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ELÉVATION DES DEUX PREMIÈRES TRAVÉES DE LA NEF DE LA CATHÉDRALE (CÔTÉ NORD).
séparé par de simples meneaux sans chapiteaux et sans bases. Les ares sont d’ailleurs un peu plus basque ceux”de la première travée. On a pu donner ainsi plus de hauteur aux ouvertures tréflées pratiquées de part et d'autre de la travée dans le pan de mur qui soutient la colonnette
mitoyenne de chaque travée et derrière lequel passe la galerie de circulation.
Cette nouvelle disposition est plus élégante et plus élancée. Dans la première travée le bandeau qui séparait le triforium de la galerie de circulation divisait en deux parties égales l’espace compris entre le sommet du grand arc et le sommet du formeret. Plus loin, le compartiment supérieur étant plus haut, l’ensemble a plus de légèreté. La suppression des chapiteaux et des bases supprime aussi quelques lignes horizontales capables d’arrêter le regard. Il semble donc que l’on doive se féliciter du changement de plan qui s’est produit pour une raison que nous ne pouvons préciser. La seule chose qui paraisse probable, c’est que les parties basses de toute Ia nef et les parties hautes de la première travée appartiennent à une même campagne, les parties hautes des travées suivantes forment un autre ensemble de travaux.
Pour les profils des ogives et des doubleaux, il y a unité parfaite. C’est le profil bien connu de la seconde période gothique : un tore en amande ou rehaussé d’un filet, profil qui n’est pas un élément suffisant pour fixer des dates, puisqu'il se retrouve jusque dans les parties du xvi° siècle de la cathédrale.
Les fenêtres se ramènent à deux types : Les plus anciennes présentent des dessins très simples : trois arcs en tiers-point se coupant réciproquement, ou bien deux arcs en tiers-point accolés, et dans l'écoincon un cercle, quelquefois orné de
redents; toujours d’ailleurs des meneaux simples sans chapiteaux ni bases. La première fenêtre de la seconde travée est aveugle, de même que les deux fenêtres de la première travée, située sous les tours.
D’autres fenêtres présentent des refaçcons postérieures, probablement de la fin du xrv° siècle, Les remplages sont en granit, Les arcs tréflés et les trilobes y figurent diversement combinés.
L'aspect général de ia nef ainsi fixé, nous pouvons considérer les détails qui présentent, comme dans la plupart des édifices du moyen âge, une variété assez grande. Les bases des colonnettes qui flanquent les piliers appartiennent au style de la seconde période gothique. Elles sont constituées par un tore aplati débordant le socle. Quelquefois ce tore est à double ou même triple étage. Une particularité plus curieuse, c’est l'existence sur certaines bases de petites griffes. Dans le style gothique du xu° siècle, alors que le tore renflé entourant le pied de la colonne s’inscrivait dans le rectangle du socle sans le dépasser, les griffes étaient utiles pour remplir les angles vides, lei elles ne sont plus qu'une survivance inutile, un ornement postiche et fragile; nous n’en voyons plus que quelques-unes égarées çà et là ; il est possible qu’il y en ait eu d’autres que le temps a mutilées, puis entièrement supprimées. Un élément plus logique, mais qui n’a été indiqué que très timidement cà et là, ce sont de petites consoles soutenant les tores débordants ; celles que nous
pouvons découvrir sous quelques bases sortent à peine de la pierre.
D’autres détails sont à remarquer çà et là. Ainsi
quelques bases ont une ornementation géométrique : ligne brisée en creux ou cannelures. Ce genre d’ornementation est normand.
Les chapiteaux dérivent en général des chapiteaux à crochets. Quelques-uns ont d’autres feuillages, mais tous, au moins les chapiteaux inférieurs, présentent la forme évasée. Ce n’est pas encore la corbeille renflée si fréquente dans l’ar- chitecture du xiv° siècle. Les chapiteaux sont donc un peu en retard sur les bases. Il y a là un certain archaïsme que dénotait aussi la présence des curieuses griffes signalées plus haut. Il faut d’ailleurs établir une différence à cet égard entre les chapiteaux inférieurs et les chapiteaux supérieurs. Ceux-ci accusent déjà une forme renflée. C'est encore un indice qui donnerait à croire que la partie inférieure tout entière est d’une campagne et la partie supérieure d'une autre*. Comme les bases, les chapiteaux sont distingués iei et là par quelques particularités. Nous remarquerons plusieurs astragales ornées d’une rangée de trous.
Un autre élément important de l’ornementation, ce sont les bandeaux de dessins en creux qui s'étendent horizontalement au-dessus du sommet des grandes arcades. Le dessin, différent à chaque
{ En 1843, des travaux de réparation firent découvrir dans un des chapiteaux supérieurs de la nef des pièces de monnaie de la première moitié du xrve siècle.
LA CATHÉDRALE oI
travée, est constitué en général par des variations
Photo Daniélou.