PREMIÈRE ÉPITRE AUX CORINTHIENS TEXTE, TRADUCTION ET COMMENTAIRE
ADRESSE, SALUTATION ET ENTRÉE EN MATIÈRE (ch. 1, 1-9).
Intropucriox. — Le début de cette épitre n'est pas facile à traduire. Car, sous la forme d'une simple adresse accompagnée des souhaïts etigés par la politesse épistolaire dans l'antiquité, l'Apôtre — comme il le fera ailleurs, notamment dans l'Épitre aux Romains — introduit déjà la doctrine essentielle qui mettra de l'unité dans cette lettre si variée : ici l'union des fidèles au Ghrist, source de leur vie (1-3). Puis, dans l'action de grâces qui suit selon l'usage, il mêle déjà à l'expression de sa bienveillance et de ses espoirs les réserves un peu ironiques que les instructions nécessitées par l'état de l'église corinthienne ne vont que trop justifier (4-9). Cet exorde est combiné avec beaucoup d'art, et bien propre à mettre en éveil des lecteurs qui n'auraient pas lé trop infatués d'eux-mémes. Mais sa richesse même, sa densité, ses sous-entendus, ont pu donner à Paul quelque mal à le rédiger; et cela expliquerait l'obscurité de certaines tournures. Elle résulte de la situation même, et il n'y a pas lieu, malgré Joh. Weiss, d'y voir ni corruption ni interpolation. Pour bien rendre le vrai sens de ces phrases compactes, nous serons obligé d'ajouter quelques mots entre crochets.
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Cu. 1. 1. Paul, appelé [à la mission d’} Apôtre du Christ Jésus par un vouloir de Dieu, et Sosthène le frère, 2. à l'église de Dieu qui est dans
À. 1. xAnvis a été omis a tort dans À, D, E, al.; il faut le conserver, comme Rom. 1, 4, avec Lict:mann, Robertson-Plummer, Gutjahr, al.
B. 1, Ces mots #Anrès àrxéstolos ne veulent pas seulement dire que Paul « porte le nom d’Apôtre », mais en un sens plus plein, comme Rom., qu'il est apôtre « en vertu d'un appel » authentique, comme les Douze. Ainsi que dans sa lettre à Rome, où, n'ayant pas encore paru, Paul devait affirmer d'abord son autorité, il fait de même à Corinthe, à cause des factions (infra) qui tendaient à émanciper certains groupes de la tutelle du fondateur de leur église (cfr. le début de Galates), — Qui est ce Sosthène? Paul ne lui donne que le titre d'adekgés, qui convient à tous les chrétiens. Ce nom propre ne se retrouve qu'Aet. xvir, où il est celui du chef de la synagogue qui avait accusé Paul devant Gallion et fut chargé de coups par la foule païenne. S'était-il converti après cette expérience, aurait-il suivi Paul à Ephèse, el est-il
ÉPIPRE AUX GORINTIIIENS. 1
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nommé ici parce qu'il avait une autorité spéciale aux yeux des Juifs passés à la foi nouvelle? C'est une hypothèse absolument indémontrable. Ne pourrait-on penser tout simplement au secrétaire de la lettre, comme était le Tertius qui envoie ses salutations à l'église de Rome (Rom. xvi, 22)? Voilà un de ces petits problèmes qui ne seront sans doute jamais résolus.
À. 2. hyrasuévots ëv X. I. manque 119* et Origène, in Joh., vi, 302, et est placé avant tf oëon ëv K. dans B, D, G; mais il faut lui garder sa place après Koplyw, avec N, À, L, P, vulg. (Ziet:zmann, Gutjalr, etc.). Schmiedel voudrait en faire une glose marginale, et Joh. Weiss se croit autorisé par le flottement de ces mots à les mettre parmi ses « interpolations catholicisantes ». La particule + est intercalée entre adr&v et xat nu&v par N°, De, E, L, P, philox., arm., éth., Chrys., Théodoret, Cyrille; Joh. Weiss et d’autres l’admettent; mais nous la laissons de côté avec B, N°, D, G, 17.
