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les légais aillent, comme au temps de l'Eglise naissante, prêcher à pied, sans or et sans argent. Ils hésitaient encore : l'homme de Dieu leur propose de se mettre à leur tête, et lui-même, renvoyant en Espagne sa suite et ses équipages, ne conserve auprès de sa personne que le seul Dominique.
De ce jour, la mission, allégée de ses impëdiments, a pris vie et s'ébranle. On a vu luire l'étoilede saint Dominique ; car lui et l'évêque ne font qu'un : saint Dominique sent, parle et agit comme l'évêque ; c'est lui qui, se rendant à une conférence contre les hérétiques, disait : ci Laissons décote toute pompe séculière et tout artifice d'éloquence humaine et, nu-pieds, allons à h rencontre de ceGoliath 1 ». Spectacle se rattachant à des souvenirs trop anciens, pour ne pas être nouvenu ; un reflet des scènes de l'Evangile est devenu l'aurore des Ordres mendiants. Ces hommes, d'un dévouement apostolique, parcourent à pied des contrées qu'ils ensemencent de la parole du salut et quêtent leur pain de porte en porte 2. Saint Paul mettait sa gloire à soutenir sa vie par le travail des mains. Pour eux, ils se font du dénûment volontaire une apologie contre les insinuations perfides de l'hérésie. C'est ainsi qu'ils circulent de bourgade en bourgade ; tantôt ils prêchent, tantôt ils ouvrent des conférences dont le souvenir est resté célèbre. Ce fut alors que, ajoutant le miracle à la force de l'exemple, saint Dominique soumet victorieusement à l'épreuve du feu un livre où il avait consigné les principes de la foi catholique.
La colonne pacifique se met à battre la contrée. Elle se transporte de Montpellier à Verfeil, de Verfeil à Caraman, à Béziers, à Carcassonne, à Montréal, à Fan-