PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE ÏI
Note de la page 90.
Dans le mémoire concernant la Picardie, dressé éh 1698, par M. Bignon, manuscrit de la bibliothèque impériale, cet intendant qui avait été chargé de faire un rapport sur la situation de cette province, s'exprime ainsi sur ses industries :
« La principale fabrique de la Picardie , est appelée Sayetterie à cause que le âl de la sajette, fait de laine peignée et filée au petit rouet, compose seule la chaîne de ces étoffes qui sont des serges de Crèvecœur, d'Aumale, des baracans, des camelots, des raz de Gènes, raz fieiçon de Châlons, serges façon de Nismes, serges façon de Seigneur, le tout de pure laine. Il s'j fait aussi différents ouvrages où la laine est employée avec la serge, le fil, le lin, le poil de cheuvres, comme camelots façon de Bruxelles, pluches, raz de Gènes, étamines façon du Mans, étamines du Lude ; ces dernières étoffes ne sont façonnées que dans les villes d'Amiens et d'Abbeville.
c Les laines dont on se sert dans ces manufactures sont, pour la plus grande partie, du crû du païs, on en tire de Brie, du Soissonnais, de TArtois , de la Flandre, de la mer Baltique, d'Irlande, quelques laines en bouchons d'Angleterre, pour les ouvrages les plus fins.
« Le commerce de lins y est très-considérable. Le Ponthieu, TAmiénois et surtout le Vérmandois en produisent abondamment; les marchands en envojent beaucoup à Rouen et en Belgique. Il s'en consomme dans le païs, aux fabriques de toilles, de batistes, si connues sous le nom de toiles de Sainte-Quentin. Les graines de ces lins entrent aussi dans le commerce; on en envoyé par mer en Normandie, en Bretagne, pour y être transportées; cette graine s'use, se consomme, si on ne la change de terroir; elle reprend une nouvelle fertilité dans un nouveau pays. »
Dans ces mémoires manuscrits, si intéressants sur la Picardie, l'intendant Bignon dit encore page 85 : < Il y a dans la Picardie, qui est une des provinces qui a donné le plus grand nombre de maisons considérablesà la noblesse de France , cinq cents familles nobles ainsi réparties :
d'Amiens 86
d'Abbeville 80
Dans \ dePéronne 40
les élections ) ^^ Doullens 20
de Montdidier .... 50 de Saint-Quentin ... 14
29ÔT
de Boulogne .... 120
Dans \ deMontreuil .... 60
les gouvernements i de Calais 20
d'Ardres 10
PBBMIÉRB PARTIS. — CHAPITRE II
Note de la page iîî.
Notre savant compatriote Henri Martin, dans la reproduction du récit de la vie de Jeanne d'Arc, extraite de son histoire de France, parle de cette lettre que le duc de Bourgogne s'empressa, le soir même,' d'adresser aux habitants de Saint-Quentin pour leur annoncer : « la grande nouvelle exaltent d'emphase sous leurs formules de dévotion hypocrite *. »
L'illustre captive habita les environs de Saint-Quentin du mois de juin au mois d'octobre , elle fut tenue « en prison honorable » à Beaurevoir , château qui était situé au milieu des bois, entre Saint-Quentin et Cambrai.
« La femme et la tante de Jean de Luxembourg, dit Henri Martin, qui habitaient au château , avaient traité l'héroïsne d'Orléans avec égards et symphathie, mais Jeanne voulant à tout prix échapper aux Anglais et aller secourir Compiègne, « ne se put tenir » davantage, et se recommandant à Dieu et à Notre-Dame, elle sauta.... on la retrouva évanouie au pied de la tour; cette chute énorme * n'avait lésé aucun organe. »
Le château de Beaurevoir n'existe plus
Le château de Beaurevoir tomba dans les mains des Espagnols après la bataille de Saint-Quentin, en 1557 s.
1 Page 79, Jeanne d'Arc, Henri Martin.
Pages 189 et 190, Jeanne d'Arc, Henri Martin.
3 ■ Soixante à soixante-dix pieds sont la moindre élévation qu*on puisse > supposer à un édifice de cette importance. • Quicherat, aperças nouTeaux, page 56.
3 Dictionnaire hittorique de Melleville, tome I, page &4.
Louis XIY le fit démanteler et la révolution acheva sa destruction. On avait jusqu'alors respecté le donjon haut de cent pieds, ancienne prison de Théroïne. On y montrait encore la chambre où elle fut enfermée et la fenêtre par laquelle elle avait tenté de fuir au* péril de sa vie.
PREMIÂRB PARTIE. — CHAPITRE II
Note de la page 139.
TradaoUoa par FiOT, professeur de TUniversité.
Cesse de nous vanter tes murs et tes batailles, Rome ; viens admirer ces vivantes murailles, Ces hardis citoyens, qui, dans le champ de Mars, Servent à leur cité d'invincibles remparts ; Où la seule valeur, sans murs pour se défendre. Sait braver mille morts plutôt que de se rendre. Leur ville, pour marquer qu'un grand cœur vit toujours. Lorsque pour la patrie il immole ses jours. Consacre au souvenir d'une action si belle Sur ce marbre parlant une gloire immortelle.
Imitation des mdmet vers
par Nicolas Desjardins, principal du Collège de Saiot-Quentin.
Prête à me voir en feu, plutôt que de me rendre,
Jusqu'aux derniers abois j'ai voulu me défendre;
D'onze assauts à la fois j'ai soutenu l'effort;
J'ai vu mes citoyens dévoués à la mort,
La braver en héros, et, pour sauver la France,
De mes murs abattus remplacer la défense.
Tous se sont immolés, mon sein fut leur tombeau :
Pouvaient-ils, en mourant, trouver un sort plus beau?
Je fus prise, il est vrai; mais tombant, j'eus la gloire
De vendre à mes vainqueurs chèrement la victoire.
TroitièiiM ImltoUon
parQuBNTiN-JosBraHÀNpuBT, chano&nder église ro3fale de Saint-Quentin.
Vas, Rome, ose à présent vanter tes boulerards ; La valeur sait bien mieux illustrer nos remparts : L'ennemi nous menace en sa fureur extrême; Tout citoyen est mur, et suffit à lui-même. La ville, sur ce marbre en traçant ces beaux faits. Veut que le souvenir ne s'en perde jamais.
Quatrième ImltatloB
par Jacques Blondel , avocat au bailliage de Haint-Quentin et ancien mayeur de cette ?iUe.
Ne te vantes pas davantage
Rome 1 à mes murs viens rendre hommage ;
Teints du sang de mes citoyens.
Ils ont plus d'honneur que les tiens.
Mes tours tombent : la brèche ouverte
Aussitôt annonce ma perte ;
Dans mon sein, l'ennemi vainqueur
Porte le carnage et l'horreur.
Mes citoyens sont mes murailles,
Ils se font de leurs funérailles
Un rempart contre sa fureur.
Héros, qui pour votre patrie
Avez consacré votre vie,
Vous serez éternellement
Placés au temple de mémoire,
Et ce marbre est le monument
Qui fera vivre votre gloire.