‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 13 sur 192 · CHAPITRE IIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIT

CIRCONSTANCES QUI DÉTERMINÈRENT S. PAUL À ÉCRIRE LA & PREMIÈRE AUX CORINTHIENS »,

Paul laissant, à ce qu'il semble, la communauté corinthienne en très bon état, avait regagné son centre d’Antioche. Sur la route il avait fait un court arrêt à Éphèse, où les compagnons du début de son voyage, Aquilas et Priscilla, demeurèrent et s'établirent. Puis l’infatigable apôtre reprit ses courses; retraversant des pays évangélisés déjà, comme la Galatie du Nord — où il organisa une collecte pour Jérusalem — il descendit par la Phrygie jusqu'à la capitale asiatique, Éphèse, qui était devenue le but de ses aspirations.

Son succès, décrit dans les Actes, ch. x1x, y fut prodigieux, mais après qu'il eut passé par une période de luttes très. dures, qu’il comparera à un « combat contre les bêtes » (I Cor. xv, 32). Saint Luc insiste surtout sur le triomphe, et note quelques traits significatifs : les prédications dans l'école de Tyrannos, la grande variété des auditoires, les guérisons miraculeuses, la propagation de l'Évangile à à travers l’ « Asie » (dans la vallée du Lycus, comme on l’apprend par les Épîtres de la captivité, notamment à Laodicée, Hiérapolis et Colosses, et cela par le fait de disciples de Paul), la mésaventure des sept exorcistes fils de Scéva, et l’autodafé de livres d’occultisme, pour 50.000 drachmes, qui suivit. Un Juif, un simple ouvrier tisserand s'était fait la situation la plus populaire et la plus illustre dans une ville plus grecque que la Corinthe d'alors, une ville aussi entichée de ses traditions et de sa culture que l'était cette Éphèse:; il Y avait gagné jusqu'à l'amitié des « Asiarques » (Act. xix, 31), ces présidents du Kotwév d'Asie, qui étaient, d'aucuns le croient, prêtres de Rome et d'Auguste. Il pouvait dire aux Corinthiens que, malgré le nombre de ses adversaires, il lui était ouvert à Éphèse une porte très large {I Cor. xvi, 9). Mais ces victoires lui coûtaient cher, car une telle vie ne pouvait se répandre chez les païens sans que la mort opérât dans leur Apôtre (cfr. IT Cor. rv, 12); et dans le merveilleux discours d’Acé. xx, Paul nous dit lui-même quelle existence il menait dans ce temps-là. Il dut prolonger son séjour si fécond pour l'Évangile beaucoup plus longtemps qu'il ne l'avait prévu d'abord, jusqu’à deux ou trois années (Ac. x1x, J (1). Mais son succès et sa popularité furent justement ce qui l'obligea enfin

à quitter Éphèse, à la suite de cette émeute des orfèvres fabricants d'ex-voto. pour Artémis, dont sa prédication avait fait baisser les profits; saint Luc, Act. x1x, 21-40, nous a laissé le tableau le plus vivant de cet incident grave. C'est longtemps auparavant que Paul avait envoyé à Corinthe sa première épiître . canonique.

(1) Sur la prétendue « captivité éphésienne », voir infra, comment. de I Gor, xv, 32. Nous. aurons du reste peu de chose à dire sur cette théorie artificielle.

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