‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 11 sur 192 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

bunal. Ils comptaient tourner le magistrat novice contre la secte nouvelle, en la présentant comme une religion qui, séparée volontairement du judaïsme, ne méritait pas la protection due à une religio licita, et tombait sous les lois de l'Empire; peut-être seraient-ils allés jusqu'à l'accusation de lèse-majesté, comme l'avaient fait ceux de Thessalonique. Les Actes, qui narrent longuement cet incident redoutable {Acë. xvirr, 12-17), nous disent aussi comme il tourna à la confusion des accusateurs. La tolérance sceptique du proconsul stoïcien dut avoir l’air, en ces temps, d'une faveur singulière, et ne put que favoriser chez les hésitants le mouvement des conversions.

Au milieu de cette communauté intéressante et active, quoique déjà tumultueuse peut-être et piétinant quelque peu, Paul se sentait tout à fait comme un père parmi des enfants qu’il chérit, et dont la générosité le rassure contre tout ce qui leur manque encore en éducation. Il avait des soucis bien graves concernant ses fidèles Macédoniens, surtout ceux de Thessalonique, auxquels il écrivit alors des épîtres ; et peut-être aussi du côté de la Galatie, où les Judaïsants s’agitaient. Mais l’éclosion brillante de la vie chrétienne dans une cité telle que cette Corinthe mal famée était de nature à le réconforter; de grands fruits de grâce s'y révélaient sous ses yeux, au moins dans une élite; et les autres n'étaient pas encore refroidis. Chaque jour amenaït de nouvelles conquêtes. .

Tout allait donc pour le mieux. L’apôtre des Gentils avait fondé la communauté la plus vaste, la plus florissante peut-être en apparence, qu'il y ait eu jusqu'alors; et cela au centre même des communications de l'Empire romain. Au bout de quelque deux années, le « père » jugea que la situation était assez consolidée dans cette prometteuse Corinthe, et qu'il pouvait aller se chercher ailleurs d’autres enfants.

Mais les choses commencèrent à s’altérer presque aussitôt après son départ.

Lorsque Paul faisait son troisième voyage missionnaire d'abord à travers l'Asie, un nouveau chrétien venu d'Alexandrie d'Égypte, Apollos, continua son œuvre à Corinthe avec beaucoup de fruit. Mais il s'était introduit d'autres instructeurs, moins autorisés, et déjà l'atmosphère de la ville païenne amenait un fâcheux fléchissement chez certains néophytes. Paul, l'ayant appris, envoya d'Asie à Corinthe une lettre aujourd’hui perdue, qui mettait l'Église en garde contre l'influence des païens.

Ses ordres parurent inexécutables pour leur sévérité à beaucoup qui les entendaient mal. En même temps les désordres augmentaient, et îl se faisait des divisions dans l'Église, Quand les Corinthiens surent que Paul s'était établi à Éphèse, ils lui envoyèrent des délégués et une lettre pour exposer leur situation.

Paul leur répondit par notre Première Epître aux Corinthiens.

Elle ne suffit pas pour tout remettre en bon ordre. L’Apôtre, ainsi que nous le prouverons plus tard, dut faire lui-même à Corinthe un court voyage qui ne lui laissa pas de bons souvenirs. Rentré à Éphèse, il écrivit wne lettre sévère et attristée que certains auteurs veulent retrouver en partie dans Îles derniers chapitres de IT Cor., mais qui est bien plus probablement perdue tout entière. En même temps il envoyait son disciple Tite agir en son nom dans l'Église de Corinthe.

Sur ces entrefaites, Paul dut quitter Éphèse, après trois ans d'apostolat, à la

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