Ibid
l'ÉVEQUE FOULQUES DE TOULOUSE. 563
plit. » A la vue, écrit Jourdain de Saxe, de la vertu et de la grâce qui brillent en saint Dominique et dans ses Frères, il tressaille d'allégresse, comme ayant aperçu une nouvelle lumière » Avec son cœur d'évêque, avec les pensées d'un apôtre, cet homme, qu'on nous représentaittout à Theure comme enragé à précipiter la ruine de sa ville épiscopale, songe au contraire à la doter d'une institution permanente, laquelle aura pour but la réconciliation des hommes avec Dieu, avec l'Eglise, avec euxmêmes, et pour moyen absolument pacifique, l'exemple et la persuasion.
Et il rend une ordonnance dont l'objet est d'acclimater à Toulouse le germe que Prouille a longtemps abrité. D'un groupe de néophytes, il fait une congrégation diocésaine. « Pour extirper, déclare-t-il, les dogmes pervers de l'hérésie, pour inculquer aux peuples les règles de la foi et les principes de la saine morale, nous instituons comme prédicateurs dans notre diocèse le Frère Dominique et ses associés, lesquels, donnant l'exemple de la pauvreté évangélique, s'en vont à pied, et en vrais religieux, annoncer l'Évangile de vérité 2. »
En père charitable, l'évêque exerce une doublesollicitude : sollicitude pour les âmes dont il répond, et c'est dans ce but qu'il appelle les disciples de saint Dominique à les nourrir du pain de la parole ; — sollicitude pour ceux-ci : Foulques sait, selon la parole du Maître, que V ouvrier mérite son salaire. Aussi, du consentement de son Chapitre, il prélève un sixième sur les dîmes diocésaines, afin de pourvoir de livres et des autres objets nécessaires la naissante congrégation 3.
Peu après, et toujours dans cette ville soi-disant