B. 2. L'« église » est le groupement des fidèles qui se trouve à Corinthe, comme d'autres groupements sont constitués de la même manière en d'autres villes. Tous ‘ont de commun qu'ils sont « sanctifiés » — c'est-à-dire consacrés (v. infra sur &yus, ch. vu, v. 44) — « dans le Christ Jésus », et par là, non seulement « dénommés saints » — ce qui était déjà un nom des fidèles — mais « appelés à la profession de la sainteté » morale; xAnrés à ici le même sens qu’au verset précédent. On comprend que, dans une phrase si surchargée, des scribes aient oublié ces mots ny. «. X. L, ou se soient figuré améliorer le style en les transposant. En tout cas, contre Jo. Weiss, il faut conserver soigneusement cette expression, car elle est à ce début tout à fait à sa place, et met en vedette l’idée maîtresse d'où toute l'Epitre, enseignements ét préceptes, découlera : les chrétiens sont consacrés, sanctifiés par l'union avec Lui, aussi doivent-ils garder l'union entre eux, se conserver purs.
Les mots suivants, by räouw xtÀ. font-ils partie de l'adresse? Beaucoup de commentateurs le croient, mais ils ont peine à les interpréter, et en donnent des explications fort divergentes. Cornely y voit les autres églises d'Achaïe (cfr. II Cor. 1x, 2), Holsten des émissaires de Jérusalem alors de passage à Corinthe, Mosheim et Ewald les diverses factions (infra) entre lesquelles l’église du lieu se partageait, Chrys., Theod., Calvin, Meyer, Lietsm., J. Weiss, al., s'en tiennent à des explications de ce genre. Mais toute restriction, toute détermination locale des chrétiens visés ici nous paraît incompatible avec l’universalité des mots qui suivront : ëv ravrt térw, « en quelque lieu que ce soit ». Paul pense bien, quoi qu’en dise J. Weiss, à l’universalité de l'Église, dont il avait déjà certainement la notion, comme le prouverait à lui seul le chapitre xt (v. infra). Déjà il tient pour une vérité établie, dont les Corinthiens devraient mieux tirer les conséquences, et qu'il est donc bon de leur rappeler dès les premiers mots de sa lettre, que tous ceux qui « invoquent le nom de Jésus-Christ », non seulement dans la même cité, mais par toute La terre (èv xavr\ téxw), forment une unité, et pensant déjà aux tendances particularistes des Corinthiens qu'il va tout d'abord refréner, il leur signifie, à l'encontre de leurs prétentions théoriques ou pratiques à une foi et à une sainteté privilégiées, que, s’ils sont « sanctifiés », ou « appelés à la sainteté », c'est uniquement de la même manière (obv näsw équivalant ici à 2a0ds névres — « comme tous » les autres) ou mieux « en société avec tous » les autres, (v. Kühkner-Gerth, u, $ 431, sur le sens de cv, qui signifie tout rapport possible de société, d'accompagnement, de communauté), avec tous les hommes qui sont comme eux adorateurs du Christ.”
Pour l’histoire du dogme chrétien, il est très important de noter ici cette « invoca-
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Corinthe, à [vous] sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés [à l’état de] saints avec tous ceux qui invoquent le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ en n'importe quel lieu, [leur Seigneur] à eux et à nous, 8. à vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ.
