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5Ô2 CHAPITRE XII. — LA CltOISADE CONTRE LES ALBIGEOIS.
gens qui m'honorent, tandis qu'à Carcassonne tout le monde m'est contraire 1 ».
Mais maintenant cette, mime faveur de l'opinion, assez prononce'e pour effrayer l'humilité du serviteur de Dieu, va le contraindre à prendre pied dans Toulouse.
Il s'y trouvait en ce temps deux hommes de bien et decapacité — viri probi et idonei-. L'un s'appelait Thomas : gracieux de sa personne, il était plein d'éloquence. L'autre, nommé Pierre Cellani, ou Sillani, joignait aux énergies d'une grande âme les dons de la fortune et l'élévation du rang. Il avait été de la cour du comte 3. Tous deux s'offrirent à Dominique. PierreCellani mettait à la disposition du Saint la maison qu'il possédait dans le voisinage du château Narbonnais, nobles et grandioses constructions, dit Jourdain de Saxe — domos sublimes et nobiles *. C'était sans doute une de ces maisons fortes, flanquées de tours, qu'en Italie on appelait des palais, et qui, abondantà Toulouse, jouaient un si grand rôle dans les luttes municipales. Le saint fondateur accepta cette maison et se mit à l'occuper avec ses coopérateurs. Son œuvre sortait du berceau : à ce pas en avant correspondait un progrès dans l'ordre spirituel. « Dès lors, dit l'historien primitif, ceux qui habitaient en ce lieu s'appliquèrent à prendre des allures plus humbles et se conformèrent de plus en plus au genre de vie des religieux5. » Saint Dominique, comme le Sauveur, avait formé ses disciples peu à peu.
Foulques jouit en homme de Dieu du bienqui s'accom-