‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 152 sur 203 · Ibid. p · texte numérisé non relu

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ches conciliatrices tentées auprès de Raymond VI. Les légats le suspendent de ses fonctions, et le Pape intervient pour confirmer leur sentence. Toulouse et Auch ne sont pas mieux partagés. Hommes exécrables et méchants — execrabiles et maligni1 — telle est la note infligée aux pasteurs de ces deux Eglises. En toutcas, réunis, ils ne valent pas cher. L'évêque de Toulouse, Raymond de Rabastens, ami des hérétiques et simoniaque, est à la veille d'encourir la déposition ; l'archevêque d'Auch, Guillaume de la Barthe, le compère de Raymond VI, comme l'appelle Guillaume de Tudèle, sera déposé à son tour. Le plus encombrant de ces prélats et le plus haut placé est le métropolitain de la province, l'archevêque de Narbonne, vieillard faible et opiniâtre, complice de tous les désordres de son clergé, protecteur des routiers et autres excommuniés. Aux légats qui lui demandent de leur fournir les moyens de rejoindre le comte de Toulouse, il prête dérisoirement un cheval de somme, pour les transporter, eux et leur suite. Les enquêtes, les procédures, les objurgations du Saint-Siège, les sentences des légats, les appels de l'archevêque, les sursis arrachés à la pitié d'Innocent III par le grand âge du prélat, tout cela, jusqu'à la mort de ce dernier, se succède sans résultat et sans qu'on sache, bien au juste, si la sentence de déposition, dont il était menacé, lui fut finalement infligée 2.

Le second but qu'Innocent III poursuivait par ses envoyés étaitl'évangélisationdes peuples et leur réconciliation avec l'Eglise. Vaste mission, dont les lettres pontificales délimitent l'étendue. Elle comprend toutes les provinces ecclésiastiques, depuis Lyon jusqu'à Tarra-

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