‹ Saint-Pierre de Saintes, cathédrale et insigne basilique. Histoire - documents - brefs - indulgenges - prièresChapitre 18 sur 52 · LE DERNIER JOUR DU CHAPITRE · texte numérisé non relu

LE DERNIER JOUR DU CHAPITRE

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Le nombre des chanoines a varié. Il a même été un instant de quarante-deux. Au moment de la constitution civile du clergé qui le supprimait , le Chapitre comptait vingt-deux chanoines, plus cinq dignitaires, sans compter quatre demi-prébendes et deux vicaires. Les cinq dignitaires étaient :

Le doyen, Pierre-Léonard Delaage (1772), prêtre, écuyer, seigneur du Douhet , docteur en théologie de la Faculté de J'aris, abbé de Bellefontaine et vicaire général . mort émigré en Espagne (la date qui suit le nom marque la nomination de chanoine) ;

L'archidiacre de Saintonge, Jean-Louis-André de Luchet de Lamotte (1751), abbé de Masdion, vicaire général, déporté en Allemagne, où il devint aumônier de Mme de Tessé. Il était né à Saintes le 30 novembre 1731 ;

L'archidiacre d'Aunis, Augustin-Alexis Taillet (1787) , prêtre du diocèse de Rouen, l'ami, le condisciple, le vicaire général de Pierre-Louis de La Rochefoucauld , auteur de plusieurs écrits, émigré en Espagne ;

Le grand-chantre, Pierre-Raphaël Joubert de Douzan-

ville (1761), abbé de Saint-Sauveur de Lodève, vicairegénéral , décédé en Espagne ;

Le théologal et maître-école (grand-écolâtre) , Jean- Pierre Croisier (1760), vicaire général de Valence et de Saintes, mort en Espagne.

Les simples chanoines étaient :

Charles-Marc-Antoine d'Aiguières (1754), licencié en théologie, né à Saintes le Tr janvier 1715, tils de Louis d'Aiguières, écer, seigneur des Razes,et d'Anne de Courbon;

Félix-Maximilien d'Aiguillon (14 octobre 1781), exilé en Espagne ;

Pierre-Louis Begole (1768), ancien curé de Saint-Pierre, mort à Saintes en 1791 ;

Louis Capdevielle (1762), mort à Saintes, dit-on ;

Glosse, qui fit le serment à la constitution civile du clergé ;

Thomas Bourdeille (1772), né à Saintes, mort en réclusion aux Carmélites de Saintes, le 5 vendémiaire an III (24 septembre 1794);

Jean-François Dudon (1764), exilé en Espagne;

Pierre Dangibeaud (1777) , incarcéré pendant la Terreur ;

Michel-Dominique de Luchet de Lamotte (1769), né à Saintes le 4 août 1734, mort à Rochefort sur les Deux- Associés, le 20 août 1792, enterré à l'Ile-Madame ;

Jean de Luchet de la Rochecorail (1773), frère du précédent et de l'archidiacre de Saintonge, forcé d'aller en Espagne ;

Louis Mossion de Lagontrie (1731), emprisonné pendant la Révolution ;

Jean-Mathieu Delord (1777), vicaire général, chassé en

Espagne, à Calahorre. Louis XV, en vertu du droit de joyeux avènement, avait, dès le 22 août 1774, présenté au Chapitre « Jean-Mathieu Delord, prêtre du diocèse de Paris, vicaire général et officiai de Saintes», pour être «pourvu de la première chanoinie ou prébende qui viendrait cyaprès à vaquer »;

Paul-Paroche Dufresne (1782), syndic du clergé de Saintonge, qui, ayant fait le serment de liberté-égalité, vécut tranquillement dans sa famille ;

Pierre-Gabriel Grellet du Peyrat, de Limoges (1772), qui prêta le serment de liberté-égalité et sauva sa vie ;

Elie-François-Dominique Castin de Guérin de la Magdeleine (1731), vicaire général, abbé de Saint-Étiennede- Vaux depuis 1788, fusillé à Quiberon ;

Joseph Gémit de Luscan (1777), ancien curé de Saint- Pierre, jureur ;

Claude-Furcy-André Legrix (1780) , ancien vicaire de La Rochelle, qui passa en Angleterre, puis en Espagne ;

