CHAPITRE V. LXXV
mais c'est à cause de certaincs circonstances concrètes dont la connaissance nous manque, et non à cause de l’entassement et du raccourci des idées, ou d’ellipses trop fortes dans l'expression, comme dans les « comprimés » d'Eph. ou certaines parties de Rom.
Elle est la mieux construite de toutes; les matières y sont ordonnées avec beaucoup d'ordre, et toutes s’enchaînent suffisamment bien, par des transitions qui, pour être parfois imprévues dans la vivacité de leur éloquence, n’en demeurent pas moins très reconnaissables. On n’y voit pas de juxtaposition de matières hétérogènes, de dualité comme dans l'Épitre aux Romains (à partir du chap.xui) et dans plusieurs autres, ou de changements subits de points de vue et de préoccupations, comme dans la Il° aux Corinthiens. Aussi est-il très facile d'en démontrer l’unité et l'intégrité, comme nous allons faire au chapitre suivant.
Cette facilité et cette variété combinées, lui assignent un rang unique parmi les Épîtres pauliniennes; iln’en est pas une qui l’égale comme document d'histoire des idées chrétiennes, et d'histoire de la culture en général, bien que. certaines nous fassent pénétrer plus avant dans la théologie et dans l’âme sanctifiée de l’Apôtre des nations.