‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 154 sur 203 · Ibid. p · texte numérisé non relu

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« Mais en ces jours, raconte Guillaume de Puylaurens, Dieu tenait en réserve dans le carquois de sa providence deux flèches excellentes. C'étaient des Espagnols, le seigneur Diego, évêque d'Osma, et un religieux, inscrit depuis au catalogue des saints, Dominique, chanoine régulier de la même Eglise'.» Lesdeux hommes de Dieu s'en revenaient de Rome, quand ils rirent à Montpellier la rencontre des légats. Si jamais cœur d'apôtre battit dans une poitrine d'évêque , ce fut dans celle de Diégo. L'évêque d'Osma venait de demander au Pape de quitter son siège et de consacrer le reste de ses jours aux missions lointaines. Le Pape avaitétésourdà sasupplique; mais le ciel l'avait agréée tout en la modifiant. Voici que, sansfranchirles limites de la chrétienté, Diégo se trouve en présence d'une moisson d'infidèles plus ample que celle qu'il avait rêvée. Il voit que cette ivraie dans le champ de l'Eglise menace de tout détruire. Quel plus digne sujet aux ardeurs de son zèle ? Si c'est une chose grande d'aller, en conquérant, gagner des disciples à l'Evangile, c'en est une, nécessaire et urgente, de défendre des situations acquises, la foi dans son foyer et l'intégrité des nations catholiques. L'évêque l'a compris. Avant tout, il s'attache à relever le courage des légats. Une objection familière aux hérétiques paralysait leur élan: « Commencez, leur disait-on, par remédier aux désordresde vos clercs et, après cela^ vousviendrez nous prêcher *. » Du premier coup, l'évêque trouve dans ses inspirations d'apôtre une éloquente réfutation. C'est par l'humilité, la pauvreté et la pénitence qu'il importe de réfuter d'orgueilleuses récriminations ; il faut que, se conformant aux exemples du divin Maître,

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