‹ Saint-Quentin; de son commerce et de ses industries (volume 2)Chapitre 24 sur 66 · FETE DES EPOUX · texte numérisé non relu

FETE DES EPOUX

Cejourd'hui dix floréal, an vu de la république française, une et indivisible, en vertu des lois, arrêtés du Directoire exécutif et du département, et de la circulaire du ministre de l'intérieur, et sur les invitations faites à son de trompe et par écrit, les autorités civiles et militaires se rendent à la maison commune, vers deux heures après-midi, pour célébrer la fête des Epoux. Le carillon qui, la veille, avait annoncé cette fête par des airs républicains, donne le signal du départ. La musique d'harmonie ouvre la marche. En tète sont les instituteurs des deux sexes, au milieu de leurs élèves, à la suite les membres de, la commission d'instruction publique, les enfants de l'hospice et les vieux-hommes. Après eux sont placés les groupe ; le premier se compose de ieunes citoyennes : au centre on distingue celles qui doivent être unies à leurs amants pendant la solennité ; le second, de jeunes citoyens accompagnant ceux qui vont «s'unir à leurs amantes; le troisième, des époux mariés depuis le 30 germinal; le quatrième, de mères et d'enfants, les plus jeunes, placées au centre, portent le buste de Jean- Jacques Rousseau; le cinquième, des citoyens et citoyennes qui se sont honorés par des actes de vertu, de dévouement et de courage; le sixième, par des vieillards entourés de leur famille.

Ils sont suivis des employés de la république à quelque titre que ce soit, du tribunal de commerce, des tribunaux de paix et de police correctionnelle, de la commission des hospices, du bureau de bienfaisance, des commissaires de police, de Tétat-major de la place, de

Tadministratioa municipale et de ses employés, la garde nationale et la compagnie des vétérans stationnés en cette commune forment deux files, les gendarmes ferment la marche.

Arrivé dans le temple destiné à l'exercice des cultes, le cortège occupe les places qui lui sont désignées. Les tambours font un roulement, les citoyens se tiennent debout et* découverts, la force armée présente les armes, l'encens fume devant Tautel de la patrie, un coryphée chante l'hymne à l'Eternel .

Le président de l'administration municipale fait un discours .sur l'objet de la fête ; il est couvert d'applaudissements.

L'orchestre exécute Tair du chœur d^ Alexis et Justine. et le plus âgé des pères de famille, placé sur l'autel de la Patrie, en face du groupe des mères et des enfants, fait l'historique des actes de vertu et de dévouement dont se sont honorés plusieurs citoyens et citoyennes invités et présents à la fête; il leur offre des couronnes de fleurs et leur donne Taccolade fraternelle; des applaudissements unanimes leur témoignent la reconnaissance de leurs concitoyens. L'orchestre exécute le choeur de * Amitié à rêprenve.

Les mères et les enfants, groupés autour du buste de J.-J. Rousseau, placé sur un tertre de verdure, portant cette simple inscription: Les mores à J.-J. Rousseau, déposent devant l'image de Tami de la nature des couronnes d'immortelles et des guirlandes de fleurs.

La musique joue l'air du vaudeville du Devin du Village et un des instituteurs de la commune, très-avantageusement connu par ses talents oratoires, prononce un discours analogue à la fête. Les vertus domestiques, les rapports moraux du mariage, les obligations qu'il impose, sont éloquemment prê>:entés et développés dans la première partie. La seconde est consacrée tout entière à combattre le système dépopulateur de l'égoïste célibataire. Il finit par lui peindre en traits de feu les charmes d'une union légitime et les jouissances qui en sont la suite, lorsqu'elle est fondée sur l'estime et la vertu. Les applaudissements qui accompagnent l'orateur depuis la tribune jusqu'à la plaoe qui lui était assignée sont un témoignage flatteur de l'intérêt qu'il a inspiré.

li'orchestre joue la marche de la Bataille âUvry et les administrateurs municipaux vont donner la main aux amantes dont la loi doit sanctifier l'union ; ils les conduisent à Tautel de la Patrie, où leurs parents ou témoins les accompagnent. Après un roulement de tambours, Torcliestre exécute l'air du vaudeville de la Romre de Saleney, Le Président de l'administration rappelle à la reconnaissance publique les noms des fondateurs philanthropes qui, voulant honorer le mariage, encourager et récompenser la vertu malheureuse, ont assuré une dot annuelle à l'indigence sage et modeste. Il unit les amants. L*intervalle entre chaque mariage est rempli par un roulement de tambours, l'orchestre exécute, à la fin des mariages, l'air du quatuor de Lvcile.

Les tambcurs font un roulement; tous les citoyens se lèvent et se découvrent, la garde nationale présente les armes, l'encens fume de nouveau; l'invocation à la Liberté est chantée par un coryphée et répétée en f-hœur. Le Président annonce la fin de la cérémonie ; le cortège retourne à la maison commune dans l'ordre précédemment observé et au bruit des fanfares républicaines. Des danses publiques terminent cette intéressante journée.

L'administration municipale accorde un mandat de dix francs au citoyen Dubourjal, pour avoir allumé, etc. — Porté en son mémoire.

Plus un mandat de 40 francs aux ménétriers.

Plus un mandat de 14 francs à M. Doville.

Plus un mandat de 34 francs à M. Bazille, menuisier.

Signé : Delafosse, Président; Charlet, Vice-Président: Stphorien, Marotte, Cordier, Laffitte, Administrateurs.

Page 1