‹ Saint Paul [microform]Chapitre 18 sur 86 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

tiens lydiennes et phrygiennes sont nombreuses, et que l'araméen a été gravé en Asie Mineure jusqu'à Sardes (1). Aussi M. Perrot a pensé que s. Jérôme n'avait pas constaté les faits par lui-même et s'était contenté d'enregistrer l'observation d'un voyageur ancien. On sait cependant que des dialectes populaires se conservent d'autant mieux qu'ils no sont pas soumis aux fluctuations de la littérature (2).

Nous voudrions surtout connaître la religion de ces peuples auxquels Paul prêcha l'évangile. Il est douteux qu'ils aient gardé leur religion nationale, étant transplantés sur un autre soi. C'était, dans l'antiquité, une règle d'adorer les dieux du sol. Voici ce que M. Jullian nous dit des Galates (3) : « Dans leurs vieux sanctuaires, les dieux locaux ne furent pas inquiétés, même ceux qui avaient reçu la forme humaine (4). L'Artémis asiatique obtint les hommages des Barbares (5) , et les femmes de leurs chefs acceptèrent de desservir ses autels et de paraître à ses processions (6). Quand on eut rattaché aux Tolistoboïens le territoire de Pessinonte (7), la Grande Mère qui y régnait les eut pour dévots, et le prêtre-roi fut bientôt pris parmi les Celtes eux-mêmes (8) ».

Au temps d'Attale P"", la fusion des Galates et des Phrygiens n'était

(1) Sur les inscriptions lydiennes et l'inscription araméenne et lydienne de Sardes, cf. Saj'dis/ vol. VI, par Littmann, 1916.

(2) Mommsen et Ramsay admettent l'autorité de s. Jérôme. Lighlfoot fait observer qu'il a visité la Galatie et sa capitale Ancyre, et qu'il semble avoir séjourné sur les bords du Rhin, spécialement apud Treveros (Epist. III, 1). Quelques savants allemands ont conclu de son texte que les Galates étaient venus directement de Germanie, et Lightfoot cite cette phrase étonnante d'Olshausen : « L'épître aux Galates est adressée à des Germains, et c'est le germain Luther qui a reconnu de nouveau dans cette épître apostolique et remis en lumière la substance de l'évangile ». Le savant anglais a mis au point ces prétentions dans une dissertation en appendice de son commentaire : Wei'C the Galatians Celts or Teutons ? La question de l'origine immédiate des Galates n'est vraiment pas discutable. C'étaient des Gaulois. Et qu'on ne dise pas que ces Gaulois étaient des Germains d'origine. Venus des rives septentrionales de la Germanie, de la Frise et du Jutland, ils étaient déjà très différents des Germains que les Romains ont connus. Après eux les Belges, puis les Francs, puis les Normands venus des mêmes régions du nord sont devenus sur le sol gaulois une race profondément distincte de celle des Germains demeurés sur la rive droite du Rhin. D'après César, les Ti'evei'i élaieni des Gaulois, quoique contaminés par la culture et la brutalité germaniques : in Treveros mitlit quorum civitas propter Germaniae vicinitatem quotidianis exercUata bellis, culki et feritate non muUum a Germants differebat{GÂEs. Bell. gall. VIII, "25). Plus tard ils affectèrent de se rattacher aux Germains (Tac. Germ. 28).

(3) Histoire de la Gaule, I, p. 367. Les notes qui suivent sont de M. Jullian.

(4) Strabon, XII, y, 2.

(5) Plutarque, Amatorius, 22, p. 768; Mulieinim virtutes, p. 257.

(6) Ibidem.

(7) Après 189 (T.-L., XXXVIII, xviii, 9) et avant 163.

(8) Le premier Galate connu qui ait été grand-prêtre de Pessinonte apparaît en 163 et 159 (Dittenberger, Or. Inscr. n° 315, I, p. 484 ; je ne peux croire à un Grec portant un nom gaulois. Il est difficile de penser que le nom des prêtres ordinaires de la Mère, les Galles, soit d'origine celtique ; Galliis ou Galla n'a jamais été gaulois, à moins, ce dont je doute fort, qu'on puisse rapprocher ici le nom des prêtresses de l'île de Sein, Gallizenae, Mêla, III, 42, (Fin des notes de M. Jullian).

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