‹ Saint-Pierre de Saintes, cathédrale et insigne basilique. Histoire - documents - brefs - indulgenges - prièresChapitre 12 sur 52 · Raynaldi Annales Ecclesiastici , XVIII · texte numérisé non relu

Raynaldi Annales Ecclesiastici , XVIII

4. Raynaldi Annales Ecclesiastici, XIX , anno 1500, § 4. Voir dans le Bulletin religieux du diocèse de La Rochelle et de Saintes, 4e année, n» 15, page 173, 12 octobre 1867 , notre mémoire V Angélus A Saintes. — Il y a de dom Gerberon , bénédictin de Saint-Maur, une Dissertation sur C Angélus , imprimée à Paris , chez Josset , en 1675.

Vierge ; de là se répandit sur le monde cette nouvelle forme d'hommages à la Mère de Dieu 1 .

Tl serait trop long de rappeler tout ce qui se rattache de pieux et de saint à ces murs de notre église. Faut-il citer tous les personnages renommés qui s'agenouillèrent sur ses dalles ? Là vint en 1 096 célébrer la fête de Pâques Urbain II qui séjourna treize jours dans notreville2?et y consacra le dimanche suivant, 20 avril,, un autel dans l'église Saint-Eutrope 3 .

1. Chacun prêche un peu pour son saint. Wading, Annales des Frères mineurs, traduction de Gastet , tome II, p. 133, année 1269, dit ceci : « Saint Bonaventure... né à Assise... renouvela la constitution faite par notre séraphique Père de chanter chaque samedi une messe à l'honneur de la sainte Vierge; il y ajouta d'y faire sonner tous les soirs la cloche , pour la saluer pavYAve Maria, et d'exhorter le peuple à pratiquer cette dévotion , parce que, selon l'opinion commune des Docteurs , c'est le temps auquel elle receut l'ambassade de l'Ange; et ce qu'il ordonna à ce sujet a esté depuis receu dans toute l'Église. » 11 suffit de rappeler que saint Bonaventure naquit en 1221 , et que saint François, né en 1182, ne fonda les Frères Mineurs qu'en 1208. Or, Urbain II avait « en l'an mil nouante cinq ordonné qu'on sonnât trois coups de cloche au soir et au matin ».

2. Urbain II , venant de Tours , Poitiers et Saint-Maixent , était le 7 avril à Saint-Jean d'Angély. Le mardi ou mercredi saint, il se rendit à Saintes pour y passer la fête de Pâques qui tombait cette année-là le 13 avril. Le 1er mai suivant, on le trouve à Bordeaux.

3. « His temporibus monachi Cluniacenses, qui ab aliquot annis vetustum sancti Eutropii monasterium Santonense incolebant, et

Là vinrent les ducs d'Aquitaine, fondateurs, bienfaiteurs de tant de monastères et d'églises de nos contrées; Richard, fils du roi d'Angleterre Henri II, y passa la Noël de 1 1 78 ; là vinrent les rois de France Pépin 1 et Charlemagne, Louis VII et Louis VIII, Philippe Auguste et Louis XI, Charles VII et Charles IX, Louis XIII et Louis XIV, et bien d'autres. Le saint roi Louis IX y remercia Dieu de sa victoire de

renovarant crytam in quâ sancti martyris reliquise continebantur cum duobus altaribus, quare praeclaram hanc nacti occasionem , pontificem adierunt eumque rogarunt ut unum saltem ex his altaribus propria manu consecrare non dedignaretur. Quarum petitioni ille annuit , relictà alterius allai is consecratione Ramnulfo episcopo diœcesano. Hoc autem factum fuisse Dominicâ in Albis legitur. » Dom Ruinart , Vita B. Urbani II , apud Migne , Patrolog., cli, page 205. — C'est au 14 octobre 1096 , six mois après , qu'eut lieu la troisième translation du corps de saint Eutrope. Vers 1063 avait eu lieu la seconde. La première avait été faite par saint Pallais au vie siècle. La quatrième est du 14 octobre 1845.

1. « Rex Pipinus ad Sanctonicam civitatem contendit.... Cum ad urbem venisset, mater et soror nepotesque Waifarii ducis ad conspectum eius adducta sunt... Assumptaque secum uxore ac familia iterumad urbem Sanctonicam venit.... Confectoque ut sibi \idebatur Aquitanico bello , Santonas reversus est. Gumque ibi aliquantulum temporis moraretur , agritudine decubuit. » Eginhard. Annales regum Francorum Pipini, Carolimagni, anno 768, apud André Du Chesne , Historiœ Francorum scriptores , II, page 237, ou bien page 27, et 136.

Taillebourg 1 . Sous ces voûtes se sont tenus d'importants conciles provinciaux en 563, 579, 1080, 1 083, 1 089 et 1 096 2, dont les trois derniers furent présidés par des légats, puis en 1280, 1282 et 1298, sans compter les synodes diocésains dont nous avons parlé.

