‹ Saint Paul, ses missionsChapitre 7 sur 46 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

que le trait capital, de développements qui déroutent et font oublier le point de départ. Appliquer à de telles œuvres nos règles d'analyse, y chercher un ordre méthodique , un juste équilibre des parties, est un soin aussi laborieux qu'inutile. L'unique moyen de les bien entendre est de les prendre pour ce qu'elles sont, la parole d'un hqpme de l'Orient recueillie telle qu'il l'improvisait ^ S. Paul en efTet, n'écrivait pas lui-même ; il dictait ses Épitres , et se contentait d'ajouter à la fin quelques mots : « Je vous salue ici de ma propre main , moi, Paul. C'est là mon seing dans toutes mes lettres ; j'écris ainsi : la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen 2 ! »

La lettre achevée , l'apôtre la relisait, sans regard aux fautes de style, aux phrases enchevêtrées ou brusquement rompues. Loin d'être choqué d'incessantes répétitions, il se plaisait à voir le même mot ramener et inculquer sa pensée maltresse; il relisait (îomme il dictait , trop plein du fond pour songer à la forme. Quelques notes jetées en naarge paraissent

i L'empreinte que les coutumes et le génie de i Orient ont mise aux Épitres de saint Paul est visible en de nombreux points, dans ces longues salutations, par exemple, qu'aujourd'hui encore les peuples de c«s régions placent, comme l'apôtre, en tôte et à la fin de leurs actes officiels, traités, lettres, etc.

3 II Tbess., m, 17, 18. Ce fut sans doute à partir du moment où circulèrent de fausses lettres attribuées à saint Paul (II Thess., 11, 2) que l'apôtre prit l'habitude d'apposer par quelques mots de sa main un sceau authentique aux Épitres qu'il envoyait.

Page 1