‹ Saint-Quentin; de son commerce et de ses industries (volume 2)Chapitre 23 sur 66 · DEUXIEME PARTIE. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. — CHAPITRE IV

Note de la page 42.

Vrooéaoverbal de la fête de la Reconnaitsanoe.

Registre des délibérations et arrêtés de TAdrainistration municipale du

canton de Saint-Quentin.

Cejourd'hui dix prairial an vu de la République, trois heures après-midi, le carillon, comme la veille et le matin, annonce par des airs patriotiques que la fête de la Reconnaissance va commencer. Les autorités civiles et militaires descendent de la maison commune.

La garde nationale, précédée des tambours et d'une musique d'harmonie, marche sur deux haies : à droite, les institut<eurs et les enfants mâles de Thospice, les chefs des maisons d'éducation pour les garçons et leurs élèves forment une double file ; celle à gauche est composée de l'institutrice de l'hospice, de celles de la commune et des enfants du sexe féminin confiées à leurs soins. Au milieu se trouve un des ordonnateurs de la fête. — Viennent ensuite, dans le même ordre, les vieuxhommes, les béguines. Ils sont suivis par douze militaires blessés aux armées et par douze citoyennes parentes des défenseurs de la patrie. — Au centre paraissent les futurs époux à unir pendant la cérémonie.

La double file à droite est terminée par les officiers de l'état-major, les employés militaires et les commissaires de police; celle à gauche par le tribunal de police correctionnelle, les juges de paix, le tribunal de commerce et les employés civils. L'administration municipale occupe le centre. Elle est précédée par un des ordonnateurs de la fête et par deux appariteurs portant des couronnes.

Le cortège se rend au champ de la réunion par la rtie de Thionville et le rempart. Les tambours s'arrêtent au

bas des marches de la descente, la musique se place au milieu de l'hectomètre en face de l'autel de la Patrie.

L'instituteur et les garçons de l'hospice se placent sur les petits gradins à droite du grand escalier, et les chefs des maisons d'éducation avec leurs élèves sur la ligne de gazon en avant des cénotaphes; les gradins à gauche sont occupés par les filles de l'hospice.

Les vieux-hommes et les béguines longent le bord du gazonnement et gagnent la plate-forme de la Paix à droite.

Les douze militaires blessés et les douze citoyennes parentes des défenseurs de la patrie se placent sur la plate-forme de la Victoire, à gauche.

Les nouveaux époux se rendent aux places qui leur sont assignées de droite et de gauche, en avant des cénotaphes. La file droite des autorités constituées monte sur la plate-forme carrée et se distribue sur les bancs de la plate-forme de la Liberté à droite ; la file gauche monte dans le même ordre et descend ensuite sur la plate-forme de TEgalité, à gauche; l'administration municipale se place devant l'autel. La garde nationale descend le grand escalier et se range le long des charmilles, en tournant les colonnes de droite et de gauche; la gendarmerie s'arrête en haut du grand escalier pour maintenir l'ordre.

Les groupes et les autorités constituées ayant pris leur place, le commandant de la garde nationale commande un roulement *de tambours ; immédiatement après la force armée présente les armes, tous les citoyens qui forment le cortège sont debout et découverts, Tencens fume ; un coryphée chante l'hymne à l'Etre suprême. Le Président de l'administration annonce l'objet de la réunion et fait l'éloge de la Reconnaissance. Son discours terminé, l'orchestre joue l'air de Za Marseillaise. Cependant, deux commissaires de la fête se rendent aux platesformes de la Paix et de la Victoire ; ils conduisent un militaire blessé, un vieillard de chaque sexe, et s'avancent par l'Elysée vers l'autel de la Patrie. Le Président de l'administration distribue successivement des couronnes à ces citoyens respectables qui représentent les défenseurs de la patrie et les pères et mères vertueux qui leur ont donné le jour. A ce couronnement succède celui d'un instituteur de chaque sexe, qui reçoit une

couronne de feuillage de la main d'un . de ses élèves. Pendant cette cérémonie la musique exécute Tair : Veillons au sahit de l* Empire.

A l'issue d'un roulement de tambours, un citoyen prononce un second discours sur la Reconnaissance. Il est entendu dans le recueillement et couvert d'applaudissements unanimes.

Alors, l'administration municipale, Tétat-major de la place et les différents corps constitués se réunissent au pied de Tautnl; ils se rendent en ordre devant le cénotaphe des foiulaleurs de la République : le Président de l'administration y dépose une couronne de chêne; une couronne pareille est posée par le commandant de la place sur le cénotaphe des guerriers. Le cortège monte sur la terrasse de la Victoire, et, suivant l'Elysée, s'avance jusqu'au tombeau du célèbre peintre Délateur; le commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale couronne le buste de ce citoyen philanthrope. Pendant la marche, Torchestre joue l'air: Mourons pour la patrie.

Après un roulement de tambours, un coryphée chante l'hymne à la Liberté. L'orchestre exécute ensuite l'air de la marche de Sargines, En ce moment, les ordonnateurs de la fête vont chercher les nouveaux époux. Suivis de leurs parents, de leurs témoins, et entourés do jeunes gens, ils arrivent à l'autel par l'Elysée. Le Président de l'administration municipale fait lecture de l'acte et leur déclare qu'ils sont unis en mariage. Pendant qu'ils se rendent à leur place, l'air: Présent des cieux ^ auguste Liberté, Jèsi exécuté par l'orchestre.

Les tambours font un roulement. La garde nationale présente les armes, tous les citoyens sont debout, découverts et dans le silence ; un coryphée chante l'Invocation à la Liberté.

L'air du Chant du départ marque la fin de la cérémonie. La garde nationale défile en ordre pour aller déposer le drapeau. Les membres des autorités constituées se dépouillent de leurs signes distinctiis, la danse commence et ne finit qu'à la chute du jour.

Signé: Delafosse, Président; Charlet, Vice-Président; Sypuorien, Cordier, Marotte, Laffitte, administrateurs.

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