‹ Saint-Quentin; de son commerce et de ses industries (volume 2)Chapitre 56 sur 66 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VII

i\ote de fa page '^51 .

Sxpotition de Itondret en 1862.

Le rapporteur sur les tissus de laine signalait à la commission les progrès faits par la filature mérinos à l'étranger, surtout en Allemagne, où l'exportation française avait diminué depuis 1858, et la colossale organisation manufacturière pour les tissus mélangés de Bradfort ; et il terminait le rendu-compte de son étude en disant : « nos progrès dans les articles mélangés sont » tels qu'ils nous 'permettront, sous peu de temps, de ne » pas craindre la concurrence de ces mêmes articles » venant d'Angleterre; et, quant à notre industrie de » laine mérinos, nous avons, comme prix et comme » fabrication, une supériorité marquée qui rend nos tri- » butaires les principaux ]»ays étrangers. »

Les tissus de coton exposés par les manufactures de Saint-Quentin se subdivisaient ainsi:

P Les étoffes unies», jaconats et nansoucks, employées l'une et l'autre pour la lingerie ;

2° Les mousselines et gazes brochées pour l'ameublement ;

3" Les piqués ;

4° Les devants de chemises :

5° Les plumetis ;

6* Les brillantes et les façonnés.

Pour les tissus unis , le rapporteur déclarait qu'il n'avait vu rien de semblable aux produits Saint-Quentinois dans les expositions des autres pays. Son appréciaciation sur la comparaison des mousselines et gazes brochées françaises, écossaises et saxonnes, était que tout

en rendant particulièrement justice au bon goût des premières , elles présentaient des genres différents , ayant chacun son mérite spécial. Sur les piqués, il considérait Texposition des produits anglais comme trèsremarquable et supérieure même à celle française.

Pour les devants do chemises, les fabricants étrangers ne paraissaient faire, suivant lui, cet article, où les nôtres excellaient, que comme accessoires de leurs autreâ productions. Quant aux plumetis, l'exposition de Saint- Quentin se composait d'une jolie série de dessins et d'entre-d'euz que n'avaient pas les autres nations, et pour les brillantes et les 'façonnés, il regrettait que ses producteurs en aient envoyé à Londres un aussi petit nombre de pièces, ce qui le forçait à reconnaître que pour cet article l'exposition anglaise était la seule qui méritât d'être remarquée.

Après cette appréciation d'un juge compétent sur les tissus de coton, l'honorable rapporteur * rendait «ompte à la commission départementale des causes qui pouvaient permettre à une contrée plutôt qu'à une autre de produire plus économiquement tel ou tel genre de tissu. Après avoir décomposé la valeur d'une* pièce d'étoffo de coton par les détails de ce qu'elle peut à peu près cpûter en matière première, en main-d'œuvre, en frais généraux de fabrication, en blanchiment et en apprêt, et après avoir recherché à combien elle reviendrait à des fabricants anglais, belges et français, il arrivait à cette conclusion: < que la même pièce d'étoffe qui coûtait à un fabricant de Saint-Quentin non filai eur 100 francs, et 88 francs 40 centimes à celui qui avait une filature, ne revenait en Angleterre à un fabricant non filateur qu'à 82 francs 70 centimes, qu'à 77 francs ()0 centimes à un tisseur filateur ; et en Belgique qu'à 86 francs 50 centimes à un fabricant .non filateur, et 79 francs 80 centimes à un autre qui le serait. »

De son étude il » irait cette conséquence : que le fabricant Saint-Quentinois qui n'était pas en même temps filateur avait, à l'égard du fabricant anglais ayant une

1 M. Hugues -Cauvin, membre de la chambre de commerce de Saint- Quentin.

filature, un désavantage de 22 pour cent 4/ 10 et de 20 pour cent 2/10 à Tégard du même manufacturier en Belgique, et comme les frais d'introduction en France des tissus anglais, droits d*entrée , ports et commissions compris, s'élèvent environ à 20 pour 0/0, et que ces mêmes frais pour la Belgique ne sont pas moindres de 15 ou 18 pour 0/0, il estimait « que la balance du prix coûtant se trouvait à peu près établie sur le marché français entre les tissus dits : Article de Saint-Quentin, lançais, anglais et belges. > Il ajoutait encore : « que de la fabrication plus soignée des tissus français, que du meilleur goût de leurs dessins et de leui* appropriation plus convenable aux besoins du consommateur français, il résultait que Tintroduction en France des tissus étrangers, similaires à ceux de Saint-Quentin, tendait à devenir de moins en moins importante. »

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