Gallia Christiana, II
2. « Vous perdez en lui un guide éclairé, à la suite duquel vous ne craigniez point de faire naufrage dans la foi. Son zèle pour l'Église, son amour pour la Religion, l'ont fait regarder avec justice comme une des lumières de l'Église de France et lui ont mérité plus d'une fois les éloges du Vicaire de Jésus-Christ, en sorte que nous pouvons dire avec confiance que Dieu l'a sanctifié dans la foi et dans la douceur. In fide et lenitudine ipsius sanctum fecit Muni. » De Lacoré, Mandement du M octobre 1744.
3. Voir Lettres de la princesse Palatine , 29 décembre 1 698 Saint-Simon, Mémoires, 1716.
4. Voir Instruction pastorale (19 mars 1726) de Monseigneur Cêvêque de Montpellier (Charles-Joachim Golbert) à l'occasion d'un écrit imprimé sous le litige de Mandement de Monseigneur l'evêque de Saintes... Donné a Paris le 26 novemrre 1725, où ce prélat par attachement pour la bulle Unigenitus condamne les XII articles; — Mandement de Monseigneur l'illustrissime
Rome1. Enfin quand la Terreur chassa, déporta ou guillotina les prêtres fidèles, l'Eglise de Saintes paya encore sa dette à la foi, et par le grand nombre d'ecclésiastiques qui subirent les misères de l'exil ou de la prison, et par ceux qui, cachés, traqués comme
et révérendissime Léon de Beaumont , seigneur évêque de Saintes, conseiller du Roi en ses conseils, portant renouvellement et confirmation de l'acceptation qui a déjà été faite de la Constitution Unigenitus, donné à Paris, le 10 de septembre 4 718 ; — Acte d'appel de la Constitution Unigenitus de nostre Saint-Père le Pape Clément XI; interjeté par ie Chapitre de Saintes, le 22 novembre 1718 ; Lettre de Monseigneur l'évêque de Saintes à tous Messieurs les archiprêtres de son diocèse, Paris, 25 novembre 174 8. — Mandement de Monseigneur l'évêque de Saintes au clergé de son diocèse... Donné à Paris, le 26 novembre 1723 (consulter l'édition in-4» de 16 pages annotée par les Jansénistes). — Les deux vicaires généraux de Léon de Beaumont, Simon-Pierre de Lacoré qui lui succéda, et Marquentin de Closmorin, n'ont pas été plus épargnés que l'évêque.
\. Stato un ottimo consiglio quello di Monsignor Vescovo di Saintes di publicare un mandamento per smentire l'artiûciosa calumnia de refractarii sopra i noti dodici articoli V. S. III. non manchi di attestar li il gradimento c 1' approvazione che ha incontra to questo nuovo saggio che ha dato délia sua pietà e dil suo zelo per la sana dottrina...
Votre Seigneurie Illustrissime ne manquera pas de lui témoigner l'agrément et l'approbation qu'on a donnés ici à la nouvelle marque que ce prélat a donnée de sa piété et de son zèle pour la saine doc trine... Le cardinal Pauluccj, secrétaire d'Etat du Pape, au nonce de S. S. à Paris, au sujet du Mandement de Monseigneur C évêque de Saintes. Borne, le 26 décembre 1725.
des bêtes fauves, continuèrent, au péril de leur vie, à offrir le sacrifice divin de la messe qui ne cessa pas un seul jour dans notre province *,et par ceux qui expièrent, sur les horribles pontons de Rochefort, leur refus de serment à la Constitution civile 2, et enfin par ceux qui montèrent sur l'échafaud révolutionnaire 3. Leur évêque, Pierre-Louis de La Rochefoucauld, avait donné l'exemple, et, le premier, était tombé avec son frère sous la hache des septembriseurs dans l'église des Carmes à Paris. C'est lui qui clôt la liste de nos pasteurs. Elle ne pouvait plus
\. Nommons seulement MM. Bonnerot, Hardy, Pichon.
