‹ Saint Paul [microform]Chapitre 21 sur 86 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

comparaison avec la première font défaut. Par rapport à la seconde, Lightfoota cru remarquer que l'Épître aux Galates supposait de la part des judaïsants une opposition plus doctrinale et, comme on dit aujourd'hui, plus évoluée. Mais l'opposition a pu être plus accentuée dans un pays que dans un autre.

En sens contraire on peut insister sur le reproche fait aux Galates d'avoir changé si promptement (i, 6). Donc, dirait-on, aussitôt après le départ de l'Apôtre, de sorte que lui-même n'aurait pas beaucoup tardé à écrire. Il est vrai que les Galates ont pu être retournés promptement, quoique après une séparation déjà longue. Cependant l'impression est bien que chez les Galates tout s'est passé très rapidement, conversion et tendances au judaïsme. Ils ont été très vite d'un évangile à un autre ; or on s'expliquerait moins un mouvement rapide. après une longue persévérance. Dans ce cas il eût été naturel de leur dire : « Vous avez quitté bien vite une foi déjà enracinée par le temps » .

Pourtant il faut bien laisser aux judaïsants le temps d'arriver. On peut trouver ce temps pendant le séjour de deux ans et demi que l'Apôtre passa à Éphèse. C'est probablement de là, et pendant l'année 53 ou 54, que fut écrite l'Epître aux Galates. Au moment où Paul écrivit la première aux Corinthiens, il pouvait leur citer l'ordre des collectes qu'il avait ordonnées dans les églises de Galatie (I Cor. xvi, 1), où son autotorité avait donc été pleinement rétablie. Mais il se pourrait aussi que la question des Galates ne se soit posée qu'à Corinthe; dans ce cas, la première aux Corinthiens serait antérieure aux troubles (d'après I Cor. XVI, 1). Éphèse a pour elle les témoignages anciens qu'on a cités. On pourrait alléguer en faveur de Corinthe, d'où Paul a écrit aux Romains, que les deux épîtres supposent non seulement les mêmes préoccupations, mais les mêmes méditations, aboutissant à des formules semblables.

Quant au synchronisme entre les Actes et les faits relatés dans l'Epître aux Galates, cette discussion appartient au commentaire. Il en résulte, avec une probabilité qui touche à la certitude, que l'accord conclu à Jérusalem (Gai. ii) répond à la réunion et à la décision dont parlent les Actes (Actes xv). La date de ce concile devant être probablement fixée à l'an 49, nous avons de ce chef un terminus a quo auquel il faut ajouter le temps de placer l'incident d'Antioche, la conversion des Galates et les faits narrés dans les Actes.

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