PRÉFACE. XIII
même des rationalistes'. On en trouvera le détail et la facile réfutation dans tous les traités d'exégèse.
L'authenticité de ces Épltres, mise hors de doute, est de conséquence pour notre récit , car si la suite des faits n'y apparaît pas comme dans les Actes, mieux qu'en ceux-ci le caractère de Paul s'y découvre au vif. Nous puisei:ons donc beaucoup dans les lettres de l'apôtre , sans les citer intégralement toutefois , certains passages ne pouvant être compris qu'à l'aide de commentaires qui ralentiraient l'histoire. Pour parer à de telles omissions, et mettre nos lecteurs en mesure d'y suppléer eux-mêmes, nous leur indiquerons ici quelques causes des obscurités qu'ils rencontreront en ces écrits.
La principale vient du génie même de l'apôtre , surabondant de fécondité, d'une fougue qui ne souffrait ni délai ni entraves. Sa pensée , aussi prompte que puissante , embrassait à la fois toutes les faces de la vérité , sans se borner à la principale. L*èfifort, pour exprimer l'idée dans cette plénitude , enfantait la phrase telle que nous la trouvons dans les Épltres, coupée, chargée d'incidentes qui ont le même relief
1 V. Renan, Saint Paul. Introduction, p. ▼ et vi. « Les difficultés que certains modernes ont soulevées contre elles sont de ces soupçons légers que le deroir de la critique est d'exprimer librement, mais sans s'y arrêter, quand de plus fortes raisons l'entraînent. Or, ces Épltres ont un caractère d'authenticité qui l'emporte sur toute autre considération. »