II. Intégrité et unité
Nous abordons ici une question qui paraît aujourd’hui fort embrouillée, mais, à ce que nous croyons, du seul fait des critiques eux-mêmes : la Première aux
(1) Nous pourrions même nous dispenser, sans remords, d'en parler aucunement. Cependant, comme cette « école » cherche à faire du tapage, et semble compter très ferme sur linnocence de nos « libres-penseurs » en matière critique, il ne sera pas inutile d'en dire un mot en passant. D'abord c’est chose assez piquante d’avoir vu la fantaisie voyageuse de M. le D'P.-L. Couchoud associer à son entreprise l’aridité livresque d'un « Delafosse ». Leur sentiment commun à l'égard de la foi chrétienne et leur égale incapacité à juger de la psychologie religieuse l'expliqueront. L'exégète — très érudit, reconnaissons ses mérites, — qui s'est fait recruter pour les Cahiers « Christianisme », fait encore plus de psychologie que d'histoire; dans son travail historique de démolition, il se borne à user de Marcion, (remis en honneur par les travaux de Harnack), comme d’une clé bonne à tout ouvrir; avec autant de décision que de simplicité, il l'introduit dans toute phrase à laquelle on pourrait donner, en forçant beaucoup, queique relent de dualisme marcionite, ce qui lui vaut de ne plus rien comprendre au développement naturel des pensées de l'Épiître. Mais son fort, ce sont les arguments de « bon sens » par où il croit dévoiler, en plus d’une quantité de contradictions, l'impossibilité de concevoir au temps de Paul l'existence à Corinthe d’une vaste communauté; l'Apôtra n'avait pu y convertir qu'un groupe de familles, mettons, pour être larges, cent à deux cents personnes; toutes devaient ressembler à des enfants du catéchisme, qui savent bien toute leur doctrine par cœur. Dans ce cas on comprendrait, en effet, que la répartition des nombreux charismes du ch. x11, par exemple, et certains rappels aux principes élémentaires de la foi aient l'air de quelque chose de fictif, ou répondant à des circonstances bien plus tardives. Seulement, on croira avec moins de difficulté encore que, dans l'atmosphère très dualiste, mais sans doute assez peu aérée, de sacristie et de bibliothèque où se conservait « Delafosse », cet érudit avait perdu la notion de ce qui se passe sous Le grand ciel. Ainsi les mouvements spontanés de masses ne lui paraissaient plus possibles. La « multitudo ingens » des chrétiens massacrés à Rome, en 64%, au dire de Tacite, ne lui fait rien. À ce compte, il aurait fallu aussi rayer de l'histoire le Bouddha et Mahomet, sans parler des « Duce » et « Führer » qui opèrent sous nos yeux; car cela ne devrait pas rentrer dans sa conceplion de la vicet de l’histoire. Quant à son ingéniosité à découvrir des contradictions, elle n’est rien qu'une impuissance à saisir les situations humaines un peu complexes. Et c'est avec cet esprit él'iqué qu'il a mesuré les origines du christianisme, qu'il a mesuré Paul! Sur un ton guillcrel, il parle des « coq-à-l'âne » de notre Épitre; et son exégèse à lui, dans cette ignorance du monde divin et humain qu'elle révèlo sur un ton infaillible, nous fait penser Pret — pardon! lecteur, — à un chantre à sabots qui voudrait faire le coq. Notons
DSL plus instrui -ôlre de tbras- snurs \P ADNIER D A arlo Das s pins nsril peut être des « libres- penseurs » de l'entreprise Gouchoud ; (je ne savant séricux ct impartial dont le nom s’y cest égaré). — Mais voilà assez parlé d’un si Lriste cas de rélrécissement intellectuel, qui Louche presque à la tératologic, chez un historien des idées ct des mouvements religieux |