‹ Saint-Pierre de Saintes, cathédrale et insigne basilique. Histoire - documents - brefs - indulgenges - prièresChapitre 13 sur 52 · LISTE DES CURÉS DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

LISTE DES CURÉS DE SAINT-PIERRE

( Voir page 157 , note 2).

Saint-Pierre paroisse était distinct de Saint-Pierre cathédrale, comme cela doit être d'après les règles liturgiques. La paroisse était attenante à la cathédrale, et située où habite actuellement M. le docteur Turner, dont la maison se compose en partie de cette ancienne église. Tous les baptêmes de la ville, c'est-à-dire ceux des paroisses intra muros, Saint-Michel, Sainte-Colombe, Saint-Maur, qui étaient des espèces d'annexés de Saint-Pierre, se faisaient à Saint-Pierre; les mariages et les enterrements avaient lieu dans chaque paroisse. Le curé, malgré cette sorte de primauté de Saint-Pierre, n'était guère qu'un vicaire du Chapitre. La cure de Saint-Pierre était un stage pour arriver à une stalle.

Nous prenons les dates extrêmes des fonctions curiales exercées :

de 1700 au 3 février 1710. Deleglize.

du 6 mars 1710 au 25 juin 1713. Pierre de la Jaunye.

5 novembre 1713 au 48 avril 1716. Daviaud.

29 mai 1716 au 12 septembre 1732. Labeirier.

26 novembre 1732 au 7 juin 1733. Verdier.

du 11 juin 1733 au 17 novembre 1737. Christophe Metreau.

9 janvier 1741 au 14 février 1741. Cothu.

26 février 1741 au 30 septembre 1759. Barbot.

18 février 1760 au 16 janvier 1762. Brunet.

12 avril 1762 au 5 mai 1762. Dupuy.

8 juin 1762 au 9 décembre 1768. Pierre-Louis Begole, chanoine en 1768, mort à Saintes le 24 mai 1791, âgé de 67 ans, enterré le 25 par Jean-Claude Delataste, vicaire épiscopal.

17 décembre 1768 au 28 décembre 1777. Joseph Gémit de Luscan, chanoine en 1777, prêta en 1791 le serment à la constitution civile du clergé et se retira dans sa famille.

7 janvier 1778 au 22 février 1784. Marghal, chanoine en 1784, déporté en Espagne à l'époque de la Révolution pour refus de serment.

24 octobre 1784 au 30 avril 1785. Godreau.

23 juin 1786 au 11 avril 1791. De la Croix de Saint- Cyprien était de la famille des Lacroix du Repaire, de Besne, de Jauvelle et de Saint-Cyprien , fut présent aux États provinciaux de Saintonge en 1788. Voir aux États provinciaux de Saintonge, page 99.

Alors le clergé constitutionnel , seul légalement reconnu, prend possession officiellement « de l'église cathédrale paroissiale » de Saint-Pierre. C'est la période du schisme. Voici quelques-uns de ceux qui firent alors les fonctions de curé :

Du 18 avril 1791 au 26 novembre 1792. Isaac-Étienne Robinet, né à Saint-Jean-d'Angély le 28 novembre 1731, nommé en 1777 curé de Saint-Savinien, par l'abbé de

Bassac, Green de Saint-Marsault, élu le 28 février 1791 évêque de la Charente-Inférieure par 212 voix sur 800 électeurs, sacré à Paris le 20 mars, par Pévêque de l'Eure, Robert-Thomas Lindet, conventionnel et régicide, accompagné de l'évêque des Landes Jean-Baptiste Saurine et celui de Loir-et-Cher Henri Grégoire ; mort à Torxé, canton de Tonnay-Boutonne. On trouvera dans la biographie de Mgr de la Rochefoucauld toutes les pièces qui concernent ce piteux personnage, procès-verbaux d'élection et de sacre, mandements, discours, lettres. Elles serviront à rectifier bien des bévues commises à son sujet par les historiens locaux, Briand, Massiou et autres, pour ne citer que les morts.