2. Jacques-Philippe Bascle, curé d'Allas-Champagne ; François Delphieux, curé de Brie, archiprètre de Chalais; Joseph Grangier, bénédictin de Saint-Jean d'Angély; Michel-Dominique de Luchet de Lamothe, chanoine de Saintes; Léon Gréard, capucin de Rochefort ; François Martin , curé d'Agonnay ; Guillaume Patoureau, curé de Saint-Ciers de Cosnac ; Guillaume Poutard» curé de Macqueville ; Jacques-Pierre Vinand, de Font-Couverte, chapelain de Font-Douce; Pierre Rôles de Millaguet , curé de Touverac; Jean-Baptiste Fradet, curé de Prignac, mort àBrouage, et bien d'autres.
3. François-Dominique Gastin de Guérin de la Madeleine , chanoine et vicaire général de Saintes, fusillé à Quiberon ; Pierre Boutet, curé du Gua ; Simon-Pierre de Rybereys, prieur-curé de Jonzac, et François, curé de Loix, guillotinés à Rochefort, etc. Voir dans le Bulletin religieux de la Rochelle , 7 juillet 4866, la liste , incomplète et fautive, dressée par M. l'abbé Manseau , auteur d'un intéressant travail sur la déportation à l'île Madame.
dignement finir. Et, seule peut-être entre toutes les Eglises du monde, l'Eglise de Saintes peut se glorifier d'avoir, aux deux extrémités de la chaîne de ses pontifes, un martyr : saint Eutrope, Mgr de La Rochefoucauld 1 .
Illustre par la sainteté et le martyre de plusieurs de sesévêques2, l'Église de Saintes, avec ses 58 paroisses, partagées en vingt-quatre archiprêtrés, 1 7 abbayes, 17 prieurés conventuels, 5 collégiales, 5 commanderies de Malte, l'était encore par les talents, les vertus, le haut rang des autres. Les cardinaux Etienne de la Garde (1342), Gaillard du Puy (1351), François Soderini (1512), Raymond Péraud (1499), de Saint-Gërmain-de-Marancennes,prèsde Surgères, légat du Saint-Siège, qui avaitétégrandécolâtre,???a#?s-
4 « La longue série des évêques de Saintes avait commencé et fini par un martyr. Là, sur l'un des coteaux de la ville, sous les voûtes sombres et huit fois séculaires du beau temple élevé à sa mémoire, reposent les restes de saint Eutrope, merveilleusement découverts, précieusement conservés, profondement vénérés de nos populations ; mais les restes de La Rochefoucauld, tombé sous le fer des septembriseurs, ont été jetés au vent des fureurs démagogiques. » J.-D. Vacherie, maire de Saintes, à Mgr Léon-Benoît Thomas, à sa première entrée solennelle dans la ville de Saintes, le 10 juin 4867.
2. Antiqua apud Aquitanos urbs Santonensis est , ubi plures Sanctorum tabulis adscripti reperiuntur illustres heroes. Godefroi Henschenius, Acfa Sanctorum ApiHlis, II, p. 423.
ter scolarum, de Saintes, et à qui le Pape Léon X fit élever à Yiterbe un tombeau où il repose1; Charles de Bourbon, un moment roi de France sous la Ligue, furent évêques de Saintes. Nous ne parlerons pas des autres cardinaux que l'Église de Saintes donna à l'Église Romaine : Imbert et Raymond de Pons 2 ; Simon d'Archiac qui fut doyen du Chapitre ; Pierre de Rabayne 3, et tout récemment Clément Villecourt, évêque de La Rochelle, mort à Rome le 7 janvier 1867. Puis viennent Pierre de Confolens 4, les trois Rochechouart de Mortemart3, les deux Raoul delà Guibour-
1. Voir dans VEpigraphie Santone et Aunisienne, page 122, le dessin de ce tombeau. M. l'abbé Bertrand, curé de Ghampagnac, prépare un travail sur cet illustre prélat, son compatriote.
2. Imbert de Pons fut créé cardinal par Jean XXII en 1327. Raymond de Pons, évêque de Périgueux , le fut par Grégoire IX en 1227. Voir Pierre Frizon, G allia pur pur ata, pages315 et 211, qui compte encore comme cardinaux de la maison de Pons, Pons de Pons, évêque de Saintes (1255), neveu de Raymond, et de Godefroy de Pons, évêques d'Angoulême (1460).