cation du nom de Jésus-Christ » qui fait l'unité des chrétiens, comme celle du nom de Yahweh faisait l'unité des Juifs. Ils adoraient donc Jésus comme Dieu. On ne comprendrait guère d'ailleurs qu'un trait si universel se rapportât à la seule Achaïe. Une autre difficulté résulte des derniers mots aôrüv [re] «at uv. Si te était primitif, il serait plus facile de les rattacher à ceux qui précèdent immédiatement, v ravti tire. C'est ce qu'ont fait les critiques les plus nombreux, depuis Cyrille, Ambrosiaster, Pélage, S. Thomas, Estius, Osiander, jusqu'à Cornely, de Weite, Rückert, Reuss, B: Weiss, Heinrici, Lemonnyer, Gutjahr, Sales, J. Weiss, Sickenberger. Ils entendent alors fu&v soit de Paul et de Sosthène considérés à part ou avec les Corinthiens, soit des chrétiens juifs, soit de tous les fidèles autres que ceux à qui la lettre est adressée ; et airäv deséglises d'Achaïe dont Corinthe est la métropole (cfr. II Cor. vuiix, ad loc.), ou des chrétiens de la gentilité à qui s'oppose le juif Paul, etc. Nous trouvons que, dans tous ces cas, l'addition de ces trois mots à ravri rérw serait bien oiseuse. Aussi nous rangeons-nous à l'opinion de ceux qui y voient une « épanorthose », et rattachent «. x. 4. à « notre Seigneur »; ainsi Chrysostome, Théodoret, Théophylacte (1), Cornelius a Lapide, Giustiniani, Holsten, Schm iedel, Godet, Robertson-Plummer, Toussaint, Loisy. Cela fait sans doute une construction dure, mais cette reprise de Paul est pleine de sens, et s’accorde si bien avec l'esprit qui dicte ces premiers versets! Paul proclame qu’il n’enteud pas, lui, — à la différence de certains, — s'approprier le Christ; s’il y avait à Corinthe un « parti du Christ » (ce que nous tâcherons d’élucider plus loin), on comprendra encore mieux l'intention ou le sous-entendu de l’Apôtre : le Christ, qu'invoquent toutes les églises des « saints » dans le monde entier (supra), n'appartient pas plus exclusivement à lui qu'aux autres fidèles ; il se nomme même au second rang (abtüv xai u&v), Avis discret aux prétendus « parfaits » (v. infra) qui se croient des droits particuliers sur le « Seigneur » de tous. C'est encore un rappel à l'unité.
B. 3. Verset qui complète cette idée. « Grâce » et « paix » sont les deux biens essentiels souhaités par Paul à tous ses lecteurs (Id. Rom., IT Cor., Gal., Eph., Phil. Col., I-IT Thess.; les Pastorales intercalent « Ëcos », « miséricorde »). Xéot est la faveur objective de Dieu, d'où découlent tous les biens intérieurs, dont le principal est « la paix », paix intime et paix au dehors, qui elle-même, étant le fruit de la charité et de l'unité, ne régnait guère à Corinthe. Cette grâce et cette paix proviennent de Dieu et du Christ, comme d’une source indivise; la grâce est donnée dans le Christ (infra, v. 4}. Il est vrai qu'on pourrait grammaticalemeut traduire aussi bien, comme quelques-uns l'ont fait: « de par Dieu, notre Père et [celui] du Seigneur Jésus-Christ », formule qui n'est pas étrangère au Nouveau Testament, et qui donnerait un sens encore très adapté : les Corinthiens peuvent jouir de la grâce et de la paix parce qu'ils sont frères’ de N.-S. Jésus-Christ, fils du même Père, de Dieu. Mais, d’après l'analogie d’autres salutations pauliniennes, I-IT Thess., I-II Tim.,
(1) Harnack (« Die Briefsammlung des Apostels Paulus und die anderen vorkonstantinischen christlichen Briefsammlungen » 1925), propose de voir en ce verset une addition faite à l'adresse par les collecteurs des épîtres de Paul, qui avaient mis I Cor. en tête de leur recueil destiné à toute l'Église : * éuxX. ëv Kop.…. obv méotv. — Conjecture assez séduisante, mais à laquelle nous ne voudrions recourir que s'il n'y avait aucun moyen plausible d’expliquer la présence de ces mots dans l'avriypapov de Paul lui-même,
ES
& ÉPIIRS AUX CORINTHIENS, I, 1-9.
