I. Authenticité
La Première Épitre aux Corinthiens porte en elle-même, reconnaissait. F. Chr. Baur, le sceau et la preuve de son authenticité. C’est, comme le dit. très justement Goguel (« Intr. », t. IV 2, p. 142) pour elle et pour la Deuxièine à la fois, « leur caractère très nettement épistolaire, car on ne comprendrait pas comment un faussaire pourrait avoir imaginé la situation infiniment complexe à laquelle elles répondent ». Ajoutons-y cette concordance de données. historiques avec les Actes des Apôtres qu'a relevées Jacquier (H. L. N.T.,t. I, 4° éd. p. 163 ss.) : Apollos, Crispus, le travail manuel de l'Apôtre, son plan de voyage, eic.
En outre, malgré son caractère très spécial, cette lettre offre tant de ressemblances de langue, de style, de doctrine et d'esprit avec ceux des écrits. de Paul qui sont moralement indiscutés, particulièrement avec les trois autres « grandes Épiîtres », que sa condition aux yeux des critiques, est absolument la même. Elle serait, dans un sens, encore plus favorable, car aucune lettre de Paul ne peut fournir de témoignages anciens si imposants en poids et en nombre.
Le plus ancien et le plus fameux date des dernières années du 1° siècle. C’est le reproche adressé à la même église de Corinthe dans l'Épitre de Clément de Rome, ch. xzvir, 1-3 : ’Avahdéete rhv émioroknv vob pmaxapiou Ilaükou voÿ #moovohou. TE mpürov bpiv év dpyAn voù ebayyehlou Éypadev; En’ dAndelas Tveuparixüs Eméoveuhev Ouiv mepl Éaurod ve xat Knpa te «ui ‘Arokw, Guù vo xal vôre mposxloets ua remoiñobo : « Reprenez l'épitre du bienheureux Paul apôtre. Que vous a-t-il écrit tout d'abord dans les commencements de l'Évangile? En vérité, c’est sous l'inspiration de l'Esprit qu'il vous a écrit une lettre touchant Céphas, Apollos et lui-même, parce que dès lors vous formiez des cabales» (tr. Hemmer). Ce texte vénérable, qui fait allusion à I Cor. 1, 17-suiv., a cette double valeur d'affirmer, avec l'authenticité de l'Épitre, le caractère inspiré qu'on lui reconnaissait dès le 1°" siècle dans l'église de Rome, — et, sans aucun doute, dans les autres chrétientés qui la connaissaient.