Ce n'est donc pas seulement par ses proportions grandioses, par sa tour colossale, par les richesses de son architecture, par les magnificences de son portail, ce n'est pas seulement par l'éclat de ses pontifes et des saints du diocèse que brille la cathédrale de Saintes 3. Ses murs sont saints qui ont vu passer tant de générations de saints ; ses voûtes sont saintes qui

1 . Entrées royales à Saintes , mémoire lu à la Sorbonne en 4869, et encore inédit.

2. C'est dans ce concile de 4 096 que fut ordonné le jeune des vigiles des fêtes des Apôtres. « Sanctonas fuit concilium ubi imperatum est omnibus vigiliis Apostolorum jejunare anno 1096.» Labbe, Nov. Bib., II, 214.

3. Voici les édifices religieux qui existaient à Saintes avant le passage des calvinistes : Saint-Pierre qui comptait deux églises distinctes, la cathédrale et la paroisse ; Saint-Eutrope formant aussi deux églises, celle du prieuré et celle de la paroisse ; Saint- Macoult; Saint-Maurice; Saint-Vivien ; Saint-Saloine; Saint-Pallais, église abbatiale et église paroissiale; Sainte-Colombe; Saint- Michel; Notre-Dame du Puy ou Saint-Maur ; Saint-Frion, bénéfice à la nomination de l'évêque et dont le titulaire en 1570 était Jehan Vincent, chanoine, « curé de Saint-Frion de Saintes », qui, le 25 octobre, ar rente un mas de terre à François Sanxay Mc apo-

ont vu prier tant de pieux et illustres personnages ; ses chapelles sont saintes, dédiées à la Vierge et aux Apôtres; ses autels sont saints où reposent tant de reliques ; son sol est saint où dorment tant de chrétiens fidèles et de pontifes vénérables, où gisent les ossements des martyrs; son pavé est saint, inondé du sang des victimes de l'hérésie 1 . Elle occupe certainement une place à part parmi les églises, et mérite

thicaire; Notre-Dame-du-Château, dont le curé, en 1516 , était nommé parl'évêque; les Jacobins. N'oublionspasla paroisse Saint- Aignan qui s'était élevée sur le rocher, à main gauche (en sortant de la ville) des portes Evesque et Saint-Louis, là où est aujourd'hui l'hôpital. Une tradition, certainement erronée, racontait que saint Aignan, évêque d'Orléans,auraitété enseveli par saint Trojan, Chron. Franc, p. 98. Au commencement du XVIIe siècle, on eut les Carmélites, les Gordeliers, les Pères de la Mission, puis les Sainte- Glaire, les Jésuites, les Récollets, la Chapelle du pont, les Notre- Dame, les Frères de la Charité, l'hôpital Saint-Louis, d'autres peutêtre. Il y a encore maintenant treize églises ou chapelles : Saint- Pierre , Saint-Eutrope , Saint-Pallais , l'hôpital Saint-Louis et l'hôpital de la Marine, Sainte-Colombe, les Lazaristes, le Collège, les Sœurs de l'Espérance, la Sainte-Enfance , Chavagnes et la Providence.

4. Le nom de Saintes pourrait même prêter à un jeu de mots; ce ne serait pas la première fois. Tel est par exemple le pentamètre latin dans le goût du XVIe siècle, qu'on a pu lire au-dessous des armes de la ville :

XANTONES A XANTHO NOMINA SANCTA TENENT.

Ajoutons que chaque quartier de la vieille cité porte un nom de saint : Saint-Pierre, Saint-Eutrope, Saint- Vivien, Saint-Pallais.

bien la distinction singulière qu'elle vient d'obtenir.

Aussi les révolutions ont eu beau essayer de la détruire ou de lui arracher quelque chose de sa splendeur; on a bien pu lui enlever son évêque; il n'a pas été possible de lui ôter définitivement son titre de cathédrale 1 ; on ne lui ôtera pas davantage ses souvenirs glorieux, son illustration multiple , le respect qu'elle inspire à toute la contrée, la vénération dont elle est l'objet, l'honneur qui rejaillit sur elle de ses pontifes et de ses martyrs 2 . Elle restera pour tous les Saintongeais , pour les habitants de la ville de Maintes en particulier , héritiers de la foi et de la charité antiques , l'église mère de la contrée , le temple qu'ils aiment à voir magnifiquement orné, et peuplé d'un nombreux clergé, le lieu où ont prié et où reposent leurs pères.

1. L'évêché de Saintes fut supprimé en 1790. Le litre, sur la demandede Mgr Clément Villecourt,parl'intermédiairedeM.deRayneval, ambassadeur à Rome, et sur la recommandation de Louis- Napoléon Bonaparte, président de République, fut relevé par Pie IX dans un Bref du 22 janvier 1852, qui fut enregistré au Conseil d'État le 7 juillet, et bientôt suivi d'un décret conforme du 9 août.

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