Le premier acte du pasteur intrus fut un enterrement; il signe « f j. e. Robinet^ ev. du dép. de Chte-inf. » Il fut secondé comme curé de la paroisse de Saint-Pierre, à la quelle on avait réuni Saint-Maur, Saint-Michel et Sainte- Colombe, par ses vicaires épiscopaux : Henri Benjamin Chasseriau, ex-curé de Saint-Michel ; Gounia , ex-curé de Crazannes; Joseph Martineau, vicaire de Saint-Eutrope ; Huon, ex-curé de Juicq ; Chaudon; Delataste, ex vicaire de Saint-Savinien ; Pierre Dalidet, supérieur du séminaire; Arnout, directeur du séminaire; Alexis Gastumeau, ancien chanoine de la Rochelle ; Fournier, ancien bénéficier ; Rampnoulx, vicaire directeur; Martin, Despretz, Jean-Baptiste Forget, dont le fils fut un remarquable professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg; Bousseron, vicaire directeur : tous personnages pour lesquels nous renvoyons à la vie de Mgr de La Rochefoucauld. A partir de la tin de novembre 1792, les documents nous font défaut.

La période de persécution nous donne quelques noms

seulement. Baptiser ou marier était un crime qu'on expiait sur l'échafaud , ou sur les pontons de Rochefort, pires que l'échafaud. Ces actes n'étaient pas toujours consignés par écrit, et surtout ne nous sont point parvenus. Nous ne citerons donc que les prêtres dont les noms nous sont révélés par des pièces authentiques, sachant que nous en oublions un très-grand nombre. Il est bien entendu qu'il n'y a point de curé titulaire. Tout ecclésiastique baptise, marie, confesse, communie « en chambre », selon l'expression consacrée.

1795, 15 avril. Antoine Ducroux. C'était un prêtre du département de l'Allier qui revenait du terrible vaisseau les Deux-Associés de l'île Madame, et avait été chanoine semi-prébendé de la collégiale de Notre-Dame de Moulins. Pendant ce temps, un de ses compatriotes, compagnon de ses souffrances, Jean-François Deschamps de Bisseret, chanoine de Saint-Just de Lyon, né à Lavaux-Sainte-Anne près de Montluçon, faisait, caché au château de Vénérand , les fonctions de son ministère pour les paroisses de Vénérani, La Chapelle-des-Pots, Fontcouverte, Ecoyeux, le Douhet.

1795, 21 septembre. Joseph Loys, dit le P. Loys, né en 1726, à Poligny (Jura), cordelier, « gardien des mineurs conventuels de Saintes », mort à Saintes le 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Il signe « prêtre insermenté » sur l'acte de baptême de Mathieu Drilhon, fils de Jean, procureur au sénéchal de Saintes et de Marie Coffre, au bas duquel acte Texier, ancien curé de d'Echebrune depuis 1773, alors vicaire général de la Rochelle à Saintes, a écrit : « Je soussigné certifie que la signature Loys ci -dessus est celle de défunt père Loys, cordelier,

qui a exercé le ministère à la satisfaction des vrais catholiques; je l'ai connu en cette même ville depuis la révolution et l'ai assisté à sa mort arrivée depuis mon retour d'Espagne, et j'assure que foi doit être ajoutée. >> Le P. Loys avait continué l'histoire de la maison de Bremond d'Ars commencée par Léon de Beaumont, évêque de Saintes.

1795 à 1802. Monnoir, prêtre, curé de l'hôpital de Pons. Le 2 avril 1796, il écrit : « Je soussigné reclus dans la maison des Filles de Notre-Dame.... en présence de Charles-Louis Domain et Jean-Joseph Mènpontet, bénédictins, témoins, qui ont signé.... »

1797, du 26 février au 16 septembre. Pierre Capelle, prêtre, chartreux; — du 27 juillet au 4 mai 1800, F. Michel Ploquin, « capucin, prêtre catholique, » appelé le P. Michel, qui mourut subitement à Vénérand; — du 3 avril au 17 juin : Dohet de Saint-Georges , prêtre catholique.

