DEUXIEME PARTIE. — CHAPITRE V
Note de la page 134.
Fabriques de Bohain.
Le siège des maisons qui font fabriquer à Bohain a toujours été à Paris. Elles en envoient les matières prêtes à être employées, et les tissus leur y sont ensuite retournés, pour recevoir les autres manutentions.
L'absence de moyens de communication arrêta longtemps l'essor de Tindustrie de la laine dans ces contrées. Le messager doBohain mettait autrefois deux jours pour aller à Saint-Quentin et quelquefois trois. Indépendamment des matières premières et des tissus, ce messager se chargeait aussi de la correspondance.
En 1810, les huit fabricants qui résidaient dans cette ville s'assemblèrent pour nommer un piéton chargé de porter leur correspondance à Saint-Quentin. Et, c'est seulement en 1830, qu'un courrier à cheval fut nommé par radFTiinistration des postes.
Vers 1824oul825, dcuxmaisons importantes, MM. Bosquillon et Hennequin introduisirent dans le pays les mécaniques Jacqnart, et essayèrent de rassembler les ouvriers en manufactures ; mais ils ne purent réussir. Les bons ouvriers persistèrent à vouloir travailler chez eux.
Cependant il faut reconnaître que ces honorables manufacturiers vulgarisèrent l'emploi des bons métiers et dos me'îcaniques Jacquart que les ouvriers voyaient arriver avci défiance. Ces mécaniques ne furent généralement répandues, el l'ancien système abandoivné, qu'en ^830.
C'est seulement après cette dernière époque que l'article, dit aujourd'hui nouveauté, s'est complètement introduit dans le pays. C'est également de cette époque que les fabricants de châles prirent les dessins indiens et abandonnèrent les fleurs naturelles. On avait vu auparavant des châles portant en dessins un arbre complet, racines, corps, branches et feuillage.
De 1800 à 1810 la fabrique de Bohain occupait de 1,000 à 1,100 ouvriers qui faisaient des châles et des gazes, 350 femmes, et 13 à 1400 enfants.