L ., nu ss * Ü e = 4 — … 4. Ebyaprord ro Ge “you mévrore mept duüv Ext 19 yours ToÙ Oeoù 17 dobeion duiv év Xptord ‘Tnooë, 5. Bri àv mavrt ÉmAoutionre v œdré, y mavrt “AdyO nat û NS , m * CNE mdon “yrooe, 6. xabuç Tù paprtüpior 105 “Xpuoroë ÉeéawOn Ev buiv, 7. “bots üuas ph dotepeiolar ëv pmdevt yapiomarr, “dmendeyopévous tv émoxkAudiv ToB xvpiou e 3 ? *) 2 Apüv ’Incoù Xotoroù 8. 06 rat Bebaiwoe bus Ews téhous aveyxhrous “Ev rù ? , huépa roë xuplou uw ‘Inooë Xpiotoë. 9. Tliordc $ Oebs, à 0Ù Ex AO NTE ets rowvwviav où vioù abroù ‘Incoë Xpioroë voë xupiou Amov. 7
Tüe, où « père » et « Seigneur » ou Ghrist sont séparés par xai, il est tout indiqué également ici de mettre ces mots en coordination plutôt qu'en dépendance : Dieu le Père et Jésus sont done placés sur le même rang comme donateurs de la grâce. On voit l'importance de cette formule pour la christologie. Dèsles premières rignes, notre épître proclame de deux manières la divinité du Ghrist.
A. 4, por manque après 0:6 N°, B, Westcoit-Hort, Nestle; maïs Weymouik, Tischendorf et Vogels l'admettent; cette forme plus personnelle et plus intime est bien dans l’usage de Paul (cfr. Rom., Phil., Philem.) ; — Ent tÿ x. : on trouve incidemment chez les classiques .ërt avec les verbes de sentiment, et dans les papyrus ou des inscriptions avec ceux de remerciement {4bel, p. 237).
B. 4. Paul a l'habitude de commencer ses lettres par des actions de grâces, quoi qu'il puisse dire ensuite à ses correspondants; c'était l'usage de l’époque (Gal. seul fait une exception significative). Gette grâce est « donnée », c’est un don gratuit, ce dont les Corinthiens devront se souvenir; le Christ en est la source (v. 8), et ils l'ont reçue lorsqu'ils ont été constitués « dans Le Christ », par l'intermédiaire de Paul. Nous verrons la portée de ces expressions.
B. 5. Lietzmann et beaucoup d'autres remarquent avec justesse que Paul ne parle ici que de dons intellectuels ou « oratoires », ce qui n’est pas sans quelque
ironie voilée. — Ici yvüow apparaît pour la première fois dans le N. T. Ce mot ne
représente certainement pas la plus haute forme de connaïssance, ce qui serait con-
tredire les chapitres suivants; nous aurons à discutèr plus tard avec Reitzenstein au
sujet du « gnosticisme » paulinien (Exc. V).
À. 6. Dcoë, à tort, pour Xeior05 B°, F, G, arm. — Kalus objectif, avec sens
causal (Gutjahr, al., après Cornely, B, Weiss, Bisping, Lemonnyer, Sales, al.).
B. 6. Ils sont si richement doués, en raison de la fermeté avec laquelle Paul et ses
compagnons ont établi parmi eux le témoignage du Christ; ce n’est pas à cause de leurs spéculatiens postérieures. L'Apôtre ne pense pas spécialement au « don des langues » en ce début, car sa prédication leur a procuré des choses plus précieuses (fr. s, Thomas). Les dens de langage et de science des Apôtres se sont communiqués en partie à leurs auditeurs (Estius, Godet, al.); mais Rob.-PlI, distinguent ici déjà avec pénétration entre la aopta Adyou, (habileté en paroles) qu'ils possèdent quoique l'Apôtre ne leur en ait pas donné l'exemple (v. 1, 17), eb le Ayos copixc, qu'il leur souhaite {v. infra); saint Thomas note que Paul prépare déjà sa correction imminente. A. ‘7. À cause du contexte, nous prenons dote non pas Comme signifiant une conséquence déjà assurée, mais dans un sens d'éventualité ou de finalité ; l'in- {initif présent suivant cette particule peut remplacer un subjonctif présent et se référer. au futur; cfr., par exemple, Mat. x, 1. S'il s'agissait d'un résultat acquis, Paul aurait plutôt employé l'aoriste (voir Vüeau, Abel) — ärsxdiyopévous : ce participe peut signifier : « pendant que vous attendez », ou « vu que vous attendez »; notre traduction laisse les deux sens possibles.
