PREMIERS RELIGIEUX. I 7 I
avait vu le jour. « Mais, disait-il, faites-la de modestes proportions. Quand mon frère le voudra, il saura bien l'agrandir. » Mannès prophétisait. A trente ans de distance, le roi de Castille, Alphonse le Sage, de concert avec sa femme, ses fils et les principaux grands d'Espagne, transformait l'antique demeure des Gusmans en un monastère de noble aspect — nobiliter fundatam l. Les Sœurs de Gormas, ces filles immédiatesdu Père commun, se virent appelées à l'occuper 2.
Mannès fut enterré avec honneur, non loin de Calaruega, à l'église des moines blancs de Saint-Pierre-de- Gumiel. Sous les mêmes dalles étaient déjà couchés son père, Félix de Gusman, et sa mère, la bienheureuse Jeanne d'Aza. Des miracles éclatèrent sur sa tombe. « Ce que je sais de sa sépulture et de sa réputation de sainteté, écrit Bernard Guidonis, je l'ai appris d'un Frère qui, en qualité de socius du Provincial d'Espagne, s'était rendu au chapitre général célébré à Toulouse en 1304. »
Le Castillan Michel de Fabra avait fait partie, comme le bienheureux Mannès, du détachement envoyé par saint Dominique à Paris. Il vit les commencements de Saint-Jacques, et fut dans cette maison le premier lecteur de l'Ordre. Nous nous rencontrerons plus d'une fois avec cet insigne religieux, ornement, d'abord du couvent de Barcelone, puis, au fur et à mesure des triomphes de l'Espagne chrétienne, fondateur des monastères de Majorque et de Valence.
Outre ces hommes qui comptent parmi les prémices deProuille, la péninsule reçut des mains de saint Dominique un certain nombre d'ouvriers d'une heure moins