‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 67 sur 192 · LXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXIV INTRODUCTION

à l'expression « table du Seigneur ». Ailleurs, le texte des LXX n'est que modifié, parfois légèrement, et on voit bien encore qu'il est à la base: ainsi 11, 16, v, 13, x, 22, xv, 25, 27, 55, al. Quelques citations ne sont qu'approximatives (x, 5, 6, cfr. Num. xix, 16 et xr, 34, 4: x1, 7, cfr. Gen. v, 1; xim, 5, cfr. Zach. van, 17). Lorsque dans une citation par ailleurs libre, Paul conserve üun mot des LXX qu'il aurait pu être porté à changer d'après son contexte (comme voüv d’Isaïe, à ur, 46), il a dû le faire pour une intention spéciale (v. comm. ad loc).

Certains textes (voir à n, 9, xiv, 21) diffèrent à la fois de l’hébreu et des LXX ; en d’autres, tels que r, 20, xiv, 25, xv, 54, Paul paraît se rapprocher davantage de l'original hébraïque, que sans doute il avait souvent dans la mémoire ; mais ce n'est que 111, 19 (— Job, v, 13, cfr. Rom. x1, 35 — Job, xur, 3) qu'il dépend exclusivement de l’hébreu — à moins encore que ce ne soit d'une version qui nous est inconnue.

Un emploi si prépondérant des LXX est sans doute naturel, puisque la lettre était adressée à des Grecs; cependant il répond bien à l'impression que, chez Paul, l’« helléniste » avait presque fait oublier le « rabbin ».

Ces aperçus montrent la haute valeur littéraire de la Première Épître aux Corinthiens. Nulle autre des lettres de Paul n'offre des sujets si variés, et ne permet d'étudier sous des aspects si multiples le génie de leur auteur. Telle autre la dépassera dans telle ligne particulière ; ainsi l'Épiître aux Romains pour la vigueur et la continuité de l'argumentation doctrinale finissant en cantiques enthousiastes, la Deuxième Épître aux Corinthiens et l'Épitre aux Galates pour l'éloquence polémique, la Deuxième aux Corinthiens encore, la 1" aux Thessaloniciens, l'Épitre aux Philippiens, la Ie à Timothée pour les effusions du cœur, l'Épître aux Éphésiens pour la plénitude et la réduction à l'unité de toute la doctrine. Mais en tous ces écrits, l'esprit et les sentiments de Paul restaient concentrés sur une thèse spéciale, orientés vers une tâche déterminée et urgente, parfois gênés dans leur essor par les circonstances très difficiles, ou par la préoccupation didactique de dire une immensité de choses en peu de mots. Ici il est au contraire manifeste que l'Apôtre a pu dicter à l'aise, choisir ses expressions, calculer leur effet. Les destinataires lui étant familiers, et aucun besoin trop urgent de défense ou de répression (sauf pour le cas de l’incestueux) ne l'obligeant à précipiter ses exhortations ou ses coups, il a pu leur envoyer une lettre très éloquente et très spontanée sans doute, mais où tout est nuancé, où l’auteur révèle une telle maîtrise de ses moyens, qu'on ne peut douter qu'elle ait été écrite, dans l'ensemble, avec beaucoup de réflexion et de sang-froid; elle n’a certainement rien de commun pour le ton avec cette lettre écrite dans l'angoisse et les larmes dont il sera question dans la II° aux Corinthiens, — malgré ce que soutiennent quelques exégètes en dépit de toute analyse psychologique sans prévention. Aussi est-elle très instructive en ce qui concerne, pourrions-nous dire, le «ton moyen » de l’apostolat du Docteur des Gentils. Elle est aussi la mieux composée, la plus facile à lire si elle n'est pas la plus émouvante, et aussi l’une des plus claires, presque aussi claire malgré sa complexité que I Thess., Phil. ou I Tim. Toute difficulté d'interprétation n’en est pas absente,

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