3. Pierre de Rabayne, cardinal du titre de Sainte-Marie de la Minerve vers 1018, n'est indiqué comme cardinal que dans la généalogie des Rabayne par La Chenaye-Desbois. De là, doute.
4. Pierre III de Confolens (1112) rebâtit l'église Saint-Pierre. On voit un reste de cette construction au transept du côté de la sacristie.
5. Guy, Louis et Pierre de Rochechouart (de 1426 à 1503) rebâtirent la basilique de Pierre de Confolens. Pierre fut prieur de Saint- Vivien.
gère ly Louis de Bassompierre, Nicolas Le Cornu de La Courbe de Brée, et d'autres grands évêques qui construisirent ou relevèrent de magnifiques églises dans la ville épiscopale. Adhémar de Carbonneau assiste en 1 1 79 au concile œcuménique de Latran; au Ve concile du même nom, se trouvait Julien Soderini, qui alors fut nommé évêque de Saintes. Tristan de Bizet était à celui de Trente; Arnulfe II siégea en avril 1050 au concile convoqué par Léon IX à Rome où fut condamné Béranger.
Nous trouvons encore nos prélats dans les différents conciles provinciaux ou nationaux : Pierre I à Orléans en 5 11 ; saint Pallais à Paris en 573 et à Mâcon en 585 ; saint Léonce à Reims en 625 ; saint Fréculfe, à Soissons en 868 ; Abbon, à Cliarroux en 929, et deux fois à Poitiers ; Godéran, en 1 068 à Toulouse; Boson, en 1079 à Bordeaux, et en 1 081 à Cliarroux ; Ramnulfe de Foucaud, de l'illustre maison de Barbezieux , était à Clermont en 1 095 avec Urbain II ; Pierre II de Soubise en 1 1 1 9 à Loudun, où présidait le légat du Saint-Siège Gérard,
1. Michel et Jacques Raoul (1618 à 1646) relevèrent l'église de Sainte-Colombe, celle de Saint-Vivien, dont Jacques fut prieur, et la cathédrale. On voit leurs armes aux deux premières.
évêque d'Angoulême ; La Courbe de Brée et Michel Raoul en 1 581 et 1 624, à Bordeaux *.
On cite avec éloges les règlements synodaux de plusieurs de nos prélats : en 1 280 et 1 282 , ceux de Geoffroy de Saint-Bricon ; en 1 298 de Guy de Neuville 2; en 1541 et 1543, de Julien Soderini3 ; plus tard des deux Raoul en 1600, 1618, 1636 4 ; Guillaume de la Brunetière en 1 697 ; Henri Lepileur en 1713; Léon de Beaumont en 1731 (Synode ouvert le 1 0 avril) ; Pierre de Lacoré, en 1 746, et La Rochefoucauld en 1783 \
1. Pour les différents conciles ou synodes, consulter Labbe et Cossabt, Sacrosancta Concilia', Bini, Concilia generalia et provincialia; Sibmoisd, Concilia anliqna Galliœ ; GaUia Christiana, II, etc.
2. Décédé en 4312, le 7 des Ides d'avril (7 avril), d'après le nécrologe de Saint-Germain -des-Prés , église où il fut enterré; le XVil des calendes de mai (15 avril), d'après les diptyques de l'Église de Limoges. Labbe, II, 760.
3. Consliliitiones Synodales Santonensis Ecclesiœ , Pictaviae, 1541 , in-8. — Constitutions Synodales de Julien de Soderini , 1543, in-8.
4. Ordonnances pour le diocèse de la Rochelle publiées es divers synodes depuis Vannée 1650 jusqu'en 1655, par Jacques Raoul, premier évêque du lieu; la Rochelle, de Gony, 1650, in-8°, et Fontenai, Blanchet, 1658, in-12. — Cet ouvrage contient un pouillé des bénéfices du diocèse.
5. Voir pour ces derniers la vie de Mgr de La Rochefoucauld dont la publication est ajournée par les événements.