'ordre inverse : les Juifs qui maintenant ont été rebelles seront alors pardonnes. Au lieu de cela, certains mss. mettent vuv [Soden om.) après outoi et encore vCv après aùtot. Les principes critiques ne permettent guère de retrancher ce dernier vCv (x B D*), précisément parce qu'il est gênant. D'autre part Paul ne peut se représenter la conversion des Juifs comme actuelle... On ne serait que logique en acceptant encore vî3v après oStot (s* B). Dès lors on regardera otté comme indiquant les temps préchi'éliens et vïv comme s'étendant à tout le christianisme.

J'ai supposé avec tous les modernes (cf. sur x, 21) que aTtec'Ôetv ne signifiait pas « être incrédule » {Vg.), mais refuser son obéissance; de même pour otTceiOsia. Dans la Vg. il est inadmissible que le même datif soit traduit pnopTEn ixicredalitatem. et m vestram misericordiam. De plus un nunc manque aprcs ipsi. On aurait peu de crainte de se tromper en lisant : ^o sicut enini aliquando vos inohedientes fuistis Dec, nunc autem misericordiam consecuti estis per illorum inobedientiam, ^* ita et lii nunc inohedientes facti siint per vestram misericordiam ut et ipsi nunc misericordiam consequantur.

32) Conclusion de toute la. doctrine de la grâce : tous les hommes ont

93 abîme de la richesse et de la sagesse, et de la science de Dieu! Combien insondables ses jugements, et impénétrables ses voies!

2* Car « qui a connu la pensée du Seigneur? ou qui a été son conseiller? »

besoin de miséricorde, et Dieu l'accorde à tous, Juifs ou gentils (x, 12). Dieu commence par les réduire à l'impuissance ; il les enferme dans leur désobéissance comme dans une prison, d'où sa pitié les délivrera. C'est une Opinion étrange de Zahn de n'entendre xoh( iT(iJvT«ç que des Juifs endurcis, puisque le V. 30 n'a pas omis l'ancienne contumace des gentils. Ce ne sont pas non plus tous les hommes individuellement, mais, comme le contexte l'exige, les grandes catégories indiquées précédemment.

La leçon de Vg. : omnia 3= tJi ndîvTa vient peut-être de Gai. ni, 22 ; lire emnes avec le grec; au lieu de in incredulitate lire in inoboedientiam.

33-36. Hommage rendu par la faiblesse humaine au Dieu infiniment puissant

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