1800, Louis-Augustin Hardy; — Ducourneau, « prêtre catholique », qui demeurait à Luchat; — du 18 juillet au 10 août : Double, prêtre; — 29 décembre, Berny, prêtre et curé de Saint-Dizant de Cosnac depuis 1761.

1801, 14 février au 18 janvier 1803 : Simon Heraud, prêtre, curé de Givrezac depuis 1781 ; — puis Jean-Baptiste Gillet; Gabriel Fraisseix et Barthélémy, prêtres.

1802, Pierre Courtaud, appelé le P. Dominique, récollet, né à Limoges en 1729, mort à Saintes le 29 octobre 1810. En 1776, il était au couvent des Récollets de Saint- Georges en l'île d'Oleron. 11 resta à Saintes pendant toute la Terreur, sans même quitter son froc de Franciscain ; — Philippe Durouzeau , prêtre; — 25 juillet,

Pierre-Paul Astre, prêtre, mort vicaire de Saint-Vivien et pensionné du gouvernement, le 12 février 1848; le 13 février, il signe « desservant de la paroisse de Saint- Pierre ».

CURÉS-ARCHIPRÊTRES.

1803. Louis-Augustin Hardy, né à Taillebourg en 1727, frère de Modeste Hardy, récollet , prieur de Montboyer, de Charles-Augustin Hardy, célèbre prédicateur, récollet sous le nom de P. Martial, et de Jacques Hardy, nommé, le 18 décembre 1772, maire de Cognac par le duc de la Vauguyon et second juge au tribunal de Saintes par le premier consul (24 floréal an VIII) , fut principal du collège de Saintes, chapelain en 1778 des Daunis en la paroisse de Saint-Nazaire, vicaire général. Les extraits suivants de la correspondance secrète du commissaire du directoire exécutif près l'administration centrale du département de la Charente-Inférieure donneront une idée du rôle joué pendant la Révolution par Augustin Hardy. « Au ministre de la police générale. Saintes , 27 brumaire an V (17 novembre 1797) ...Malheureusement, citoyen Ministre, le plus dangereux des prêtres de ce département, et celui qui a provoqué la rétractation de la plupart de ses confrères, le nommé Hardy, que je vous ai déjà signalé plusieurs fois , se trouve, comme sexagénaire , compris dans les exceptions portées par votre lettre , et je crains fort qu'il n'abuse de la faculté qui lui est accordée de rester dans la commune de Saintes pour continuer à en fanatiser les habitants, qui ne sont que trop disposés à se laisser influencer par les hommes de cette espèce. Au reste, citoyen Ministre, j'ai

la satisfaction de vous annoncer que la plus parfaite tranquillité règne dans ce département, que l'esprit public s'améliore.... » — Le même au même , 16 brumaire an VI : « J'ai reçu avec votre dépêche du 4 de ce mois ampliation d'un arrêté du directoire exécutif du 28 brumaire dernier, portant que le prêtre Hardy, exprincipal du collège de Saintes, sera arrêté et déporté. J'ai de suite requis le capitaine commandant la gendarmerie nationale dans ce département de mettre à exécution l'arrêté du directoire exécutif. Je vous adresse cy inclus copie de ma réquisition et de la réponse de cet officier, de laquelle il résulte que, malgré les recherches qu'on a faites , il n'a pas été possible de le découvrir. On croit que ce prêtre dangereux est sorti de ce département , et peut-être de la République ; mais comme il importe de l'empêcher d'y séjourner ou d'y rentrer, j'ai chargé le commissaire exécutif près l'administration municipale de la commune de Saintes, lieu de sa résidence habituelle , de requérir l'inscription de son nom sur la liste des émigrés , en se conformant aux dispositions de la loi du 25 brumaire. Je vous prie , citoyen Ministre , de me faire connaître si vous approuvez cette mesure ; la liste sur laquelle cet individu sera inscrit ne sera définitivement arrêtée par l'administration centrale que lorsque vous m'aurez fait connaître vos intentions à ce sujet. « — Le même au même , 5 floréal an VI (24 avril 1799) : « Citoyen Ministre, par votre lettre du 29 ventôse dernier, vous me chargez de vous indiquer quels sont les hommes qui , à l'époque désastreuse de la réaction royale et sacerdotale , ont, par leurs actions et leurs discours, manifesté leur haine

