‹ Saint-Pierre de Saintes, cathédrale et insigne basilique. Histoire - documents - brefs - indulgenges - prièresChapitre 5 sur 52 · CATHÉDRALE ET BASILIQUE · texte numérisé non relu

CATHÉDRALE ET BASILIQUE

L'Eglise de Saintes est une des plus anciennes et aussi des plus illustres des Gaules. Fondée par un disciple de saint Pierre, saint Eutrope *, qui fut envoyé chez les Santons par saint Clément, elle se fait gloire d'avoir toujours été intimement unie au Siège apostolique à qui elle doit directement son origine. Dans la longue série de ses pontifes, on n'en trouve aucun qui se soit écarté de la doctrine de l'Eglise, ou ait

\. Eutropii.... quem ex Gracia Romam profectum sanctus Clcmens, Apostolicus pontifex... in Galliam ad iilam urbem direxit. Du S aussay , Martyr ologium Gallicanum, I, 241 . — Eutropius, martyr Sanctonicœ urbis, a beato Clémente episcopo fertur directus in Gallias. Grégoire de Tours, De gloria Martyrum, I, cap. 56. — Beatus Eutropius, Pétri Apostoli discipulus... P. Hallojx, Vita S.Dyonisii, apud lllustritim ecclcsiœ Orienlalis scriptorum vitœ ci. documenta, I, 62.

mérité les censures de Home. Loin de là : elle offre à la vénération du monde saint Ambroise 1, saint Vivien % saint Concorde 3, saint Froult 4, saint Di-

1 . Vivait au Ve siècle. On le fêtait le môme jour que saint Vivien, 28 août. — Gallia Ctiristiana. II, 1056. — Martène, Veterum scriplorum amplissima Collectio, VI, 762. — Acta Sanctorum, août, tome VI, page 212. — Du Saussay, page 862.

2. Vivait en 450. Sa fête était célébrée le 28 août; maintenant, parce que sa fête tombait le même jour que celle de saint Augustin, on l'a renvoyée au dernier jour de l'octave, 4 septembre. Sa translation était fêtée le 24 octobre. — Gallia, II, 1055. — Martène, VI, 758. — Grégoire de Tours, De gloria Confcssorum, 58. — Du Saussay, 561, 776. — Acta Sanctorum, août VI, 461.

3. Gallia, II, 1 058. — Du Saussay, Martyrologium Gallicanwn, page 951. D'après Du Saussay, il aurait succédé à saint Vivien. Sa fête est le 25 février, d'après le Gallia ; le 27, d'après le Bréviaire de la Rochelle de 1686.

4. On trouve en 862 Freculphus, ou Frcculfus, évêque de Saintes. Du Saussay, 496, 5 août, n'indique saint Froult, Frion, Fridulphe ouFréculpbe, que comme confesseur. M. l'abbé Grasilier [Bulletin religieux de la Rochelle, 4 août 1866) croit à deux saints Froult, et fait, sans aucune espèce de preuves, vivre l'un au VIIe siècle, l'autre au IXe. Le savant abbé Choleta prouvé [Bulletin religieux du 11 août 1866) que c'était le même personnage. Une église porte encore son nom dans l'arrondissement de Marennes, Saint-Froult, au canton de Saint-Aignan. Une autre lui était dédiée au Gapitole de Saintes. — « Pareillement iay veu, dit Tabourin en ses Mémoires, f° 256 verso, que tous les vendredis de caresme Ion alloit en procession tantost a sainct frion, tantost a notre dame du château, a saincte colombe et a sainct michel, faire aux dites églizes une station seulement, la ou Ion y disoit ung respond et loraison. Lon ni disoit point de messe, ains lon venoit dire la grande messe a

zant l, saint Mathan 2, saint Trojan 3; saint Léonce 4,

sainct pierre, et disoit on en reuenant des dites eglizes la litanie qui se disoit par deux enfans de cœur. le le say parceque quelques fois ie les ay chantées estant enfant de cœur; mais a présent on ne va plusaicelles eglizes en ces iours la, parceque les guairres ont tout corrompu ceste coutume , et aussy que les eglizes de sainct frion sont renfermées dans les fortiffications du chasteau comme aussy leglize de nostre dame du chasteau. »

1. Dizant, né à Saintes, fut évêque de cette ville vers 832 ; on le fête au 25 juin. — Dom Branche, Vie des Saints d Auvergne. — Acta Sanc torum, juin, VII, 79.

