‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 74 sur 192 · LXXX ‘ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXX ‘ INTRODUCTION

Corinthiens ne fait-elle qu'une seule lettre, ou plusieurs? Ce problème ne touche pas à la doctrine ; quand même l'écrit serait composite, quand même des parties en seraient disposées dans un ordre qui ne fût pas le primitif, cela n'empêcheraïit pas, aux yeux des tenants de ces hypothèses (au moins de ceux-là avec qui nous allons discuter) leur authenticité paulinienne, ni, aux yeux des croyants, leur inspiration. Aussi j'espère bien que personne ne viendra nous reprocher de baser notre opinion sur des « préjugés dogmatiques », qui n'auraient rien à faire ici.

L' « intégrité » au sens strict, c’est-à-dire, pour chaque morceau pris en particulier, l'absence d'interpolations, de suppressions ou de retouches notables, a été respectée en général par les critiques de marque qui admettent l'authenticité paulinienne. Seul Vôülter (supra) a bâti une théorie d'interpolations et de remaniements doctrinaux, ne reconnaissant comme authentiques que

1, dut, 53 — 111, 1-9; 46-28; — 1v, 1-16; 18-21; — v, 1-2; G-13; — vrr, 1-6; 8-2h 53 — vrrr, 1-5a; Ga; 7-18; — 1x, 1-12; 14-31 ; — x1v, 2-38a ; 37-40 ; — xv, 1-6; 8-22; 29-31; 32b-44; 46-50; 53-55 ; 57-58; — xvr.

Nous ne nous occuperons guère de réfuter cette exégèse mutilante, basée sur des préventions historiques et doctrinales dont la plupart n'ont plus cours. Holsten, plus modéré, a cru découvrir des interpolations nombreuses, mais bien moins considérables ; le commentaire indiquera sur ce point ce qui est nécessaire. Enfin il y a les « interpolations catholicisantes » de J. Weiss, consistant en quelques bouts de phrase ou quelques mots, et qui d’ailleurs en général sont plutôt objet de soupçon que d'assertion ferme (v. supra); nous y reviendrons quand il faudra, et de même sur les « formules de transition » qu'un « rédacteur » aurait quelquelois créées pour‘ rabouter convenablement des morceaux hétérogènes qu’il aurait combinés à sa manière.

C’est en effet l’ordre actuel de notre Épiître qui a subi des critiques incisives de la part de J. Weiss et de plusieurs autres, et en même temps son unité; elle serait composée en fait de plusieurs lettres ou fragments de lettres, dont un rédacteur expert aurait su faire un tout assez suivi et présentable, sans avoir pu cependant égaliser toutes les rugosités, tous les heurts de mots ou de pensée qui décèleraient une diversité de provenance.

La raison de ces opinions est à chercher dans l'obscurité compliquée qui s'étend sur les rapports historiques de Paul avec l’église de Corinthe. Nous n’arrivons pas à savoir au juste, sans une enquête ardue, combien de voyages il a faits dans cette ville. Deux lettres canoniques aux Corinthiens nous ont été transmises; mais leur texte contient des allusions à d'autres, au moins à deux autres (voir I Cor., v, 9. suiv.; II Cor., n1, 4; vir, 8-suiv.). On peut donc bien se demander si ces dernières ne subsisteraient pas, en tout ou en partie, incorporées ou juxtaposées aux autres lettres où nous en trouvons la mention. Ainsi l'opinion d'un nombre imposant de critiques est que le morceau IT Cor. vi, 14vu, 1, à tout le moins, doit être détaché de son contexte actuel, et attribué à une première lettre écrite avant I Cor.

Plusieurs se sont évertués à faire cadrer ce qui nous reste des dictées de Paul avec toutes les circonstances changeantes de cette histoire mouvementée, dont chacun rétablit la marche à sa façon. Les deux êpiîtres canoniques ont été disséquées pour fournir des pièces correspondant exactement à chaque phase connue ou présumée des rapports de Paul avec Corinthe, Et ce travail à mené les auteurs

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