pour la République et les républicains. Je pense que ce sont principalement les chefs du parti royaliste que ce gouvernement a intérêt de connaître et de surveiller, et non une foule de gens égarés , qui n'ont été que les instruments aveugles de la perfidie de ceux qui les dirigeaient. C'est donc sur les premiers que je vais fixer votre attention. Les attentats qui paraissent devoir être plus particulièrement attribués au fanatisme, tels que ceux qui ont été commis dans les communes de Çercloux, Gandé et autres, étaient sans doute le fruit des menées du prêtre Hardy , ex-principal du collège de Saintes, se disant fondé des pouvoirs du pape, et exerçant dans ce département une autorité sans borne sur l'esprit de ses sectateurs. Sur la demande de l'administration centrale , ce prêtre séditieux a été condamné à la déportation par arrêté du directoire exécutif. C'est principalement à Saintes que résidaient les agents de Louis XVIII et les ennemis les plus acharnés de la République et des républicains. C'est dans cette commune qu'une jeunesse égarée, armée de sabres et de pistolets, accablait journellement les républicains d'injures et de menaces, et semblait n'attendre que l'ordre de ses chefs pour exécuter les massacres auxquels ils préludaient par le chant homicide du réveil du peuple. Les chefs de ces rassemblements séditieux étaient Mollet jeune, juge du tribunal civil du département ; Laporte, ex-comédien, défenseur officieux du tribunal criminel; les Bonnaux fils, ditMongaugé, ex-nobles; Courbon, id.; Compagnon fils, ditTésac, ex-privilégié; Mathey, ex-garde du dernier roi des Français ; Brûlé, médecin, alors président de l'administration municipale de Saintes, qui prononça, le 10

thermidor an V,dans une fête publique, un discours à la suite duquel un nombreux attroupement se porta chez les citoyens connus par leur attachement à la République et les accabla d'outrages... » — L'abbé Hardy eut pour vicaires, à Saint-Pierre, Jeanneau ; D. Laverny, prédicateur distingué, mort chanoine de la Rochelle, neveu du curé de Guittinières, Denis-Gaspard Laverny, qui avait émigré en Espagne ; et Sigisbert de Rupt qui lui succéda. Il est mort à Saintes, le 9 août 1807. 1806-1819. Sigisbert de Rupt, né à Heudicourt (Meuse) en 1743, venu en 1767 à Saintes comme professeur de rhétorique, puis principal du collège après l'abbé Hardy ; chapelain de Saint-Nicolas de l'hôpital à Pons en 1783 ; est qualifié, le 2 juin 1806, « prêtre coadjuteur de l'église paroissiale de Saint-Pierre », sur l'acte de baptême de Marie- Joseph-Luc-Sigisbert de Laage , dont il était parrain; le 18 février 1807, il est appelé « administrateur-curé », et signe cependant encore « vicaire ». Il commence à signer « curé » en décembre 1807. Son dernier acte est du 5 janvier 1819. Il mourut le 19 janvier de cette année. C'est lui qui fonda la communauté de Sainte-Marie de la Providence, pour l'éducation des jeunes filles.

1819-1855. Pierre-François-Etienne Réveillaud, né à Saint- Fort en 1758, vicaire de Barbezieux, curé de Saint-Fort de Cosnac en 1788, émigré en Espagne, puis de nouveau curé de Saint-Fort, signe le premier acte le 5 avril 1819; mort le 21 mars 1855. C'est sous lui que Saint-Pierre reprit son titre de cathédrale.

1855. Léon Bonnet, né à Marignac, canton de Pons, août 1807, vicaire de Saint-Pierre le 1er janvier 1832 ; curé-

archi prêtre de la cathédrale de Saint-Pierre, en avril 1855 ; ajoutons maintenant : et de l'insigne basili iue de Saint-Pierre :

Puisse cette liste être close pour longtemps !

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