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LES STALLES DE LA CATHÉDRALE (CÔTÉ NORD

dans les flammes au milieu d’un écroulement d'édifices : sur un petit cartouche contre une

colonne : Domine, in nomine tuo dæmonia subjt-

ciuntur nobis ; au-dessus : £t cruciabuntur igne et sulfure angelorum in conspectu. Dans la partie supérieure du vitrail, les donateurs, un chevalier et sa femme sont à genoux l’un en face de l’autre; leurs saints patrons se tiennent debout auprès d'eux.

Dans la troisième chapelle sud, à partir du transept on remarque une assez curieuse peinture ; c'est une figure humaine triple avec trois bouches, trois nez, et seulement trois yeux, les trois visages étant réunis par le front. Cette peinture, symbolisant la Trinité’, parait être du xvi° siècle. Autour, sur des banderoles les inscriptions Ma Doué (mon Dieu) et Arabat (défendu) qui sont probablement des devises,

Le pourtour du chœur contient un certain nombre d’autels et de tombeaux. Dans le déambulatoire sud de petits autels flamboyants, d'assez joli style, sont appliqués contre la clôture du chœur. Le prétendu tombeau de Guillaume de Kersauzon (évêque de Léon de 1272 à 1327) est moderne : l'inscription a été composée par M. de Courcy d’après une indication d'Albert le Grand dans la Vie des Saints de Bretagne.

Le tombeau suivant, celui de Rolland de Neuville, évêque de Léon de 1562 à 1613, est authentique, mais d’un assez mauvais travail; grossièrement taillé dans le granit, il a une apparence archaïque.

Cf. Didron. Histoire de Dieu, p. 555. Didron commet une erreur matérielle en disant que cette figure se trouve sur une clef de voüte.

C'est, au contraire, une très jolie œuvre d’art que le tombeau en marbre de Francois Visdelou par Nicolas de la Colonge (1711).

Photo Daniélou.

LA TRINITÉ, PEINTURÉ SUR LA VOTE DE LA TROISIÈME CHAPELLE SUD DU DÉAMBULATOIRE.

Dans la chapelle absidale, on peut admirer un beau tombeau de style Renaissance : celui des Richard, chanoines de Léon, dont la maison, bâtie vers 1535, se voil encore derrière la cathédrale, sur la place du Petit Cloitre.

6o © SAINT-POL-DE-LÉON

En face, un enfeu est remarquable par le style des congés figurés qui l’amortissent.

De l’autre côté du chœur, on trouvera d’abord le monument moderne de Jean-François de Îa Marche, dernier évêque de Léon, dont les restes furent inhumés dans la cathédrale en 1868.

Photo Neurdein.

TomBEau DE FRANGOIS VispELOU.

Puis vient le tombeau de René de Rieux-Sourdéac, évèque de Léon de 1613 à 1639 et de 1646 à 1651. Comme le tombeau de Roland de Neuville, c’est un mauvais travail très fruste.

Sur la clôture du chœur, on remarquera un certain nombre de petites boîtes contenant des crânes. La coutume a existé dans le pays de Léon, jusqu’à une époque très récente, de détacher la tête des morts notables pour la déposer à l’église.

Quelques détails sont encore à observer dans le déambulatoire nord, en particulier un retable du xvrr° siècle à colonnes torses où est peinte la ville de Saint-Polde-Léon, au-dessus de laquelle planent dans le ciel ses saints protecteurs. Cette représentation de la ville de Saint-Pol au xvu° siècle peut avoir un certain intérêt.

L'avant-dernière chapelle du déambulatoire avant le transept est occupé par un autel récemment construit pour donner asile aux reliques de saint-Pol ramenées de l'ile de Batz. Dans une ancienne crédence, simple cavité pratiquée dans le mur, on a logé la cloche de Saint Paul qui est portée chaque année aux processions. C'est une cloche rectangulaire en cuivre fondu. Le portant de bois dont elle est munie et qui représente une tête de monstre marin est d’origine toute récente.

Le chœur renferme de

Photo Daniélou.

PALMIER SERVANT DE ci-

bortium Au-pessus pu MAITRE-AUTEL,

belles stalles du xvi° siècle ornées de sujets variés dont quelques-uns sont très curieux, par exemple le canard qui joue de la clarinette’. Au-dessus de l'autel se voit un très beau palmier en bois sculpté du xvu° siècle. Ce palmier recourbé en forme de crosse renferme à son extrémité une custode que l’on fait descendre au moyen d’une chaîne. Il a été refait en partie au début du xix° siècle, mais les artisans d’alors ont, dit-on, copié scrupuleusement l’œuvre de leurs devanciers.

! Signalé par M. Emile Mâle dans son ouvrage sur l’Aré religieux de la fin du moyen âge, p. 533.

Photo Neurdein,

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