Quand et où fut écrite l'Epître aux GalatesP
Aucune tradition ancienne ne fait loi sur la date de l'Épître aux Galates.
Maroion la plaçait en tête des Épîtres paulines, mais vraisemblablement à cause de sa doctrine dont il exagérait l'opposition à la Loi mosaïque (1). Un prologue prétendu marcionite la datait d'Éphèse (2) Victorinus, vers 360, la croyait aussi composée à Ephèse. Le pseudo- Primasius ou Cassiodore partage cette opinion. Mais Eusèbe d'Emèse (3) et Théodoret (4), c'est-à-dire des Syriens, l'ont datée de Rome. Leur conviction s'est formée parce qu'ils voyaient dans le texte des allusions) à la captivité de l'Apôtre (iv, 20; vi, 17). Quelques manuscrits (3*=°"' KL ont à la fm de la lettre lypay-/) àrch 'Pwjjf/iç, annotation retenue par les deux versions syriennes et la version memphitique.
Les modernes sont peu enclins à renvoyer à une époque tardive la composition d'une Épître écrite, semble-t-il, dans le feu des premières batailles de l'Apôtre contre les judaïsants.
Naturellement la date dépend de la position qu'on prend par rapport aux destinataires. Les partisans des villes de Lycaonie et de Pisidie se prononcent pour une date plus haute; Zahn place même les Galates avant les Thessaloniciens. M. Ramsay estime qu'elle a été écrite d'Antioche de Syrie.
Pour nous, l'Épître aux Galates est postérieure à la seconde visite en Galatie (Act. xviii, 23), c'est-à-dire qu'elle ne peut avoir été écrite au plus tôt que pendant le premier séjour de Paul à Éphèse. De plus, l'Epître aux Galates est, comme nous essayerons de l'établir, antérieure à l'Épître aux Romains, écrite de Corinthe durant l'hiver de l'an 56 ou au plus tard de l'an 57.
Est-elle aussi antérieure aux Épîtres aux Corinthiens? Les points de
(1) Tbrt. Adv. Marc. V, 2 : Principalem adversus judaismum epistolam nos quoque confltemar, qaae Galatas docet.
(2) Cf. infra, p. xxx.
(3) Grbmer, Catenae ad Gai. iv, 20.
(4) Praef. ad Rom.