Jean-Pierre Pichon (1762), deux fois enfermé comme prêtre réfractaire, puis chargé de l'administration du diocèse; il avait plusieurs frères prêtres et sœurs religieuses, tous enfants de Pierre Pichon, seigneur de Saint-Thomas, et d'Ausone- Marie Meneau , petits- enfants de Josué Pichon, écuyer, sieur de Lagord, conseiller du roi et son procureur en l'Élection. Citons entre autres : Jean-Joseph Pichon, prêtre, mort à Saintes, âgé de 88 ans , le 25 ventôse an X ; Marguerite Pichon, religieuse, née à Saintes, où elle mourut, à 85 ans, le 9 ventôse an X; Jean-Joseph Pichon, jésuite, né à Saintes le 19 novembre 1715, mort en réclusion aux Carmélites , à 79 ans , le 1er frimaire an III; Jean-François, né le 22 juillet 1714 ; Josué-Jean-

Baptiste, né le 24 juin 1713, etc. Lui était né et avait été baptisé le 27 août 1727, ayant pour parrain et marraine ses frère et sœur Jean-François et Marie-Marguerite Pichon.

Marchai (1784), ancien curé de Saint-Pierre, contraint de fuir en Espagne ;

Joseph du Clieyron du Pavillon (1782), né à Périgueux le 1er mars 1740, vicaire général, déporté à Rochefort , mort à Périgueux le 7 novembre 1823 ;

Charles de Raynaldi (1782), né en 1751 à Villefranche, en Rouergue, conduit au fort du Hâ, à Bordeaux, pour être envoyé à Ciyenne, mort le 12 novembre 1794 avant l'embarquement ;

René-Antoine de Saint-Légier de Boisrond d'Orignac (1780), exilé en Espagne, mort curé de Jonzac.

Les semi-prébendés étaient : D. Simpé; Jean Maurin,uéà Saintes, déporté à l'île de Ré, le 6 novembre 1793; D. Graviers, qui fut deux fois incarcéré; Jean Chevalot,deTroyes en Champagne, aussi deux fois mis en prison, mort à Saintes, âgé de 80 ans, le 20 frimaire an XIII.

Les deux vicaires du Chapitre étaient Raymond Segons, qui jura, et Girard, qui préféra l'exil en Espagne au parjure.

On voit que le Chapitre de Saintes paya sa large part à la persécution. Du reste, pour beaucoup de ces noms, on pourra consulter les Etats provinciaux de Saintonge, où la plupart de ces personnages figurent, et aussi, quand elle aura paru, la Vie de Mgr de la Rochefoucauld. C'est à ce dernier ouvrage que nous empruntons les pages suivantes sur les derniers moments de ce grand corps sacerdotal :

Le décret du 12 juillet 1790, devenu par la sanction

royale loi du 24 août, supprimait l'évêché de la Rochelle ; il supprimait aussi le Chapitre de Saintes. Toutefois les chanoines de Saint-Pierre avaient continué de prier Dieu matin et soir. Cela ne pouvait durer. Le 18 novembre, le directoire du district, qui avait pour président Guillaud de Sercé, « cultivateur de Montpellier », s'assemble. Et, considérant que, quoique le décret de l'Assemblée nationale sur la constitution civile du clergé du 12 juillet dernier, sanctionné par le roy le 24 août suivant, ait été publié et affiché dans l'étendue de ce département dès le 15 octobre, et que l'art. 20 du titre 1er éteigne et supprime toutes dignités, canonicats, prébendes, demi-prébendes, néanmoins les ci-devant chanoines, composant l'ancien Chapitre de cette ville, n'ont cessé depuis ce temps de continuer leurs exercices ordinaires dans le même coutume ; et que c'est là un mépris formel de la loi que les corps administratifs, à qui l'exécution en est confiée, ne peuvent tolérer sans se rendre coupables de la négligence la plus punissable » ; il arrête : « Ouï le procureur syndic, que, comme cette infraction à la loi de la part de ces ecclésiastiques peut provenir de ce qu'ils ont pensé peut-être que le décret de l'exécution duquel il s'agit devait leur être notifié officiellement pour qu'ils fussent dans le cas de cesser leurs fonctions, il convenait, avant d'employer aucune voie de rigueur pour mettre cette loi à exécution, de la dénoncer officiellement audit Chapitre. »

Aussitôt le directoire écrit au Chapitre, « en la personne de son ci-devant syndic », d'avoir à convoquer les chanoines pour le lendemain. En effet, Eschassériaux et Dubois, avec le procureur syndic Dupinier et le secrétaire Godet, leur notifient le décret qui les supprime. Dubois

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