ET DES INDULGENCES QUI Y SONT ATTACHÉES
Une des choses qui sont tout à fait propres à la trèssainte Basilique patriarcale du Vaticaii est la dévotion désignée sous le nom des Sept Autels, lesquels, enrichis d'indulgences spéciales, ont coutume d'être visités par les fidèles désireux de les gagner. On ne peut connaître exactement l'origine de cette dévotion. Il est tout à fait impossible de ne pas la considérer comme très-ancienne, puisqu'on trouve des vestiges des Sept Autels, dans les sept autels que l'empereur Constantin fit , de préférence aux autres, revêtir de beaucoup d'argent dans la Basilique Vaticane dès qu'elle fut construite ; ou bien dans ces sept autels que le diacre Jean, auteur du ixe siècle, assure être ornés à certains jours avec plus d'éclat que les autels
ne l'étaient le samedi saint ; ou encore dans les autels qui étaient encensés par le Pontife romain, chaque fois qu'il officiait solennellement à Saint-Pierre.
Un très-ancien parchemin du xivu siècle, conservé dans le monastère de Saint-Gall,en Suisse, lu et transcritdans le dernier siècle par un savant personnage, le cardinal Joseph Garampi, antérieurement chanoine de la Basilique Vaticane, parle clairement des Sept Autels de cette même Basilique, et les dit enrichis de grâces et d'indulgences particulières , comme ayant été consacrés par les Souverains Pontifes. Un auteur du xvi8 siècle a écrit que, parmi les autels de la vénérable Basilique de Saint-Pierre, sept l'emportèrent sur les autres pour être dotés de grâces et de privilèges bien grands ; et en signe de respect ils étaient entourés d'une balustrade de bronze doré, devant laquelle étaient suspendues des lampes ardentes, et dans laquelle, suivant la discipline alors en vigueur dans l'Église, les femmes ne pouvaient pénétrer. Les indulgences attachées à ces autels étaient doubles les dimanches, les jours consacrés aux fêtes de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, des saints Apôtres et des saints titulaires de ces autels. Dans les instructions aux pèlerins, on parle des Sept Autels, et on ajoute qu'ils étaient enrichis de grandes indulgences gagnées par ceux qui les visitaient. Ces indulgences étaient les mêmes que les indulgences attachées à la visite
(les sept basiliques ; et les jours de fête, les indulgences étaient doubles. Tiberius Alfaranus, autrefois clerc bénéficiaire de cette même église Vaticane et très-versé dans ce qui la concernait, assure lui aussi que, dans cette Basilique, se voient et se trouvent toujours les sept autels enrichis de grandes indulgences.
Gela posé , quelles sont ces indulgences ? Nous dirons : 1° sur la foi du manuscrit du monastère de Saint-Gall cité plus haut, que sept années d'indulgences avaient été accordées à la visite de chacun de ces autels ; 2° sur l'autorité de l'auteur du xne siècle dont nous avons parlé , nous ajouterons que ces indulgences s'étaient doublées les jours de fête, dans la solennité de la Nativité de Notre- Seigneur, de Pâques, de saint Pierre et des autres apôtres, de tous les Saints et des saints titulaires de ces autels ; en troisième lieu, nous dirons que, puisque la visite des Sept Autels équivaut à la visite des Sept Basiliques, comme assurent Burcardo et Torriglio, tous ceux qui visitent les autels gagnent les indulgences attachées à la visite des Basiliques, indulgences que saint Charles Borromée affirmait ne pouvoir être énumérées , tant elles étaient nombreuses; en quatrième lieu, nous dirons enfin que, par la visite des Sept Autels, on gagne toutes les indulgences que les Papes ont accordées aux églises et aux Basiliques de l'univers.