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l'évèque FOULQUES DE TOULOUSE. 56 I
à l'avenir par voie d'achat, de donation ou par tout autre mode légitime 1 ». En 12 14, Montfort a conquis la très forte position de Chasseneuil en Agénois : il en fait don à Dominique et à tousceux qui l'assistent dans son œuvre de salut — in officio inchoatœ salutis 2. Sous les murs de Toulouse, à ce siège qui fut le dernier fait d'armes de Montfort et qui lui coûta la vie, le héros étend encore sa sollicitude sur le Saint. On a de lui, en langue provençale et en langue latine, un acte dont la teneur concise se ressent de la préoccupation des combats. « Nous vous chargeons, écrit-il à ses fidèles et aimés sénéchaux du Carcassès et de l'Agénais, nous vous chargeons et nous vous commandons de garder et défendre, comme nos biens propres, les maisons et propriétés de notre très aimé, le Frère Dominique, chanoine. Fait au siège de Toulouse, aux ides de décembre 1217 3. »
Voyons comment, à son tour, Foulques encourage et protège le fondateur etson œuvre naissante. Nous avions laissé à Toulouse l'intrépide prélat. Il est avec Montfort, qui n'a encore que la garde de la ville et du comté. Avec leur rencontre a coïncidé la venue de saint Dominique.
Jusqu'alors l'homme de Dieu, tout en faisant, dans la puissante cité, de fréquentes apparitions, évitait d'y séjourner. Non pas qu'il y fût mal accueilli. Autre était son motif, étrange comme la vertu des saints. Interrogé, un jour, pourquoi il demeurait plutôt à Carcassonne qu'à Toulouse et dans son diocèse : « C'est, répondit-il, que, dans le diocèse de Toulouse, je rencontre beaucoup de