II PRÉFACE
ainsi dans Tâme des fidèles une admiration vive et féconde ; d'autres se préoccupent avant tout de sauver de l'oubli la mémoire de quelques uns de ces bienheureux, de retrouver leurs traces effacées par le temps, de produire les titres de leur salutaire influence et de leur éminente sainteté. Quel que soit le point de vue de ces deux classes d'écrivains, leurs ouvrages sont généralement reçus avec faveur du public spécial auquel ils sont adressés. Cet accueil favorable accuse un goût religieux auquel il faut applaudir; en même temps il est une prime d'encouragement pour ceux qui consacrent leurs travaux et leurs veilles à mettre en lumière la figure et les exemples des héros chrétiens.
Sans doute il y a mérite à retracer d'une plume pieuse les actions et les vertus d'un 3aint bien connu, sur lequel les matériaux abondent de telle sorte que son biographe n'a que l'embarras du choix. Mai^, vu les difficultés à vaincre, ce n'est pas moins bien mériter de la religion que d*aborder les questions les plus obscures de l'histoire ecclésiastique ou de l'hagiographie.
Avec son illustre origine et sa brillante couronne de saints, l'Eglise de Lyon appelle sur son passé glorieux une part de l'activité qui se produit autour d'elle. Ses premiers martyrs, saint Pothin à leur tête, ont jeté assez d'éclat pour tenter la plume, solliciter les efforts de quelqu'un de ses enfants. L'obscurité couvre, il est vrai, le berceau de la communauté chrétienne fondée par le bienheureux Pothin sur les bords de la Saône ; ce n'est point une raison de s'abstenir : en pareille matière, loin de déconcerter