2. Mathan est fêté le 12 novembre. — Du Saussay, M 94. — Gallia Clirisliana, II, 1060. — Il porta l'Évangile en Écosse.

3. Saint Trojan, Trojanus, Trophianus, Trofianus , mort le 30 novembre 532, jour où on le fête. Cependant ïabourin écrit, f° 223, qu'on le célébrait à Saintes le 1er décembre. Saint-Pierre possédait sa châsse que les calvinistes brûlèrent en 1568. Il fut enseveli près de saint Vivien, afin, dit saint Grégoire de Tours, Liber de Gloria Confessorum , ch. LIX, qu'il fût près de lui sur la terre et dans le ciel. — Voir Du Saussay, 30 novembre, pages 950 et 103. — Gallia, II, 1056. — Les paysans prononcent Saint Urgean.

4. Saint Léonce, successeur de saint Pallais, assita au concile de Reims en 625. Gallia, II, 1060. — Du Saussay, 10 mars, page 159. — On a confondu parfois saint Léonce, évêque de Saintes, avec saint Léonce, évêque de Bordeaux, dont la fête a lieu le 15 novembre, et qui, né en 510, mourut après 563. On fait aujourd'hui le commémoration de saint Léonce, évêque de Saintes, le 22 mars, date qu'avaient adoptée les Bénédictins de Saint-Jean-d'Angély. Il fut enterré près de saint Eutrope, et on célébrait sa translation le même jour que la sienne, 14 octobre.

saint Pallais l, patrons d'un grand nombre d'églises dans la province et dans le reste delà France. Toutes les fois que la persécution s'éleva contre l'Église dans notre pays, elle a la joie de pouvoir compter quelques-uns de ses pontifes parmi les martyrs de l'impiété ou de l'hérésie : au Ier siècle, saint Eutrope; au VIIe, saint Léger 2. Plus tard quand les sectateurs de

4. Saint Pallais, évêque de Saintes (573-597), éleva un tombeau à saint Martin , abbé ; « construxit sepulchrum sancti Martini abbatis Santonensis » (Gallia, II, 1058) ; — une basilique à saint Martin de Tours (Gregor. Turon., de Mirac. S. Martini, Lib. IV, cap. vin) ; — un monastère et une église à saint Vaize, près de Saintes, sur les bords de la Charente {Gallia, 11, 4 059);— une église aux saints Pierre et Paul (sancti Gregorii Vavm I , Epistola XLIX, lib. YI) ; — à saint Étienne une basilique qu'a chantée saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers, Liv. I, Carmen III; et fit la translation des saints Eutrope et Léonce. Sa fête était le 7 octobre. — Du Saussay, p. 687. — Le Gallia l'indique au 6 septembre, date qu'on a conservée. On portait sa châsse en procession pour obtenir de la pluie. Voir aussi Grégoire de Tours , Historiarum lib. VII, cap. 31 ; VIII, 2, 7 et 43. Saint Grégoire le Grand lui aurait écrit pour lui recommander le moine Augustin qu'il envoyait en Angleterre. D'autres au lieu de Palladium ont lu Pclagium. Mais la même lettre aurait pu être adressée à Pélage et à Pallade, puisqu'elle l'était aussi à Serenus, évêque de Marseille. — Epist. LU, lib. VI.

2. Saint Léger (vers 650) est invoqué comme évêque de Saintes et martyr par le Bréviaire de Saintes du XIIIe siècle. Voir Belleforest, la Cosmographie universelle , I, 2, page 473. — Sa fête est fixée au 4 2 novembre. Le Calendrier de l 'abbaye de Notre- Dame de Saintes pour 4774 la met au 19.

Luther et de Calvin promenèrent partout le fer et la flamme, l'évêque Tristan de Bizet n'échappa à la mort que parce qu'il se trouvait alors au concile de Trente ; mais son frère, doyen de la cathédrale, fut massacré ainsi que des prêtres et des chanoines. Un neveu de Fénelon *, Léon de Beaumont , né au château de Gibaud en Saintonge, « une des lumières de l'Église de France ;) 2, lutta contre les Jansénistes. Ses dispositions à leur égard l'empêchèrent, malgré la demande du Chapitre , de succéder à son oncle sur le siège de Cambrai 3, et son opposition lui valut leur haine puissante 4, comme aussi les félicitations de

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