‹ Saint-Pierre de Saintes, cathédrale et insigne basilique. Histoire - documents - brefs - indulgenges - prièresChapitre 19 sur 52 · HO · texte numérisé non relu

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ajoute que le Chapitre désormais éteint et supprimé ne devait plus faire corps ni s'assembler capitulairement. Le doyen répond qu'institué par le concours des deux puissances, spirituelle et temporelle, pour s'acquitter de la prière publique, le Chapitre ne peut se regarder comme supprimé par l'une d'elles seulement : il ne reconnaissait pas les décrets qui l'obligeaient à cesser l'office ; et son intention était de le continuer aussi longtemps qu'il serait possible. Les commissaires répliquent qu'avant d'accorder cette tolérance, ils vont en référer à l'administration supérieure. Et pendant qu'ils s'enquièrent, le Chapitre, prévoyant le jour où, ne se réunissant plus capitulairement, il ne pourrait exercer la juridiction épiscopale que de temps immémorial il a sur plusieurs paroisses, arrête qu'il en remettra provisoirement l'exercice entre les mains de Mgr de la Rochefoucauld. Les vicaires généraux acceptent au nom de l'évêque. C'est le morituri te salutant.

Les commissaires reviennent. Le directoire consent à la demande, sous la condition que les offices se feront sans camail, sans chape, sans aumusse. Le doyen ajouta qu'il acceptait, si on l'exigeait absolument; mais il n'entendait pas que cette marque de condescendance pût faire croire que le Chapitre adhérait à sa suppression. Après vêpres, nouvelle visite des commissaires. MM. du département acquiescent au désir des chanoines, sans exiger qu'ils reconnaissent par écrit leur suppression. Mais les offices ne seront célébrés qu'en surplis et bonnet carré! Beau sujet de délibération pour un corps administratif que l'aumusse d'un chanoine ! Delaage voulut faire insérer au procèsverbal la réponse faite que le Chapitre ne se regardait

point comme supprimé. Refus des commissaires. Ils offrent d'inscrire que le Chapitre n'a rien répondu. Les chanoines refusent à leur tour. Il fut convenu que le doyen écrirait lui-même les réponses, ce qui eut lieu. Et les commissaires allèrent rendre compte de leur mission.

Mais, avant de se séparer, les chanoines présents, sauf trois, signèrent une protestation rédigée le matin. Les absents y adhérèrent ensuite, à l'exception de deux. La pièce fut bientôt rendue publique : « Les doyen, dignitaires et chanoines de l'Église de Saintes, fidèles aux principes religieux qu'ils ont toujours annoncés et pratiqués, céderont aux circonstances impérieuses dans lesquelles ils se trouvent. Mais, avant de se séparer, ils se croient autorisés à faire de fortes et de justes représentations sur le coup qui les frappe. En conséquence, ils ont arrêté de faire la déclaration suivante... » C'est tout ce que j'ai pu avoir de cette protestation. Mais l'article suivant du Journal patriotique de Saintes la fera suffisamment connaître. Il est du reste à citer comme échantillon de la polémique religieuse d'alors, qui est un peu celle d'aujourd'hui: « Je ne souillerai pas un journal patriotique par la publication des sophismes dangereux dont elle fourmille. Le style, quoique ferme et vigoureux, n'offre qu'un réchauffé des maximes prétendues canoniques de la déclaration des cidevant chanoines comtes de Lyon, arrangées avec des variantes ascétiques par le pieux abbé T...1 Le ci-devant Chapitre de Saintes veut rendre ses derniers moments

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