B. 7. Le verset contient donc un souhait plutôt qu'une constatation. Ici yépioue n'a d’ailleurs pas le sens restreint de grâce « gratis data », qu'il prendra aux ch. xn1, s8.,
HE a oies mans ete cena eme CL
RG
k. Je rends grâces à mon Dieu sans cesse à votre sujet, pour la grâce de Dieu à vous donnée dans le Christ Jésus, 5. parce que, en tout, vous avez été faits riches en lui, en tout [don de] parole et toute connaïssance, 6. à la mesure dont le témoignage du Christ a été affermi parmi vous, 7. en sorte que vous [arriviez] à ne plus [rien] avoir à désirer en aucun don de grâce, vous qui attendez la révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ; 8. qui, [lui] aussi, vous affermira jusqu'au terme, [pour vous rendre] irréprochables au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 9. Fidèle [est] Dieu, par qui vous fütes appelés à la communion avec son fils Jésus-Christ Notre-Seigneur.
mais signifie tous les dons qui procèdent de la faveur de Dieu. Les Corinthiens doivent ambitionner cette plénitude, puisqu'ils attendent le jour où il faudra rendre compte du talent reçu; mais rien n'indique qu'ils envisagent la Parousie comme prochaine, L’éroxéluhis sera la grande manifestation finale de Jésus, mais il peut y avoir des manifestations échelonnées d'ici là. Ces questions seront traitées à fond à propos du chapitre xv (v. ad loc.)
À. 8. 0ç zai... « [le Christ] qui, lui aussi, lui de son côté, vous affermira »; il n'y a pas de raison suffisante, contre Cornely, Bachmann, de rapporter &ç à +& 0e, « Dieu », du v. 7, qui est trop éloigné. — E£ws téhous peut aussi bien signifier, d'après l’idée générale de ces versets, « jusqu’au bout », c'est-à-dire « jusqu'à la perfectian », que « jusqu’à la fin » du monde présent. — ëv +ÿ u., et non eis tàv fuépav; Bachmann a raison d’insister là-dessus, comme nous allons l'expliquer. — [apouoiz pour fuéoæ D, G, E, F, 4mbrr., Cassiodore.
B. 8. Le Seigneur Jésus-Christ, pour répondre à l'attente des siens, les affermira par son action secrète et personnelle, non de telle façon qu'il les rende « irréprochables » d'un coup (ils en sont encore loin !), mais de sorte qu'ils puissent être enfin trouvés irréprochables quand viendra le jour du règlement des comptes; cet état est futur, et c'est seulement au jour de la Parousie que Paul ose souhaiter qu'il apparaisse acquis. Aussi n’a-t-il pas dit : « irréprochables jusqu'au jour » (comme si ce jour devait les trouver dans l'exercice des vertus), mais il souhaite que, par leur progrès, ils soient trouvés irréprochables au jugement qui accompagnera la Parousie (aveyrX. ëv rü fu). Le Christ ne les maintiendra pas irréprochables jusque-là (puisqu'ils ne le sont certes pas encore), mais il peut les rendre tels, les amener, durant leur vie terrestre, à ce tékos, ce terme, qui sera la vie chrétienne pure et sans reproches. Télos (contre Bachm.) n'est donc pas nécessairement à prendre au sens de Parousie. Au reste, il n'y a pas d’ironie en ce passage; la grande grâce de Dieu donnée dans le passé est un gage du don complet; voir au v. suivant.
—.. B. 9. Car « Dieu est fidèle ». Il s'agissait donc bien aux vv. 7-8 d’un souhait pour l'avenir; l'espérance de Paul repose sur la fidélité de Dieu, et non sur l'excellence actuelle des Corinthiens. C’est la communauté de vio avec le Christ (xotwvta, idée maîtresse de toute l'Épitre) qui produira cet affermissement (Beéauisa, V. 8). — à oô se rapportant ici à Dieu, cause première, il n’est donc pas nécessaire, comme l'ont bien relevé les Pères dans leurs controverses contre les ariens, d'y voir une simple cause instrumentale forsque l’antécédent est le Christ.
Rob.-PI, notent que dix fois le nom du Ghrist apparaît dans ces dix prenïiers versets. Gette introduction, pleine à la fois de doctrine et de réticences, cst remarqua: blement appropriée au corps de l'Épître; Chrysostome, Thoin., et la généralité des modernes l'ont remarqué.